La communion des saints : fondements théologiques et manifestations rituelles d’une solidarité spirituelle
- Par Alain Rauwel
Pages 35 à 46
Citer ce chapitre
- RAUWEL, Alain,
- Sous la direction de SUPIOT, Alain,
- Rauwel, Alain.
- Rauwel, A.
- Sous la direction de A. Supiot
https://doi.org/10.3917/oj.supio.2015.01.0035
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Notes
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[1]
É. Poulat, Une œuvre clandestine d’H. Bremond. Un clerc qui n’a pas trahi, Rome, Edizioni di Storia e Letteratura, 1972.
-
[2]
Ibid., p. viii (cf. É. Poulat, Critique et mystique, Paris, Le Centurion, 1984, p. 172).
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[3]
« Cum sanctis […] societate et spei communione teneamur » : Patrologia latina (PL) 39, 2193.
-
[4]
En un sens substantiellement différent, il va sans dire, des théologiens romains de l’âge classique, qui entendaient « société » avant tout comme « hiérarchie ».
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[5]
Pour l’histoire du concept de « communion des saints », on aura intérêt à partir du très riche matériel rassemblé par P. Bernard dans l’article du Dictionnaire de théologie catholique, t. III, col. 429-454. Plusieurs petites synthèses ont été publiées entre les années 1920 et les années 1960 ; la meilleure est celle d’E. Lamirande, La Communion des saints, Paris, Fayard, 1962. Précieuses, on s’en doute, sont les indications données par H. de Lubac, « Sanctorum communio », in Théologies d’occasion, Paris, Desclée de Brouwer, 1984, chap. I.
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[6]
PL 52, 871.
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[7]
E. Lamirande, La Communion des saints, op. cit., p. 14.
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[8]
PL 23, 772 (cf. Lubac, Exégèse médiévale : les quatre sens de l’écriture, Paris, Cerf/Desclée de Brouwer, 1993, t. I, p. 241).
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[9]
Homélies sur le Lévitique, VII, 2 (trad. de M. Borret, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », no 286, 1981, p. 316-317).
-
[10]
Origène, Contre Celse, VIII, 64 (trad. M. Borret, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », no 150, 1969, p. 320-321).
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[11]
Le thème des membres malades est déjà chez Tertullien, De poenitentia, X, 6.
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[12]
De civitate Dei, XX, 9 : « Neque enim piorum animae mortuorum separantur ab ecclesia, quae nunc etiam est regnum Christi. Alioquin nec ad altare Dei fieret eorum memoria in communicatione corporis Christi. »
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[13]
IV, 45, 7 (PL 192, 950) : « intercedent ad Deum pro nobis sancti, et merito, dum illorum merita suffragantur nobis ».
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[14]
Cf. Pierre Canisius, Grand catéchisme (1554) : « La communion des saints consiste dans l’application réciproque des mérites des fidèles car : les chrétiens qui sont sur la terre peuvent s’aider mutuellement de leurs prières ; les saints qui sont au ciel peuvent intercéder pour nous auprès de Dieu ; nous pouvons, par nos prières et nos bonnes œuvres, soulager les âmes du purgatoire. » Pour l’âge roman, magistral exposé de « la quadrature de la caritas » par D. Iogna-Prat, Ordonner et exclure, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2003, p. 226-232.
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[15]
A. Vacant, E. Mangenot, E. Amann (dir.), Dictionnaire de théologie catholique (DTC), Paris, Letouzey et Ané, 1903-1972 (33 vol.), t. III, col. 446.
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[16]
Sur le complexe théologique qui a donné naissance au thesaurus Ecclesiae, cf. Iogna-Prat, « Socialiser la foi : une esquisse de parcours ecclésial », à paraître dans les actes du colloque « Conviction, croyance, foi : pistis et fides de l’Antiquité tardive au Moyen Âge ».
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[17]
Je suis ici l’exposé de N. Mulot, La Réversibilité, « le grand mystère de l’univers », mémoire de thèse, Paris, Université Paris-Sorbonne, 2007.
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[18]
S. Thomas d’Aquin, Le Credo, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1969, no 142, 143 et 153, p. 183 sq. Cf. aussi chez Bonaventure : « Christi satisfactio fuit exemplar nostrae satisfactionis ; et inde non tantum exemplum trahitur, sed etiam fundamentum nostrae satisfactionis. » (Sentences, IV, 15, 2, a. 1, q. 2, éd. Vives, t. V, p. 608).
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[19]
S. Benko, The Meaning of Sanctorum Communio, Londres, SCM Press, 1964.
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[20]
H. de Lubac, « Sanctorum communio », op. cit., p. 14.
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[21]
PL 162, 606.
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[22]
Cf. H. de Lubac, Corpus mysticum. L’Eucharistie et l’Église au Moyen Âge, Paris, Aubier, 1944, p. 26.
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[23]
« Sanctorum communio, hoc est illam qua sancti efficiuntur vel in sanctitate confirmantur, divini scilicet sacramenti participatione ; vel communem Ecclesiae fidem, sive caritatis unionem. Possumus et sanctorum dicere neutraliter, id est sanctificati panis et vini in sacramentum altaris » : Expositio symboli, PL 178, 629. Cf. M.-T. Nadeau, Foi de l’Église : évolution et sens d’une formule, Paris, Beauchesne, 1988, p. 185.
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[24]
A. Rauwel, « Nomina patrum : les saints du canon de la messe », in M. Gaude-Ferragu et O. Marin, La Cour céleste, Brepols, sous presse.
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[25]
R. Favreau, « L’épigraphie comme source pour la liturgie », Études d’épigraphie médiévale, Limoges, PULIM, 1995, t. I, p. 428.
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[26]
Bonne synthèse dans C. Treffort, L’Église carolingienne et la mort. Christianisme, rites funéraires et pratiques commémoratives, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, p. 95 sq. C. Vogel, « Deux conséquences de l’eschatologie grégorienne : la multiplication des messes privées et les moines-prêtres », in J. Fontaine, R. Gillet et S. Pellistrandi (dir.), Grégoire le Grand, Paris, Éditions du CNRS, 1986, p. 267-276.
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[27]
Cf. aussi I Co 7, 23. G. Todeschini, Il prezzo della salvezza : lessici medievali del pensiero economico, Rome, Nuova Italia scientifica, 1994.
-
[28]
J.-A. Jungmann, Missarum solemnia, trad. fr. Paris, Aubier, 1952, t. II, p. 309-310, sur le passage de la fraction aux petites hosties.
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[29]
Cf. aussi Ernulf de Rochester, Epistola ad Lambertum, in d’Achery, Spicilegium, t. III, p. 471 : hostie « in forma numi ».
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[30]
A. Rauwel, « La liturgie cathédrale au miroir des commentaires liturgiques du xiie siècle », Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, 2013, no 44, p. 174.
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[31]
Guillaume Durand, Rationale divinorum officiorum, Turnhout, Brepols, 1995-2000 (Corpus christianorum continuatio mediaevalis [CCCM], 140).
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[32]
« Panis vero in modum denarii formatur, quia panis vitae Christus pro denariorum numero tradebatur… Imago Domini cum litteris in hoc pane exprimitur, quia et in denario imago et nomen imperatoris scribitur, et per hunc panem imago Dei in nobis reparatur, et nomen nostrum in Libro vitae notatur » : PL 172, 555.
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[33]
P. Magnard, « Image et ressemblance », Saint Bernard et la philosophie, Paris, PUF, 1993, p. 73-85.
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[34]
Bonne présentation dans P. Bernard, Transitions liturgiques en Gaule carolingienne, Paris, Hora Decima, 2008, p. 244.
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[35]
Il faut être profondément reconnaissant à G. Agamben d’avoir, dans Le Règne et la Gloire (Homo sacer, II, 2 ; trad. fr. Paris, Seuil, 2008), mis en pleine lumière l’importance du concept d’économie dans le premier âge de la pensée chrétienne, et d’avoir insisté sur la filiation entre le sens paulinien d’oikonomia et le sens domestique du terme chez Aristote ou Xénophon. Pour autant, on ne peut s’empêcher de trouver excessif son refus de toute traduction d’oikonomia par « plan » ou « dessein ». Importante bibliographie récapitulative dans K. Duchatelez, « La notion d’économie et ses richesses théologiques », Nouvelle revue théologique, 1970, vol. 92, no 3, p. 268-269.
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[36]
L’économie comme « changement de registre » est au cœur de la belle réflexion de M.-J. Mondzain, Image, icône, économie. Les sources byzantines de l’imaginaire contemporain, Paris, Seuil, 1996.
Parmi tous les ouvrages qui ont été consacrés à Alfred Loisy, du pamphlet à l’apologie, il en est un qui se distingue par son empathie : il s’intitule Un clerc qui n’a pas trahi et porte la signature d’un certain Sylvain Leblanc. Grâce aux beaux travaux d’Émile Poulat, nous savons que Sylvain Leblanc est l’abbé Bremond, dont le texte a été revu ligne à ligne par Loisy ; nous avons donc accès dans ce livre à la pensée intime de celui autour duquel a éclaté l’orage moderniste. Dès les premières pages, un jugement retient l’attention : « Éloigné d’esprit mais non de cœur, il est toujours de la vieille maison, et s’il ne croit plus aux dogmes spéculatifs, il croit encore à la communion des saints. » Rien de plus saisissant que cette simple phrase, et rien de plus révélateur de la place vraiment singulière occupée par le dogme de la communion des saints dans l’appareil doctrinal du catholicisme latin. Alors même que la foi théologale s’est affaiblie ou évanouie, alors que la Trinité, l’Incarnation, la Rédemption sont en passe de devenir des astres morts, la communion des saints demeure. Pourquoi cette pérennité ? Ne serait-ce pas tout simplement parce que, même aux yeux d’un agnostique, l’Église apparaît comme une prodigieuse machine à produire du social, à faire société ? Or l’instrument théorique qui permet à la machine ecclésiale de fonctionner est précisément la communion des saints. Aux articulations d’une société toujours en même temps temporelle et spirituelle, naturelle et surnaturelle, elle est ce qui tient ensemble ciel et terre, royaume de Dieu et cité des hommes…
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