Le frisson fait-il la manifestation ?
- Par Nicolas Mariot
Pages 97 à 109
Citer cet article
- MARIOT, Nicolas,
- Mariot, Nicolas.
- Mariot, N.
https://doi.org/10.3917/pouv.116.0097
Citer cet article
- Mariot, N.
- Mariot, Nicolas.
- MARIOT, Nicolas,
https://doi.org/10.3917/pouv.116.0097
Notes
-
[1]
Benedict Anderson, Imagined Communities. Reflections on the Origins and Spread of Nationalism, Londres, Verso, 1983.
-
[2]
Elihu Katz et Daniel Dayan, La Télévision cérémonielle [1992], PUF, 1996.
-
[3]
Gérard Noiriel, État, Nation et Immigration. Vers une histoire du pouvoir, Belin, 2001, p. 111.
-
[4]
Margaret Gilbert, On Social Facts, Londres et New York, Routledge, 1989 et, en français, le recueil d’articles Marcher ensemble. Essais sur les fondements des phénomènes collectifs, PUF, 2003.
-
[5]
Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, Gallimard, 1966, p. 273, et le commentaire qu’en propose Pierre Bourdieu dans Ce que parler veut dire, Fayard, 1982, p. 68-75.
-
[6]
Paul Fauconnet et Marcel Mauss, « Sociologie », in La Grande Encyclopédie, vol. 30, Société anonyme de la Grande Encyclopédie, 1901, repris in Marcel Mauss, Œuvres, vol. 3, Minuit, 1969, p. 139-177.
-
[7]
Ibid., p. 143-144.
-
[8]
Voir le point III de la « Préface à la seconde édition » (1901) des Règles (1895) dans lequel Durkheim fait explicitement référence à l’article de Mauss et Fauconnet pour amender sa définition des faits sociaux (Les Règles de la méthode sociologique, PUF « Quadrige », 1987, p. xxii).
-
[9]
Paul Fauconnet et Marcel Mauss, « Sociologie », art. cité, p. 149.
-
[10]
Ibid.
-
[11]
Norbert Elias, La Société des individus [1987], Pocket, « Agora », 2004, p. 56.
-
[12]
Ibid., p. 48-51.
-
[13]
Ibid., p. 62-64.
-
[14]
Maurice Halbwachs, « L’expression des émotions et la société », texte posthume de 1947 repris dans Classes sociales et Morphologie, Minuit, 1972, p. 164-173.
-
[15]
Paul Fauconnet et Marcel Mauss, « Sociologie », art. cité, p. 150.
-
[16]
Vincent Descombes, Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d’agir de soi-même, Gallimard, 2004, p. 22-23.
-
[17]
Marc Bloch, Les Rois thaumaturges. Étude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale, particulièrement en France et en Angleterre [1924], Gallimard, 1983, p. 421-423.
-
[18]
Octave Mannoni, « Je sais bien, mais quand même… » [1964], dans Clefs pour l’imaginaire ou l’Autre Scène, Seuil, 1969, p. 9-33.
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[19]
Émile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse. Le système totémique en Australie [1912], Le Livre de Poche, 1991, p. 46.
-
[20]
Le Monde, 7 mai 2002.
Résumé
Il est fréquent de faire reposer l’efficacité intégrative reconnue aux rassemblements de foule sur les émotions éprouvées par les participants. Le « frisson dans le dos » ferait l’union des consciences, quand il n’est pas le creuset d’un engagement citoyen : voilà ce que suggèrent nombre de commentateurs observant avec tendresse les manifestations lycéennes ou estudiantines. Nuançant ce type d’argument, l’article s’efforce de discuter l’idée que les manifestations de rue auraient, de part leur seul caractère collectif, des vertus de socialisation.
Summary
It is customary to claim that the integrative efficiency of mass gatherings is the result of the emotions felt by the participants. “Shivering” is supposed to unite consciences or even to be the crucible of civic engagement. These are the arguments of commentators who observe students demonstration with tenderness. The article tries to qualify this argument by questioning the idea according to which street demonstrations, given their collective nature, promote socialization.