Le destin festif du canal Saint-Martin
- Par Michèle Jolé
Pages 117 à 130
Citer cet article
- JOLÉ, Michèle,
- Jolé, Michèle.
- Jolé, M.
https://doi.org/10.3917/pouv.116.0117
Citer cet article
- Jolé, M.
- Jolé, Michèle.
- JOLÉ, Michèle,
https://doi.org/10.3917/pouv.116.0117
Notes
-
[1]
Voir Urbanisme, n° 331, La Fête en ville, juillet-août 2003.
-
[2]
Aucun sens péjoratif n’est donné à ces termes ; ils désignent autant un statut social et un secteur d’activité que des modes de vie et des valeurs. Ils désignent bien évidemment également des lieux. Il est intéressant de noter qu’ils sont entrés dans la terminologie « technique » (Insee, Apur [Atelier parisien d’urbanisme]…).
-
[3]
Philippe Murray, Festivus, festivus, Fayard, 2005.
-
[4]
Olivier Donnat, Les Pratiques culturelles des Français, La Documentation française, 1998.
-
[5]
Gabriel Tarde, L’Opinion et la Foule, PUF, 1989.
-
[6]
Pour l’Apur, un lieu branché est un bar, café ou restaurant reconnu comme tel par un large public, leurs références étant les magazines tels que Nova magazine, Zurban, Lylo, Aden…
-
[7]
« La rue : un objet géographique », Tracés, n° 5, printemps 2004.
-
[8]
Air France Magazine, août 2004.
-
[9]
Apur, Paris et ses quartiers. Éléments pour un diagnostic, 10e arrondissement, rapport Ville de Paris, 2002.
-
[10]
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Sociologie de Paris, La Découverte, 2004.
-
[11]
Par rapport au terme de « gentrification » (terme anglais pour désigner le remplacement, dans certains quartiers de populations populaires par des populations plus aisées), celui de « boboïsation » – bobo signifie bourgeois-bohème – est plus juste, car il renvoie autant à une dimension culturelle – une nouvelle façon de vivre la ville, son quartier… – qu’à une position sociale.
-
[12]
Prospectus, « Le Canal se met à table », mai 2005.
-
[13]
Il existe depuis les années quatre-vingt un mouvement de mise en fête de la ville qui tend à se généraliser. Le premier acteur en a été le théâtre de rue, dit aussi art de la rue et a correspondu à une volonté des artistes de sortir des murs, d’occuper la rue, d’en faire leur scène et de construire ainsi un nouveau rapport avec la population ; il s’agissait pour eux de redonner à l’art une valeur festive, en le rendant accessible, en prenant la rue. Certains artistes vont faire de la ville l’objet même de la fête.
Dans cette mouvance, de nouvelles figures apparaissent : scénographes, concepteurs de fête comme, par exemple, Jean Blaise avec Les Allumés à Nantes ou Rocardo Basueldo avec Le Merveilleux urbain (Urbanisme, 2002) pour qui la ville devient « un véritable laboratoire de prospectives urbaines ». -
[14]
On peut se poser la question de l’effet Paris-plage.
Résumé
La rue festive renvoie autant à la notion d’ambiance, de style d’être qu’à celle de manifestation calendaire exceptionnelle. Elle est comme une cristallisation d’attentes multiples de différents acteurs et populations qui, à des fins ludiques et revendicatives, font de certaines rues, de certains espaces publics, leurs territoires. Des logiques, contradictoires en soi (marchande, associative, politique), peuvent y coopérer et aboutir à la reconstruction symbolique d’un lieu, comme le canal Saint-Martin, qui à terme peut fonctionner comme un lieu de pur « spectacle ».
Summary
The festive street refers as much to the notion of atmosphere, of ways of being as to that of a manifestation linked to a special date. It is a sort of crystallization of the many expectations of different actors and groups who appropriate certain streets and certain public places for play activities or demonstrations. Contradictory motivations (commercial, political, associative) may cooperate in the street and lead to the symbolic reconstruction of a space, such as the Canal Saint-Martin, which can eventually function as a space of pure “spectacle”.