7. Les avocats et leurs « clients »
- Par Angèle Christin
Pages 115 à 124
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- Christin, A.
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Notes
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[1]
Les avocats qui exercent en comparutions immédiates ne correspondent ainsi ni aux notables traditionnels du « barreau classique » ni aux jeunes employés en phase d’enrichissement du « barreau d’affaires » que présente Lucien Karpik. Cf. Lucien Karpik, Les Avocats. Entre l’État, le public et le marché, Gallimard, Paris, 1995.
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[2]
Nous retrouvons ici, sous une autre forme, cette dépossession du prévenu par l’avocat, cette traduction obligatoire de l’affaire par des professionnels du droit, qui pour Bourdieu est caractéristique du champ juridique. Cf. Pierre Bourdieu, « La force du droit », op. cit.
Les avocats prennent connaissance de l’affaire qu’ils doivent défendre en comparution immédiate lorsque le parquet leur apporte le dossier judiciaire le matin qui précède l’audience. La perspective des avocats est par bien des côtés complémentaire de celle du parquet. Alors que les substituts s’appuient sur la construction du dossier pénal pour préciser les éléments qui incriminent le prévenu, les avocats doivent trouver des éléments à décharge pour leur client. Pour ce faire, ils proposent à la fois une lecture différente du dossier et la prise en compte d’éléments nouveaux sur la personne du prévenu.
Le travail des avocats avant l’audience s’organise en trois temps, sous le signe de l’urgence. L’avocat commence par prendre connaissance du dossier qu’il va défendre. Puis il descend au dépôt du tribunal, où il rencontre son client. L’avocat lui fait préciser la tactique de défense qu’il souhaite adopter, le mandat, et lui demande comment se procurer les preuves qui jouent en sa faveur. En sortant du dépôt, l’avocat essaie de joindre des membres de la famille, leur demande d’apporter des justificatifs divers et prépare sa plaidoirie.
Les avocats qui travaillent aux audiences de comparutions immédiates à Paris, Bobigny ou Créteil présentent un profil commun. Ce sont surtout des avocats de permanence, ou avocats commis d’office. La permanence pénale dont ils font partie est un système organisé par le barreau de la juridiction et dirigé par le bâtonnier, auquel font appel les substituts lorsque le prévenu indique au moment des notifications qu’il souhaite un avocat commis d’office…
Date de mise en ligne : 20/10/2011
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