Pour certains hommes, la terre est plate…
Pages 9 à 11
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- SÉRALINI, Gilles-Éric,
- Séralini, Gilles-Éric.
- Séralini, G.-É.
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- Séralini, G.-É.
- Séralini, Gilles-Éric.
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Notes
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[1]
G.-É. Séralini et al. (2014), « Republished study: Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Environ. Sci. Eu. 26:14. Et voir pour synthèse : Poisons cachés ou plaisirs cuisinés, op. cit.
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[2]
Organismes Génétiquement Modifiés, voir Ces OGM qui changent le monde, de G.-É. Séralini (Champs, Flammarion), et ses autres ouvrages dans la même collection. Voir www.spark-vie.com, pour livres et séminaires de formations.
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[3]
N. Defarge, J. Spiroux de Vendômois, G.-É. Séralini, (2018) « Toxicity of formulants and heavy metals in glyphosate-based herbicides and other pesticides »,Tox. Rep. 5, 156-163.
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[4]
Voir à nouveau Poisons cachés ou plaisirs cuisinés, op. cit.
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[5]
S. Foucart et S. Horel, « L’Affaire Séralini ou les coulisses d’un torpillage », Le Monde, 5 octobre 2017.
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[6]
R. Mesnage, N. Defarge, J. Spiroux, G.-É. Séralini, (2014) « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles », BioMed Research Int. Vol. 2014, Article ID 179691.
1…Et les pollutions aux pesticides ne seraient pas des crimes ; ces composés chimiques issus du pétrole pénètrent pourtant et accumulent leurs résidus dans les cerveaux, les testicules, les ovaires, les seins, tous les organes de nos proches, de nos enfants, et de nous-mêmes. Ils participent peu ou prou, on comprend pourquoi aujourd’hui, à l’explosion des maladies chroniques comme des cancers, maladies hormonales et neurodégénératives ou immunitaires, hypofertilités et malformations. Leurs effets à long terme sont bien documentés [1], cependant la réglementation, issue de connaissances obsolètes et évoluant moins vite que la science et la recherche, brouille parfois à dessein le regard de la justice.
2La réglementation de ces produits chimiques s’est construite depuis la seconde guerre mondiale, elle a permis alors l’épandage du gaz Zyklon B comme insecticide, qui fut le tueur des camps de concentration, ou du gaz Sarin inventé comme pesticide mais utilisé encore tout récemment en Syrie contre les populations, le plus mortel qui soit au monde. Elle autorise le composé Orange comme désherbant pendant la guerre du Vietnam, avec les malformations que l’on sait sur les enfants. Des industries tentent aujourd’hui à nouveau de commercialiser des plantes alimentaires génétiquement modifiées pour les rendre tolérantes à ce composé, c’est-à-dire qu’elles puissent en absorber sans mourir, tout comme on l’a fait pour le soja et le maïs avec le Roundup, les principaux OGM [2] actuels. Dans ce dernier cas, il s’agit de l’herbicide le plus débattu et le plus pulvérisé sur la planète, contenant entre autres du glyphosate. Après quinze années de recherches et publications sur le sujet, mon équipe a découvert que le glyphosate, seul principe actif déclaré par les industriels de l’agro-chimie et des médicaments (ce sont les mêmes compagnies), le glyphosate donc, n’est pas du tout le plus toxique dans le mélange Roundup. Ce dernier comprend en effet entre autres comme formulants, considérés cependant inertes et tenus confidentiels par la coutume, des résidus oxydés de pétrole et de l’arsenic [3], usité comme pesticide dans la deuxième moitié du vingtième siècle, puis interdit. Mais les formulants sont exonérés de tests de toxicité à long terme par la même législation appuyée par les agences sanitaires, controversées pour cela.
3Cet état de fait est le résultat atterrant sous nos yeux de la magie industrielle… qui nous assure de l’innocuité du composé dispersé sur les têtes des enfants, mères enceintes, et pères de villages argentins par avion, où les pathologies et anomalies se multiplient ; ceci afin de simplifier et d’amplifier les cultures de soja OGM tolérant au Roundup et destiné à nourrir nos cochons, vaches, poulets… Nous en consommons donc les résidus dans la viande premier prix. Or ces premiers prix, pour l’être, sont en fait subventionnés indirectement à grands frais par les impôts de divers pays depuis la fabrication des pesticides jusqu’à leur épandage, en passant par le transport des produits par des énergies fossiles détaxées. On calcule ainsi que 10 Calories de pétrole sont carbonisées pour une seule consommable, et encore, empoisonnée de chimiques [4]. Mais tout est bon, la terre est plate, comme disait aussi le pouvoir de jadis pour s’asseoir déjà sur la tête des paysans, leur assurant que l’enfer était au bout si on ne le croyait pas.
4J’ai vu ces menaces d’enfer proférées dans les media si l’on s’avérait de vouloir sortir de l’agriculture industrielle à pesticides, ne tenant pourtant pas compte des derniers travaux et rapports internationaux montrant que l’agro-écologie pouvait nourrir le monde et bien plus. J’ai vu ces menaces d’enfer peser sur mes propres travaux concernant les toxicités des OGM et des pesticides. Elles s’étaient constituées en calomnies après soudoiements révélés par les Monsanto papers [5], dont nous nous doutions déjà depuis des années. Nous avons gagné un procès pour obtenir la transparence des effets des OGM en 2005 en Allemagne, et sept procès en diffamation (y compris en appel) au Tribunal de Grande Instance de Paris contre différents lobbys et diffamateurs entre 2011 et 2016, sans en perdre un, grâce à Maître Dartevelle. Ce ne fut pas une sinécure. Nous raconterons tout cela dans un prochain ouvrage.
5Mais chemin faisant nous avons trouvé des solutions, des talons d’Achille au système perverti. Si le Roundup est utilisé à grands frais pour assécher notre blé ou cultiver les OGM, si le glyphosate qu’il contient a vu son autorisation renouvelée pour quelques années à la fin 2017, si la Justice est sollicitée dans des affaires scientifiques qu’elle n’est pas vouée à analyser, c’est que tous les pesticides, de leur déclaration à leur évaluation en passant par leur utilisation, sont basés sur une absence inacceptable de transparence, alors que la loi dit que leurs effets sur la santé et l’environnement, comme pour les OGM, doivent être publics. Un non-respect patent de la loi en somme.
6Mensonge pour la déclaration de principe actif ? Comme nous venons de le documenter pour le glyphosate, le fait semble concerner plus d’un pesticide [6]. Mais qui vérifie sinon des chercheurs-fourmis sans trop de moyens sur ces sujets ? Les agences ne font pas de tests elles-mêmes, elles lisent les dossiers préparés par les industriels du domaine, le système est devenu célèbre. Mensonge encore pour l’évaluation ? Seul le glyphosate est testé à long terme. Et le détail des résultats est de plus tenu secret. Habile, mais criminel pour nous. Saupoudrons le tout d’un mystère sur les lieux et quantités épandues des pesticides, que même l’État subventionnaire de l’agriculture intensive a du mal à lever… Et vous aurez la situation que nous nous devons absolument de changer, ensemble, dans cette troisième décennie du vingt-et-unième siècle, pour la santé des générations présentes et futures, pour l’écosystème et la planète.
Date de mise en ligne : 14/03/2018