La pratique constitutionnelle française
1er octobre - 31 décembre 2001
- Par Didier Maus
Pages 557 à 605
Citer cet article
- MAUS, Didier,
- Maus, Didier.
- Maus, D.
https://doi.org/10.3917/rfdc.051.0557
Citer cet article
- Maus, D.
- Maus, Didier.
- MAUS, Didier,
https://doi.org/10.3917/rfdc.051.0557
Notes
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[1]
Le lecteur me pardonnera, une fois encore, le retard avec lequel cette Chronique est publiée. Le fait de l’avoir préparée après les élections du printemps 2002 lui confère un léger parfum d’objet dépassé. A relire les documents qui ont servi à la mettre au point rien ne pouvait annoncer le coup de tonnerre du 21 avril 2002. La prochaine livraison, dans le prochain numéro, couvrira les six premiers mois de 2002, c’est-à-dire « L’étrange victoire de Jacques Chirac ».
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[2]
Le Monde, 16 octobre, 17 octobre, 18 octobre, 20 octobre, 23 octobre (article de Mme Lenoir), 8 novembre (proposition de M. Peillon), 17 novembre, 9-10 décembre (proposition de M. Montebourg), 11 décembre, 18 décembre (interview de M. Jean Picq, conseiller maître à la Cour des comptes, sur la réforme de l’État).
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[3]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3465.
-
[4]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 2621.
-
[5]
Rapport de M. Paul Girod ( RDSE ), Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 49; Sénat, 6 novembre, 7 novembre, 8 novembre 2001; voir également Bulletin des commissions, commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la Corse, 27 novembre 2001, p 637 et s., avec p. 683 l’audition du codirecteur de cette Revue, Louis Favoreu.
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[6]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3399 (rapport de M. Bruno Le Roux, PS ); AN, 27 novembre, 28 novembre, 4 décembre 2001.
-
[7]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 111, n° 115; Sénat, 12 décembre 2001.
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[8]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3464, n° 3469 (rapport de M. Bruno Le Roux) ; AN, 18 décembre 2001.
-
[9]
Le Monde, 20 novembre à 9-10 décembre 2001.
-
[10]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3324 (tome VIII) ; voir également Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 92, tome VIII.
-
[11]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3324 (tome VII).
-
[12]
Le Monde, 18-19 novembre 2001.
-
[13]
Le Monde, 13 octobre 2001.
-
[14]
JO, 6 octobre 2001, p. 15774.
-
[15]
Conseil d’État, juge des référés, 30 octobre 2000, Syndicat national des enseignements de second degré et autres ; Dalloz, 2002 n° 7, p. 601, note Geneviève Koubi et Gilles Guglieli, p. 602; Le Monde, 28-29 octobre 2001; AN, 14 novembre 2001; question de M.Georges Sarre (député, RCV ) et réponse de M. Jack Lang, ministre de l’Éducation nationale, p. 7803; Le Monde, 13 novembre 2001.
-
[16]
Le Monde, 21 décembre, 22 décembre, 30-31 décembre 2001.
-
[17]
Le Monde, 17 octobre, 19 octobre 2001.
-
[18]
Le Monde, 27 au 30 novembre 2001.
-
[19]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3450.
-
[20]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3488.
-
[21]
Le Monde, 6 novembre 2001; voir les actes de ce colloque, Une cité pour les archives nationales, Les Français et leurs archives, Fayard, 2002, avec notamment une allocution d’ouverture de M. Lionel Jospin, Premier ministre, et un message de clôture de M. Jacques Chirac, Président de la République. Je signale, à toutes fins utiles, mon intervention sur le thème des « archives constitutionnelles » (p. 49 et s.) qui rétrospectivement apparaît comme un exposé des motifs personnel du décret n° 2002-581 du 25 avril 2002 portant création de la Commission des archives constitutionnelles de la Ve République, JO, 26 avril 2002, p. 7488.
-
[22]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 277 (on relèvera que ce document a été enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 30 septembre 1997, ce qui explique son numéro, mais qu’il n’a été mis en distribution que le 8 mars 2002.
-
[23]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3423.
-
[24]
Sénat, Actualités de la délégation pour l’Union européenne, n° 54, p. 35 et s.
-
[25]
AN, 12 décembre 2001, p. 9283.
-
[26]
Le Monde, 12,14,15,16-17,18 décembre 2001.
-
[27]
Le Monde, 16-17 décembre 2001.
-
[28]
Sénat, Actualités de la délégation pour l’Union européenne, octobre 2001, p. 67.
-
[29]
Le Monde, 17 novembre 2001.
-
[30]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 32.
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[31]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 43.
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[32]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 136.
-
[33]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 135.
-
[34]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3314; voir également AN, 31 octobre 2001, p. 6964 et Le Monde, 12 décembre 2001.
-
[35]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3341.
-
[36]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3374.
-
[37]
Le Monde, 4 décembre, 15 décembre, 21 décembre 2001; AN, 19 décembre 2001, p. 9662.
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[38]
JO, 6 octobre 2001, p. 15776; 3 novembre 2001, p. 17333; 22 novembre 2001, p. 18590; 18 décembre 2001, p. 20066.
-
[39]
JO, 29 décembre 2001, p. 21228.
-
[40]
JO, 23 novembre 2001, p. 18681.
-
[41]
Le Monde, 27 octobre, 30 octobre 2001
-
[42]
Le Monde, 15 décembre, 16-17 décembre, 18 décembre, 20 décembre 2001.
-
[43]
Le Monde, 16 novembre 2001.
-
[44]
Le Monde, 21 décembre 2001.
-
[45]
JO, 10 novembre 2001, p. 17928; La lettre du CSA, n° 145, novembre 2001.
-
[46]
Le Monde, 13 décembre 2001.
-
[47]
Le Monde, 9-10 décembre 2001.
-
[48]
Le Monde, 21 décembre 2001.
-
[49]
Le Monde, 2 octobre, 3 octobre, 13 octobre, 16 octobre, 23 octobre 2001.
-
[50]
Le Monde, 14-15 octobre, 31 octobre 2001.
-
[51]
Le Monde 14-15 octobre 2001.
-
[52]
Le Monde, 2-3 décembre, 4 décembre 2001.
-
[53]
Le Monde, 27 novembre 2001.
-
[54]
Le Monde, 28 novembre 2001.
-
[55]
Le Monde, 4 décembre 2001.
-
[56]
Le Monde, 18 décembre, 25 décembre, 28 décembre 2001.
-
[57]
Le Monde, 10 novembre 2001.
-
[58]
Le Monde, 23 octobre 2001.
-
[59]
Le Monde, 16-17 décembre 2001.
-
[60]
Le Monde, 1er décembre, 26 décembre 2001.
-
[61]
Le Monde, 4-5 novembre, 11-12 novembre, 15 novembre 2001.
-
[62]
Le Monde, 7 décembre 2001.
-
[63]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[64]
Le Monde, 9 novembre, 17 novembre 2001, JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[65]
Le Monde, 25,26 novembre 2001.
-
[66]
JO, 1er novembre 2001, p. 17169
-
[67]
JO, 6 décembre 2001, p. 19424.
-
[68]
Le Monde, 27 octobre 2001.
-
[69]
Comme indiqué précédemment, les références relatives à la responsabilité pénale du Président de la République sont innombrables. Voir cette Chronique, n° 49, § 269 à 276; Le Monde, 3 octobre, 6 octobre, 7-8 octobre, 11 octobre, 12 octobre, 13 octobre, 14 novembre, 5 décembre, 14 décembre 2001; voir également cette Revue n° 49, avec un dossier sur « La responsabilité pénale du Président de la République » avec notamment l’arrêt de la Cour de cassation, les conclusions de l’avocat général, M. Régis de Gouttes, et de nombreuses références bibliographiques. L’arrêt de la Cour de cassation, le rapport du conseiller rapporteur, M. Roman, et les conclusions de l’avocat général figurent sur le site de la Cour de cassation « www. courdecassation. fr »sous la réf. 01-84.922, arrêt n° 481 du 10 octobre 2001.
-
[70]
Voir tout spécialement Le Monde, 12 octobre 2001. « Une étrange note disparue du site web du Conseil constitutionnel ».
-
[71]
Cf. ci-dessus, § 1.
-
[72]
Le Monde, 7-8 octobre, 10 octobre, 13 octobre, 18 octobre, 19 octobre, 20 octobre, 5 décembre 2001.
-
[73]
Présidence de la République, service de presse, Paris, 7 octobre 2001; Londres, 4 novembre 2001; New York et Washington, 6 novembre 2001; Paris, 7 novembre 2001,8 novembre 2001,16 novembre 2001; Le Monde, 8 novembre, 16 novembre, 18-19 novembre 2001.
-
[74]
Présidence de la République, service de presse, Paris, 12 novembre 2001; Le Caire, 12 novembre 2001, Abou-Dhabi, 13 novembre 2001, Riad, 13 novembre 2001; Le Monde, 14 novembre, 15 novembre 2001.
-
[75]
Présidence de la République, service de presse, Tunis, 1er décembre 2001; Alger, 1er décembre 2001; Rabat, 2 décembre 2001; Le Monde, 2-3 décembre, 4 décembre 2001.
-
[76]
Présidence de la République, service de presse, Paris, 6 décembre 2001; Belgrade, 7 décembre 2001,8 décembre 2001; Le Monde, 9-10 décembre 2001.
-
[77]
Présidence de la République, service de presse, Palais de l’Élysée, 10 décembre 2001.
-
[78]
Présidence de la République, service de presse, Montpellier, 4 octobre 2001; Perpignan, 11 octobre 2001; Gand, 19 octobre 2001; Paris, 24 octobre 2001; Nantes, 23 novembre 2001; Paris, 27 novembre 2001,3 décembre 2001; Laeken, 15 décembre 2001. Rappelons que tous ces documents sont disponibles sur le site « www. elysee. fr »;Le Monde, 6 octobre, 25-26 novembre 2001.
-
[79]
Présidence de la République, service de presse, Toulouse, 13 octobre 2001; Rodez, 18octobre 2001; Angers, 20 octobre 2001; Nîmes et Istres, 25 octobre 2001; Paris, 20 novembre 2001; Palais de l’Élysée, 26 novembre 2001; Villepinte, 4 décembre 2001; Paris, 11 décembre 2001,18 décembre 2001; Le Monde, 19 octobre, 22 novembre, 24 novembre, 6 décembre, 13 décembre 2001.
-
[80]
Présidence de la République, service de presse, Paris 19 décembre 2001.
-
[81]
Le Monde, 11 octobre 2001; supra, § 29.
-
[82]
JO, 24 octobre 2001, p. 16736; Le Monde, 24 octobre 2001.
-
[83]
JO, 17 octobre 2001, p. 16311; JO, 8 novembre 2001, p. 17723.
-
[84]
Le Monde, 15 novembre, 29 novembre 2001.
-
[85]
Le Monde, 16-17 décembre 2001.
-
[86]
Le Monde, 16-17 décembre 2001.
-
[87]
Le Monde, 8 novembre, 10 novembre, 22 novembre, 1er décembre 2001. Cf. ci-dessus, § 66.
-
[88]
Le Monde, 5 octobre, 7 novembre 2001.
-
[89]
Le Monde, 7-8 octobre, 11 octobre, 24 octobre, 26 octobre, 30 octobre, 6 novembre, 17 novembre, 24 novembre, 4 décembre, 6 décembre, 7 décembre, 11 décembre, 13 décembre, 20 décembre 2001.
-
[90]
Cf., supra, § 1.
-
[91]
AN, 16 octobre 2001, p. 5958.
-
[92]
JO, 17 novembre 2001, p. 18314 et 18315.
-
[93]
Le Monde, 21-22 octobre, 25 octobre, 8 novembre 2001.
-
[94]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3320 (rapport de M. Georges Tron, RPR ); Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 87, tome III, annexe 34 (rapport de M.François Marc, PS ).
-
[95]
AN, 14 novembre 2001, p. 7837 et s.; Le Monde, 16 novembre, 21 novembre 2001, 5 décembre 2001.
-
[96]
Article 154 de la loi de finances pour 2002; voir également Le Monde, 14 décembre 2001 pour le problème de la situation des ministres.
-
[97]
JO, 6 décembre 2001, p. 19424. D’un point de vue formel, on signalera que le décret n° 2001-1148 est signé par le Premier ministre et les 32 autres membres du Gouvernement (ministres, ministres délégués et secrétaires d’État), tandis que le décret n° 2001-1147 portant sur le même objet et relatif aux personnels en service à la présidence de la République est signé par le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie, le ministre de la Fonction publique et la secrétaire d’État au Budget.
-
[98]
Voir supra, § 63, Notes d’Iéna n° 2001-83 et 2001-84; Voir le site Internet du Conseil économique et social « www. ces. fr ».
-
[99]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3320 (39).
-
[100]
AN, 27 novembre 2001, p. 8541.
-
[101]
JO, 2 octobre 2001, p. 15547,5 octobre 2001, p. 15708,13 novembre 2001, p. 18068,21 novembre 2001, p. 18533,23 novembre 2001, p. 18684,25 novembre 2001, p. 18787,27 décembre 2001, p. 20841.
-
[102]
JO, 12 décembre 2001, p. 19751,26 décembre 2001, p. 20657, Le Monde, 21 décembre, 23-24 décembre 2001. Que mon camarade de la promotion François Rabelais de l’ENA trouve ici l’expression de mon amitié et de mes vœux pour la poursuite de sa carrière.
-
[103]
Le Monde, 13 décembre 2001.
-
[104]
Le Monde, 19 décembre 2001.
-
[105]
Le Monde, 25-26 novembre, 18 décembre 2001.
-
[106]
JO, 10 octobre 2001, p. 15957; Sénat, 16 octobre 2001, p. 4032; Le Monde, 4 décembre 2001.
-
[107]
Bulletin quotidien, 1er octobre 2001.
-
[108]
Le Monde, 20 décembre 2001.
-
[109]
JO, 1er octobre 2001, p. 15994,28 novembre 2001, p. 18928.
-
[110]
Le Monde, 17 octobre 2001,19 octobre, 24 octobre, 8 novembre, 13 novembre 2001.
-
[111]
Le Monde, 2 octobre, 4 octobre, 10 octobre, 12 octobre, 9 novembre, 13 novembre, 11 décembre, 21 décembre 2001.
-
[112]
Le Monde, 11 octobre, 10 novembre 2001.
-
[113]
Le Monde, 6 décembre, 21 décembre 2001.
-
[114]
Le Monde, 26 octobre, 27 octobre 2001.
-
[115]
AN, 2 octobre 2001, p. 5268; JO, 3 octobre 2001, p. 15611.
-
[116]
Sénat, 1er octobre 2001, p. 3805.
-
[117]
Sénat, 3 octobre 2001, p. 3826; JO, 4 octobre 2001, p. 15671; Le Monde, 5 octobre 2001.
-
[118]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 56.
-
[119]
Le Monde, 6 octobre 2001; Sénat, Bulletin des commissions, 6 octobre 2001. On signalera tout particulièrement le remplacement de M. Jacques Larché par M. René Garrec à la présidence de la commission des lois et l’élection comme vice-président de cette même commission de notre collègue, collaborateur et ami, le sénateur Patrice Gélard ( RPR ).
-
[120]
JO, 5 octobre 2001, p. 15719; Voir un rappel au règlement, Sénat, 4 octobre 2001, p. 3848.
-
[121]
JO, Débats parlementaires, 31 octobre 2001, supplément.
-
[122]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[123]
Le Monde, 9 novembre, 18-19 novembre 2001.
-
[124]
Assemblée nationale, exposition du 10 au 31 octobre 2001, Le journal de l’exposition. « www. assemblee-nationale. fr ».
-
[125]
Sénat, exposition du 27 septembre au 19 octobre 2001, Catalogue, 52 p. « www. senat. fr ».
-
[126]
V. le livre de Robert Badinter, L’abolition, Fayard, 2001.
-
[127]
Le Monde, 9 novembre 2001.
-
[128]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[129]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3381.
-
[130]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[131]
JO, 16 novembre 2001, p. 18215; Sénat, 29 mai 2001
-
[132]
Sénat, 2 octobre 2001, p. 3801; Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 1.
-
[133]
Sénat, 16 octobre 2001, p 4050; Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 24.
-
[134]
Le Monde, 13 décembre, 15 décembre 2001.
-
[135]
Pour l’Assemblée nationale, AN, 1er octobre 2001, p. 5249; pour le Sénat, JO, 5 octobre 2001, p. 15718.
-
[136]
AN, 11 octobre 2001, p. 5817 à 5845.
-
[137]
Sénat, 25 octobre 2001, p. 4398 et s.
-
[138]
AN, 29 novembre 2001, p. 8729 à 8750.
-
[139]
AN, 13 décembre 2001, p. 9321 et s., p. 9355.
-
[140]
AN, 1er octobre 2001, p. 5235,2 octobre 2001, p. 5305; Sénat, 9 octobre 2001, p. 3861,13 novembre 2001, p. 4951; AN, 11 décembre 2001, p. 9215.
-
[141]
AN, 25 octobre 2001, p. 6619; 26 octobre 2001, p. 6709,6 décembre 2001, p. 9137, Sénat, 19 décembre 2001, p. 7131.
-
[142]
AN, 19 novembre 2001, p. 8521.
-
[143]
AN, 18 décembre 2001, p. 9588 et 9589.
-
[144]
V. infra, § 133.
-
[145]
V. infra, § 133.
-
[146]
V. infra, § 133.
-
[147]
V. note précédente.
-
[148]
JO, 16 novembre 2001, p. 18215 et s. On relèvera que l’article 25 de cette loi modifie l’article L. 282-8 du code de l’aviation civile de façon à officialiser les visites de sécurité effectuées par les compagnies aériennes ou des entreprises liées à elle par un contrat de louage de services. Si l’on considère que les visites de sécurité doivent être effectuées par des officiers de police judiciaire ou sous leur autorité directe, on constatera aisément que la délégation de service public est désormais présente dans un secteur très proche des prérogatives régaliennes de l’État.
-
[149]
AN, 27 novembre 2001, p. 8541 à 8561.
-
[150]
Décision n° 2001-451 DC du 27 novembre 2001, voir infra.
-
[151]
Sénat, 13 décembre 2001, p. 6810.
-
[152]
JO, 7 novembre 2001, p. 17519.
-
[153]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 25, n° 42, n° 45.
-
[154]
JO, 7 novembre 2001, p. 17519.
-
[155]
JO, 29 novembre 2001, p. 18960.
-
[156]
AN, 1er octobre 2001, p. 5249; pour les crédits du ministère des Affaires étrangères, AN, 9 novembre 2001, p. 7463 et s.; pour les crédits du ministère de la Justice, AN, 7 novembre 2001, p. 7312 et s.
-
[157]
AN, 23 octobre 2001, p. 6433.
-
[158]
AN, 20 novembre 2001, p. 8294.
-
[159]
Sénat, 22 novembre 2001, p. 5347 et JO, 23 novembre 2001, p. 18688.
-
[160]
Sénat, 11 décembre 2001, p. 6720.
-
[161]
AN, 19 décembre 2001, p. 9746.
-
[162]
V. infra, § 133.
-
[163]
AN, 4 décembre 2001, p. 8891.
-
[164]
AN, 25 octobre 2001, p. 6683 et s.
-
[165]
AN, 27 novembre 2001, p. 8559 et s.
-
[166]
V. infra, § 133.
-
[167]
V. infra, § 133.
-
[168]
AN, 3 octobre 2001, p. 5377 et s.; AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3297.
-
[169]
Le Monde, 5 octobre, 10 octobre 2001.
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[170]
AN, 21 novembre 2001, p. 8377; AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3402.
-
[171]
AN, 17 octobre 2001, p. 6043. Cette commission est présidée par un élu de l’opposition, M. François Loos ( UDF-Rad).
-
[172]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 2413; volume 1,418 p.; vol. 2, 754 p.; Le Monde, 30 novembre 2001.
-
[173]
Le Monde, 21 décembre 2001.
-
[174]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3383, n° 3501 et n° 3504.
-
[175]
Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 65, n° 150.
-
[176]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3478.
-
[177]
AN, 2 octobre 2001, p. 5283.
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[178]
AN, 24 octobre 2001, p. 6500.
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[179]
Sénat, 25 octobre 2001, p. 4396.
-
[180]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3401.
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[181]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3451 et Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 120.
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[182]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3502 et Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 160; AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3519 et Sénat, Documents parlementaires, 2001-2002, n° 159.
-
[183]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 491.
-
[184]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3347.
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[185]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3503.
-
[186]
AN, Documents parlementaires, XIe législature, n° 3332,3356,3505 et 3506.
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[187]
JO, 27 octobre 2001, p. 16991,6 décembre 2001, p. 19457.
-
[188]
JO, 5 décembre 2001, p. 19401.
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[189]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
-
[190]
Le Monde, 24 octobre 2001.
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[191]
Le Monde, 7 décembre 2001.
-
[192]
JO, 1er décembre 2001, p. 19112.
-
[193]
JO, 12 décembre 2001, p. 19712.
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[194]
JO, 26 décembre 2001, p. 20582; Le Monde, 20 décembre 2001, AN, 19 décembre 2001, question de M. Jean-Luc Préel ( UDF ) et réponse de Mme Élisabeth Guigou, ministre de l’Emploi et de la solidarité ; AN, p. 9659.
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[195]
JO, 29 décembre 2001, p. 21159; Le Monde, 29 décembre 2001.
-
[196]
JO, 29 décembre 2001, p. 21172.
-
[197]
JO, 15 décembre 2001, p. 19947.
-
[198]
JO, 25 novembre 2001, p. 18785 et 18786.
-
[199]
JO, 11 novembre 2001, p. 17988 et s.
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[200]
Il s’agit d’une des innombrables décisions Hauchemaille.
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[201]
JO, 17 octobre 2001, p. 16340.
-
[202]
JO, 17 octobre 2001, p. 16340.
-
[203]
JO, 29 décembre 2001, p. 21200.
1Un trimestre riche ! Comment pourrait-il en être autrement alors que l’élection présidentielle devient la préoccupation première des acteurs politiques et que chacun cherche à faire apparaître sa singularité. Les avatars de la cohabitation, soulignés par un livre du directeur du cabinet du Premier ministre, l’arrêt de la Cour de cassation sur le statut pénal du Président de la République, une pratique quotidienne toujours renouvelée fournissent les ingrédients d’une Chronique des jours quasi ordinaires de la Ve République [1].
SECTION I – LA RÉPUBLIQUE
§ 1 – LA CONSTITUTION
I – LA COHABITATION
2[1] La publication, le 18 octobre 2001, par M. Olivier Schrameck, directeur du cabinet du Premier ministre, d’un livre intitulé Matignon, rive gauche, 1997-2001 (Le Seuil) dans lequel, au-delà de différents souvenirs, l’intéressé fait le procès de la cohabitation, suscite une violente polémique et de nombreuses interrogations. Alors que traditionnellement, le directeur du cabinet du Premier ministre, même lorsqu’il est ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ancien professeur associé à l’université de Paris I, conseiller d’État et éminent juriste, fait preuve d’une grande discrétion, la publication d’un tel ouvrage, auquel le Premier ministre ne s’est pas opposé, conduit certains à se demander s’il ne s’agit pas du premier acte d’une candidature de M. Lionel Jospin à l’élection présidentielle. Si la critique de la cohabitation, tant du point de vue du fonctionnement de l’État, de sa représentativité à l’extérieur que de la conduite des affaires, ne constitue pas un thème particulièrement original, la personnalité de l’auteur et les circonstances lui donnent un caractère très particulier. Si les amis de M. Jacques Chirac saisissent cette occasion pour attaquer le Premier ministre, les proches de M. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur, font chorus en raison des propos tenus par M. Schrameck sur l’intéressé, en particulier à propos de la Corse. Pour sa part, M. Olivier Schrameck estime, dans une intervention tout à fait exceptionnelle, le 18 octobre, dans la nouvelle émission de France 2, « Question directe », que cet ouvrage est pour lui « un acte de liberté et une démarche personnelle ». Il estime qu’il est difficile pour le Président de la République d’être à la fois l’arbitre constitutionnel et le dirigeant de l’opposition.
3[2] Cette publication relance les débats sur les bienfaits ou les malheurs de la cohabitation et la nature de la Ve République. Dans un article intitulé « Épouvantable cohabitation ? », Mme Noëlle Lenoir, ancien membre du Conseil constitutionnel, estime que « vécue de l’intérieur de l’appareil d’État, l’histoire de la Ve République est en permanence celle de la cohabitation ». Elle considère au surplus « qu’on ne voit pas quelle grande réforme aurait été bloquée par la cohabitation. En vérité elle est au fondement même de la Ve République…, même en dehors des cohabitations proprement dites ».
4[3] Pour sa part, M. Vincent Peillon (député, porte-parole du PS ) souhaite le passage à un véritable régime présidentiel, tandis que M. Arnaud Montebourg (député, PS ), fondateur de la nouvelle convention pour la VIe République, plaide beaucoup plus pour une reparlementarisation et une véritable rupture avec le style quelque peu vertical et autoritaire de la Ve République. Poursuivant son combat contre le statut trop protecteur du Président de la République, il tente de mettre en cause l’impunité dont celui-ci disposerait [2].
II – LA SÉPARATION DES POUVOIRS
5[4] Dans sa décision n° 2001-451 DC, le Conseil constitutionnel revient sur la notion de séparation des pouvoirs et la répartition du contentieux entre les deux ordres de juridictions : « Conformément à la conception française de la séparation des pouvoirs, figure au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République celui selon lequel, à l’exception des matières réservées par nature à l’autorité judiciaire, relève en dernier ressort de la compétence de la juridiction administrative, l’annulation ou la réformation des décisions prises dans l’exercice des prérogatives de puissance publique par les autorités exerçant le pouvoir exécutif, leurs agents, les collectivités territoriales de la République ou les organismes publics placés sous leur autorité ou leur contrôle ». Même s’il est « loisible au législateur, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, d’unifier les règles de compétence juridictionnelle au sein de l’ordre juridictionnel principalement intéressé » il n’est pas justifié en l’espèce (dans le domaine du contentieux de la sécurité sociale des non-sala-riés agricoles) qu’il soit dérogé à la répartition normale des compétences entre les deux ordres de juridiction. De ce fait, un article est déclaré contraire à la Constitution.
6[5] A propos d’articles de la loi de finances pour 2002 prévoyant, d’une part, un rapport sur les crédits des pouvoirs publics et, d’autre part, instaurant une commission chargée d’examiner l’utilisation des fonds spéciaux, le Conseil constitutionnel réaffirme une interprétation très classique de la séparation des pouvoirs, telle qu’elle est interprétée par la Constitution de 1958. En ce qui concerne le rapport budgétaire sur les pouvoirs publics, le Conseil précise : « Ces dispositions ne sauraient être interprétées comme faisant obstacle à la règle selon laquelle les pouvoirs publics constitutionnels déterminent eux-mêmes les crédits nécessaires à leur fonctionnement. Cette règle est en effet inhérente au principe de leur autonomie financière qui garantit la séparation des pouvoirs ».
7[6] En ce qui concerne la commission chargée de contrôler les fonds spéciaux, le Conseil constitutionnel s’appuie sur les articles 5,15,21 et 35 de la Constitution pour ce qui concerne le pouvoir exécutif et les articles 34 et 37 pour ce qui concerne le Parlement, pour considérer qu’ « il résulte de l’ensemble des dispositions constitutionnelles précitées que, s’il appartient au Parlement d’autoriser la déclaration de guerre, de voter les crédits nécessaires à la défense nationale et de contrôler l’usage qui en a été fait, il ne saurait en revanche, en la matière, intervenir dans la réalisation d’opérations en cours… », ce qui conduit à déclarer contraires à la Constitution les dispositions qui auraient permis à ladite commission de recevoir communication de l’état des dépenses se rattachant à des opérations en cours ou de déléguer un de ses membres pour procéder à des enquêtes et investigations à ce propos.
III – LES PROPOSITIONS DE RÉVISION
8[7] Dans une proposition de loi constitutionnelle, Mme Christine Boutin (députée, UDF ) propose de renforcer la protection constitutionnelle des personnes handicapées en insérant à l’article 1er de la Constitution l’état de santé parmi les critères dont la République doit assurer l’égalité [3].
9[8] Dans une proposition de loi constitutionnelle, MM. Pascal Clément et autres (députés, DL, PR et UDF ) proposent de modifier l’article 3 de la Constitution pour préciser que le résultat d’un référendum ne peut être acquis que si les suffrages favorables au oui ont non seulement dépassé la majorité absolue des suffrages exprimés mais également un nombre égal au quart du nombre des électeurs inscrits [4].
10Voir également, § 115.
§ 2 – LE TERRITOIRE DE LA RÉPUBLIQUE
I – LA CORSE
A – LE PROJET DE LOI SUR LA CORSE
11[9] Après avoir été adopté le 22 mai 2001 par l’Assemblée nationale, le projet de loi sur la Corse vient en première lecture au Sénat le 6 novembre 2001. Il occupe les séances des 6,7 et 8 novembre et connaît évidemment de nombreuses difficultés, en particulier lorsqu’il prévoit une délégation de responsabilité normative aux autorités corses et une prise en compte plus étendue des spécificités insulaires [5]. Après l’échec prévisible de la commission mixte paritaire, le projet revient en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale le 27 novembre et est adopté dans une rédaction très proche de celle de la première lecture le 4 décembre [6]. Au Sénat, la nouvelle lecture a lieu le 12 décembre. Elle ne parvient évidemment pas à conclure un texte identique à celui de l’Assemblée nationale [7]. La lecture définitive a lieu à l’Assemblée nationale le 18 décembre. Le projet est adopté par 249 voix contre 228. On constate que les positions politiques se sont durcies puisque, du côté de l’opposition seuls MM. Raymond Barre et François Léotard ( UDF ) votent pour et que, par exemple, M. José Rossi ( DL, président de l’Assemblée de Corse) passe d’un vote positif à l’abstention [8].
12[10] Dans sa version définitivement adoptée par l’Assemblée nationale, la loi fait principalement difficulté à propos de l’article 1er relatif à la possibilité pour les autorités corses d’exercer un réel pouvoir normatif, soit réglementaire, soit d’adaptation de dispositions législatives, à propos de l’article 7 sur l’enseignement de la langue corse et les modalités de mise en œuvre de la loi littorale. Le 20 décembre, le Conseil constitutionnel est saisi par plus de soixante députés et, le 21 décembre, par plus de soixante sénateurs. Il ne rendra sa décision que le 17 janvier 2002.
B – LE PROCÈS DU PRÉFET BONNET
13[11] Le 19 novembre s’ouvre à Ajaccio, devant le tribunal correctionnel, le procès de l’ancien préfet Bernard Bonnet et de ses co-accusés, à la suite de l’incendie des paillotes en avril 1999. Du 19 novembre au 7 décembre, ce procès permet d’entendre l’ancien ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, deux collaborateurs directs du Premier ministre, ainsi que l’ancien procureur général près la cour d’appel de Bastia. Malgré la durée et l’intensité des audiences, la vérité n’est pas véritablement établie sur le point de savoir si le préfet a véritablement ou non donné l’ordre de détruire les paillotes en question. En tout cas dans son réquisitoire, le procureur de la République demande trois ans de prison ferme contre l’ancien préfet, tandis que les défenseurs de l’intéressé estiment que « la politique a primé sur le judiciaire ». Le jugement sera rendu début janvier 2002 [9].
II – L’OUTRE-MER
14[12] Le rapport budgétaire sur l’outre-mer présenté à l’Assemblée nationale permet de faire le point de l’évolution institutionnelle en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna. A propos de la Nouvelle-Calédonie, on apprend ainsi que huit lois du pays ont été votées entre octobre 1999 et début juin 2001 et que le territoire a exercé de manière régulière ses compétences en matière internationale conformément à la loi organique du 19 mars 1999 [10].
15Le rapport de M. Jérôme Lambert (député, PS ) permet de bien faire le point du débat institutionnel dans les départements d’outre-mer et de poser la question : « Est-on à la veille d’une évolution institutionnelle ? » [11]. Dans le même esprit, il convient de prendre note des discussions et propositions qui ont lieu en Guyane au sujet de la création d’une assemblée unique [12].
§ 3 – LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE
I – LES DROITS FONDAMENTAUX
A – LE PRINCIPE D’ÉGALITÉ
16[13] Dans la décision n° 2001-452 DC du 6 décembre 2001, le Conseil constitutionnel réaffirme le principe et les conditions de respect du principe d’égalité : « Le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général pourvu que dans l’un et l’autre cas la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit », décision qui, en l’espèce, à propos d’une modification du code des marchés publics n’est pas remplie.
B – LA LAÏCITÉ ET LA LIBERTÉ RELIGIEUSE
17[14] Les attentats du 11 septembre conduisent à accélérer les préparatifs de l’élection du futur Conseil français du culte musulman. Il n’en demeure pas moins que d’importantes divergences demeurent dans les groupes intéressés [13].
C – LA LIBERTÉ D’ENTREPRENDRE
18[15] Le Conseil constitutionnel confirme, dans sa décision n° 2001-451 DC, qu’il est « loisible au législateur d’apporter à la liberté d’entreprendre, qui découle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, des limitations liées à des exigences constitutionnelles ou justifiées par l’intérêt général, à la condition qu’il n’en résulte pas d’atteinte disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi ». En l’espèce, il appartient au législateur, dans le cadre de l’article 34 de la Constitution « d’adopter pour la réalisation ou la conciliation d’objectifs de nature constitutionnelle des modalités nouvelles en matière de régime de sécurité sociale » dont il lui appartient d’apprécier l’opportunité dès lors que, dans l’exercice de ce pouvoir, il ne prive pas de garantie légale des exigences de caractère constitutionnel ». En ce qui concerne la liberté contractuelle, la même décision précise qu’ « il est loisible au législateur d’apporter pour des motifs d’intérêt général des modifications à des contrats en cours d’exécution; (mais qu’) il ne saurait porter à l’économie des contrats légalement conclus une atteinte d’une gravité telle qu’elle méconnaisse manifestement la liberté découlant de l’article 4 de la déclaration de l’homme et du citoyen ».
D – LA LIBERTÉ DE COMMUNICATION ET D’INFORMATION
19[16] De manière assez inhabituelle, le Conseil supérieur de l’audiovisuel adopte, le 2 octobre 2001, une recommandation faisant suite aux attentats du 11 septembre précédent : « Le CSA apprécie la retenue et la maîtrise dont la plupart des médias audiovisuels, télévisions et radios ont fait preuve au cours des dernières semaines. Il demande à l’ensemble des opérateurs audiovisuels français de prêter dans l’exercice de leurs responsabilités éditoriales une attention particulièrement scrupuleuse aux principes de liberté, de tolérance, de dignité des personnes, notamment des victimes, et de respect des valeurs républicaines » [14].
II – LA LANGUE FRANÇAISE
20[17] Dans sa décision n° 2001-452 DC (loi MURCEF ), le Conseil constitutionnel considère que les dispositions de l’article L. 412-1 du code monétaire et financier qui autorisent les sociétés faisant publiquement appel à l’épargne à rédiger leur prospectus dans une langue « usuelle en matière financière », ce qui signifie en clair l’anglais, ne sont pas contraires à l’article 2 de la Constitution sur la langue française, au motif que ce prospectus s’inscrit dans des relations de droit privé. Le Conseil précise toutefois qu’il appartiendra à la Commission des opérations de bourse de veiller à ce que, dans ce cas, le résumé publié en français comporte les données essentielles relatives au contenu et aux modalités de l’opération envisagée ainsi que toutes les indications concernant l’émetteur.
21Dans une ordonnance de référé du 30 octobre 2001, le Conseil d’État ordonne la suspension de différentes décisions du ministre de l’Éducation nationale relatives à l’intégration des établissements Diwan dans le service public de l’enseignement. Il appartiendra ensuite au juge administratif de se prononcer sur le fond [15]. Malgré cette décision, M. Jack Lang, ministre de l’Éducation nationale (et professeur agrégé de droit public), entend poursuivre l’action dans ce sens.
22Dans sa décision sur la loi de finances pour 2002 n° 2001-456 DC, le Conseil constitutionnel juge qu’il résulte des termes de l’article 2 de la Constitution que « l’usage d’une langue autre que le français ne peut être imposé aux élèves des établissements de l’enseignement public ni dans la vie de l’établissement ni dans l’enseignement des disciplines autres que celles de la langue considérée ». Cet article vise très explicitement l’association bretonne Diwan dont l’enseignement par « immersion linguistique » consiste à utiliser une langue régionale comme langue d’enseignement général et comme langue de communication au sein de l’établissement.
III – LA MÉMOIRE
A – LE PRÉSIDENT SENGHOR
23[18] Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, membre de l’Académie française, ancien député et ministre français, ancien compagnon et ami de Georges Pompidou, décède le 20 décembre 2001 en France. Indépendamment du talent littéraire, poétique et culturel de l’intéressé, en particulier ses émouvants plaidoyers pour la négritude et ses liens avec la culture européenne, il s’agit de saluer le dernier père des indépendances africaines à disparaître. Ayant volontairement quitté le pouvoir en 1980, il vivait depuis en Normandie. On retiendra également la polémique qui s’est, de manière feutrée, développée en France, à propos de l’absence de toute personnalité politique de premier plan aux obsèques du président Senghor, ni le Président de la République, ni le Premier ministre ne s’étant rendus à Dakar le 29 décembre [16].
B – LA GUERRE D’ALGÉRIE
24[19] Le 17 octobre 2001, quarante ans après le massacre lié à la manifestation du 17 octobre 1961, M. Bertrand Delanoë, maire de Paris, inaugure pont Saint-Michel une plaque à la mémoire des manifestants algériens précipités et noyés dans la Seine quarante ans plus tôt. Ce texte relativement sobre « À la mémoire des nombreux algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 » suscite néanmoins, tant à Paris qu’à l’Assemblée nationale, de vives controverses [17].
25Du 26 au 28 novembre 2001, a lieu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès du général Aussaresse jugé pour complicité d’apologie de crime de guerre à propos de son livre Services spéciaux, Algérie 1955-1957 (aux éditions Perrin). Il s’agit de la première comparution devant les tribunaux français d’un haut responsable militaire pour des événements liés à la guerre d’Algérie. Les débats mettent en relief l’usage et la justification de la torture. Dans ses réquisitions, l’avocat général requiert 100 000 francs d’amende à l’égard du prévenu [18].
26[20] Dans une proposition de loi, MM. Bernard Charles et autres (députés, Rad et RCV ) proposent de reconnaître la journée du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie [19].
C – LA COLONISATION
27[21] Dans une proposition de loi, M. Yves Fromion (député, RPR ) propose d’instituer une journée nationale de réflexion sur l’histoire de la colonisation et de recueillement en souvenir de toutes les victimes de ces conflits [20].
D – LES ARCHIVES
28[22] Dans la perspective d’un très important colloque sur les archives qui a lieu le 5 novembre au Palais d’Iéna, un sondage souligne « la passion des Français pour leur mémoire individuelle et collective ». Indépendamment des problèmes de logistique ou d’accès, près de 90 % des Français estiment que les archives de l’État doivent être conservées dans un grand lieu spécifique [21].
§ 4 – L’ORDRE CONSTITUTIONNEL ET LE DROIT INTERNATIONAL
I – L’UNION EUROPÉENNE
A – LE PARLEMENT EUROPÉEN
29[23] Dans une proposition de loi, MM. Jean-Pierre Abelin et autres (députés, UDF, DL ) proposent de modifier la loi du 7 juillet 1977 relative à l’élection des représentants français au Parlement européen pour instituer un système de parrainage destiné à garantir le sérieux et la représentativité des listes destinées à être soumises au vote des français [22].
B – LES RESSOURCES PROPRES DE L’UNION
30[24] Le 28 novembre, le Gouvernement dépose le projet de loi autorisant l’approbation de la décision du Conseil de l’Union européenne du 29 septembre2000 relative au système des ressources propres des Communautés européennes [23].
C – L’AVENIR DE L’UNION EUROPÉENNE
31[25] Dans le bulletin de la délégation du Sénat pour l’Union européenne, le président de la délégation, M. Hubert Haenel ( RPR ), fait le point du débat relatif à l’avenir de l’Union européenne et estime qu’il y a un risque certain : « si la Convention voulait se transformer en constituante européenne… je crois que les gouvernements risqueraient purement et simplement de ne pas tenir compte sérieusement de ses travaux » [24].
32[26] A la veille du Sommet de Laeken, M. Jean-Pierre Chevènement (ancien ministre, député, RCV, MDC ) pose de manière assez véhémente la question au Gouvernement, à savoir quelle est la position de la France par rapport à l’idée d’une constitution européenne. Dans sa réponse, M. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, estime qu’une constitution « permettrait sans doute une présentation plus claire des institutions européennes » mais que « tout dépendra de son contenu qui reste à discuter. Le mot ne préjuge donc pas le fond » [25].
33[27] Lors du Sommet tenu sous présidence belge, à Laeken, les chefs d’États et de Gouvernements de l’Union européenne décident de convoquer une Convention sur l’avenir de l’Europe et d’en confier la présidence à M. Valéry Giscard d’Estaing (ancien Président de la République française, député, UDF ). Cette Convention, quelque peu démarquée de celle qui a préparé la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, comprendra son président, ses deux vice-présidents, 15 représentants des gouvernements, 30 membres des parlements nationaux, 16 membres du Parlement européen et deux représentants de la Commission. Les pays candidats seront également représentés, mais ne participeront au vote final que s’ils ont préalablement signé le traité d’adhésion. Selon la déclaration adoptée par les Quinze, la Convention « aura pour tâche d’examiner les questions essentielles que soulève le développement futur de l’Union et de rechercher les différentes réponses possibles ». L’objectif est que la Convention se réunisse à partir du 1er mars 2002 et que ses travaux soient terminés pour l’été 2003 de façon à ce que le Conseil européen puisse alors s’en saisir et déboucher sur une conférence intergouvernementale [26]. Le même Sommet de Laeken reste très prudent en matière de politique étrangère et de politique militaire puisqu’il renonce à l’idée d’une force de l’Europe en Afghanistan et, à propos de la crise du Proche-Orient, « réaffirme la pleine reconnaissance du droit irrévocable d’Israël à vivre en paix et dans la sécurité à l’intérieur de frontières reconnues et l’établissement d’un État palestinien viable, indépendant et démocratique… » [27].
II – LA CONVENTION EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME
34[28] Relevons, le 23 octobre 2001, la visite d’une délégation de la commission des lois du Sénat à la Cour de cassation. Au cours de cette réunion de travail, les thèmes de l’influence du droit communautaire sur le droit français, des relations entre la Cour de cassation et la Cour de justice des Communautés européennes, de la portée de la Convention européenne des droits de l’homme et des relations entre la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l’homme sont abordés. La conclusion n’étonnera pas ceux qui suivent les problèmes de droits fondamentaux au jour le jour : « Il existera peut-être un risque de conflit de jurisprudence entre la cour de Strasbourg et celle de Luxembourg en matière de protection des droits de l’homme lorsque la Charte des droits fondamentaux (de l’Union européenne) aura une valeur contraignante » [28].
35[29] Le 15 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme juge partiellement recevable une requête de M. Maurice Papon (ancien ministre, ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde sous le régime de Vichy) à propos des conditions dans lesquelles il n’a pas eu accès à la Cour de cassation lors de l’examen par celle-ci de son pourvoi contre sa condamnation le 2 avril 1998 par la cour d’assises de la Gironde à dix ans de réclusion criminelle [29].
III – LES TRAITÉS INTERNATIONAUX
36[30] Parmi les différents projets de loi relatifs à la ratification d’accords internationaux, signalons les suivants qui présentent soit des curiosités, soit un intérêt juridique.
37Le 17 octobre 2001, le Gouvernement dépose un projet de loi relatif à l’approbation d’un avenant à l’accord entre l’Agence de coopération culturelle et technique et le
38Gouvernement français destiné à tirer les conséquences de la mutation institutionnelle de la francophonie. Il est intéressant de relever à cette occasion que l’annexe 2 de cet avenant contient la Charte de la francophonie adoptée à l’occasion du 7e Sommet à Hanoi le 15 novembre 1997. Cette Charte, qui porte notamment sur l’organisation institutionnelle de la francophonie, devient donc indirectement, du fait qu’elle est intégrée dans l’accord du 30 août 1972 relatif à l’Agence de coopération culturelle et technique, un texte de valeur positive [30].
39Le 24 octobre 2001 est déposé au Sénat le projet de loi relatif à l’accord de siège entre le Gouvernement français et la Commission internationale de l’état civil. Le siège est à Strasbourg, dans un appartement de 200 m2 [31].
40Le 12 décembre 2001 est déposé, toujours au Sénat, un projet de loi relatif à la ratification de l’accord entre la France et le Royaume-Uni concernant la pêche dans la baie de Grandville. Le traité comporte de nombreuses cartes avec la fixation de points de référence très précis [32]. Le même jour, le Gouvernement dépose le projet de loi relatif à la ratification d’un accord entre la France et la Grande-Bretagne au sujet de la délimitation maritime entre la France et Jersey. On trouvera dans cet accord l’exemple d’une délimitation maritime reposant sur le principe de l’équidistance, principe adapté à la situation locale pour tenir compte d’archipels, d’îles et d’îlots auxquels les deux parties n’entendaient pas initialement donner la même valeur pour la fixation de la frontière. On signalera également que, pour l’accord relatif à la baie de Grandville, le Gouvernement français est représenté par son ambassadeur à
41Londres et le Gouvernement britannique, par le Lieutenant gouverneur de Jersey [33].
§ 5 – LA SOUVERAINETÉ DANS LA RÉPUBLIQUE
I – LE DROIT ÉLECTORAL
A – LES LISTES ÉLECTORALES
42[31] Un rapport d’information de M. Jean-Pierre Dufau (député, PS ) fait le point sur les dispositions de la loi du 10 novembre 1997 relative à l’inscription d’office des personnes âgées de 18 ans sur les listes électorales. Le rapporteur constate que le bilan est assez mitigé, que la mise en œuvre de la procédure rencontre de réelles difficultés et que des mesures d’accompagnement nouvelles devraient être prévues, notamment pour ce qui concerne la collecte et la transmission de données ou des actions de sensibilisation. D’après le ministère de l’Intérieur, il y a eu, en 2001, un total de nouveaux inscrits de 18 ans sur les listes électorales de 682 164 dont 348 434, c’est-à-dire 51 % inscrits d’office [34].
B – LES AMÉNAGEMENTS DU DROIT ÉLECTORAL
43[32] M. Lionel Luca (député, NI ) propose de comptabiliser le vote blanc dans les opérations électorales et de séparer par conséquent les bulletins blancs des bulletins nuls [35].
44Dans une proposition de loi, M. Pierre-André Wiltzer (député, UFD ) propose d’abroger le troisième alinéa de l’article L. 165 du code électoral, lequel interdit théoriquement l’impression de circulaires ou de bulletins et de tracts pendant la durée de la campagne électorale. Chacun sait que cette disposition n’est respectée dans aucune circonscription. Il serait donc plus logique de l’abroger [36].
C – LES SONDAGES
45[33] Compte tenu de l’évolution des techniques de diffusion des sondages et de la jurisprudence de la Cour de cassation, il devient de plus en plus évident que la loi de 1977 devra être modifiée. Le 13 décembre, le président de la Commission des sondages fait savoir que ladite Commission ne fera pas référence durant la campagne présidentielle à l’interdiction légale de publication des sondages préélectoraux dans la semaine précédant le scrutin. Le 19 décembre, le ministre des Relations avec le Parlement, M. Jean-Jacques Queyranne, en réponse à une question de M. Bernard Derosier (député, PS ) indique que le Président de la République et le Premier ministre sont convenus qu’il convenait de modifier la loi et qu’en conséquence le Gouvernement déposera un projet de loi visant à autoriser la diffusion des sondages jusqu’à la veille ou le jour même de l’élection concernée [37].
II – LE FINANCEMENT DE LA VIE POLITIQUE
A – LA COMMISSION DES COMPTES DE CAMPAGNE ET DES FINANCEMENTS POLITIQUES
46[34] La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques prend les décisions suivantes :
- le 13 décembre 2001 : agrément de deux associations nationales et d’une association départementale. On notera l’agrément de l’Association de financement du mouvement Hommes, animaux, nature ( MHAN ), dont l’objet politique est quelque peu ambigu;
- le 6 septembre : agrément d’une association nationale ;
- le 4 octobre : agrément de deux associations départementales ; on notera l’agrément de l’Association de financement de l’association Réagir avec Olivier de Chazeaux, dont l’intitulé est parfaitement clair puisque l’intéressé est député des Hauts-de-Seine ;
- le 29 octobre : agrément de deux associations départementales ;
- le 8 novembre : agrément d’une association départementale ;
- le 26 novembre : agrément de cinq associations départementales [38].
B – LE FINANCEMENT PUBLIC
47[35] La loi de finances pour 2002 prévoit un crédit de 80 264 408 euros au titre du financement des partis et groupements politiques [39].
48Le 23 novembre, la Commission nationale des comptes de campagne fait publier au
49Journal officiel la liste des partis et groupements non éligibles à l’aide publique au titre de l’exercice 2002. Il s’agit, des 28 partis n’ayant pas déposé de comptes ou ayant déposé des comptes non conformes et des 138 partis qui, ayant déposé des comptes conformes ne peuvent prétendre à l’aide budgétaire 2002 au motif qu’ils n’ont pas présenté des candidats dans 50 circonscriptions du territoire métropolitain ni dans au moins un département ou territoire d’outre-mer. On relèvera avec étonnement que des formations bien connues comme Démocratie libérale, Forces démocrates, le Parti radical ou même le Parti socialiste figurent sur cette liste. Cela tient au fait que leurs candidats de 1997 étaient regroupés, du point de vue du financement public, dans des associations regroupant, d’une part, tous les candidats de l’UDF, d’autre part, tous les candidats du Parti socialiste et du Parti radical de gauche [40].
III – LA VIE POLITIQUE
A – LES PARTIS POLITIQUES
1 – Le Parti communiste
50[36] Le Parti communiste tient, du 26 au 28 octobre à La Défense, son XXXIe congrès. A l’issue de celui-ci des nouveaux statuts sont adoptés. M.Robert Hue est élu président et Mme Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale [41].
2 – Le RPR
51[37] Le 16 décembre, le RPR fête, à la Porte de Versailles, le 25e anniversaire de sa création par Jacques Chirac. L’essentiel du débat, au-delà de l’autocommémoration, consiste à s’interroger sur la création éventuelle, au lendemain de l’élection présidentielle, d’un parti plus large englobant le RPR et ses alliés [42].
B – POLITIQUE ET ARGENT
1 – Le Parti communiste
52[38] Le 14 novembre 2001, le tribunal correctionnel de Paris relaxe M.Robert Hue, nouveau président du Parti communiste, des charges qui pesaient contre lui à propos du financement de son parti. Cette décision met une fois de plus en cause les techniques des juges d’instruction et surtout la difficulté dans ce type de dossiers d’obtenir des éléments probants [43].
2 – Le RPR
53[39] Le 19 décembre 2001, Mme Louise-Yvonne Casetta est condamnée par la cour d’appel de Versailles à six mois de prison avec sursis dans l’affaire des marchés truqués de la Ville de Paris [44].
SECTION II – « LE GOUVERNEMENT PRÉSIDENTIEL »
§ 1 – LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
I – LA PRÉPARATION DE L’ÉLECTION DE 2002
A – LA PRÉPARATION ADMINISTRATIVE
54[40] Le 23 octobre 2001, le Conseil supérieur de l’audiovisuel adopte une recommandation, adressée à l’ensemble des médias audiovisuels, déterminant les conditions du respect du pluralisme pendant la campagne précédant l’élection présidentielle de 2002. Pour la période allant du 1er janvier 2002 à la veille de l’ouverture de la campagne officielle pour le premier tour de scrutin, le CSA recommande un accès équitable à l’antenne des candidats déclarés ou présumés et de ceux qui les soutiennent. Pour la deuxième phase de l’ouverture de la campagne au deuxième tour de scrutin, c’est le principe d’égalité entre les candidats qui doit être respecté [45].
55[41] Le 12 décembre, le Conseil des ministres fixe le calendrier de l’élection présidentielle. Le premier tour aura lieu le 21 avril et le second le 5 mai 2002, les élections législatives ayant lieu les 9 et 16 juin [46].
B – LES CANDIDATURES
1 – les candidatures déclarées
a) M. Le Pen
56[42] Début décembre, M. Jean-Marie Le Pen (député européen, Front national) se plaint des difficultés majeures qu’il rencontrerait pour trouver les 500 signatures nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle [47].
b) Mme Boutin
57[43] A la suite de sa décision de maintenir sa candidature, Mme Christine Boutin (députée, UDF ) est suspendue de l’UDF le 19 décembre [48].
c) M. Mamère
58[44] A la suite d’une consultation des militants des Verts, M. Noël Mamère devient candidat à la place de M. Alain Lipietz [49]. C’est par 81 % des suffrages des militants qu’il est désigné, le 29 novembre, de manière irrévocable, comme candidat des Verts à l’élection présidentielle [50].
d) Mme Laguiller
59[45] Le 12 octobre 2001, Mme Arlette Laguiller lance sa cinquième campagne présidentielle. Elle veut être « la voix des travailleurs qu’on traite avec mépris » [51].
e) Mme Taubira
60[46] Du côté de la gauche plurielle, on évoque début novembre la possibilité pour Mme Christiane Taubira-Delannon (députée apparentée PS ) d’être la candidate du Parti radical de gauche. Cette éventualité ne semble pas satisfaire les dirigeants socialistes et, en premier lieu M. Jospin, qui craignent un trop grand éparpillement des voix au premier tour. Le 1er décembre 2001, Mme Christiane Taubira est désignée comme candidate du Parti radical de gauche. Ce choix ne fait pas l’unanimité, ce qui serait d’ailleurs étonnant chez les radicaux [52].
f) Mme Lepage
61[47] Le 24 novembre 2001, Mme Corinne Lepage (ancien ministre du gouvernement Juppé) déclare sa candidature au nom du mouvement Cap 21. Elle déclare ne se reconnaître « dans aucun des partis traditionnels ni dans aucun de leurs leaders » [53].
g) M. Bayrou
62[48] Le 27 novembre 2001, à Pau, M. François Bayrou (ancien ministre, président de l’UDF ) annonce officiellement sa candidature : « Parce que je veux la relève pour la France, je présente ma candidature à la présidence de la République » [54].
63Les 1er et 2 décembre, le congrès de l’UDF approuve l’investiture de M. François Bayrou, malgré les réticences de M. Philippe Douste-Blazy, président du groupe UDF de l’Assemblée nationale, et d’un nombre significatif de parlementaires [55].
2 – les candidatures non déclarées
64[49] On perçoit nettement, à la veille de Noël 2001, que M. Jacques Chirac d’un côté, M. Lionel Jospin de l’autre, se préparent à être candidats, mais, qu’en raison à la fois de leur notoriété et de leurs positions institutionnelles, ils cherchent l’un et l’autre à retarder leur entrée en campagne [56].
65[50] En ce qui concerne l’éventuelle candidature du président Jacques Chirac, l’Union en mouvement, qui regroupe ses partisans, accélère son calendrier, prépare un projet et tente d’élargir, au-delà du RPR, les soutiens possibles [57].
66On sent très nettement, à partir du mois d’octobre 2001, que Mme Bernadette Chirac jouera un rôle significatif dans la campagne présidentielle comme elle l’avait fait lors des élections municipales de mars 2001. C’est ainsi qu’elle publie le 22 octobre un livre d’entretiens avec Patrick de Carolis sous le titre Conversations (chez Plon) et qu’elle est reçue la veille dans l’émission de Michel Drucker, sur France 2, « Vivement dimanche » [58]. Elle se rend également à Marseille à la mi-décembre pour participer à différentes visites et assister à la réception de M. Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille (ancien ministre, sénateur, DL ) à l’Académie de Marseille. A partir du début décembre, on sent nettement que M. Jacques Chirac tente de plus en plus de rassembler ses partisans et d’élargir sa base, par exemple sous la bannière de l’Union en mouvement [59] [60].
67[51] Pour sa part, M. Lionel Jospin, le 13 novembre, devant le groupe socialiste, galvanise les députés, mais ne déclare pas officiellement sa candidature [61]. Sans que cela soit encore explicite, il est de plus de plus visible que M.Lionel Jospin envisage d’être candidat à la présidence de la République. C’est ainsi que le 5 décembre sur France 2, en réponse à une question sur sa candidature, il répond : « Vous savez bien que c’est probable… Je pense que je dois poursuivre ma tâche de Premier ministre… Cela ne sera pas seulement une question de probabilité, cela sera aussi une question de désir. Le désir est un moteur de la vie, et donc aussi de la vie politique » [62].
II – LE STATUT DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
A – LA PRÉSIDENCE
1 – Le budget
68[52] La loi de finances pour 2002 prévoit un crédit de 15 104 165 euros pour la présidence de la République (1 634 000 euros pour la dotation, les frais de représentation et les déplacements et 13 470 165 euros pour les divers frais de fonctionnement, qu’il s’agisse du secrétariat général, du cabinet, des services administratifs ou du parc automobile). Ce budget est en augmentation d’environ 5,5 millions d’euros, essentiellement pour prendre en charge les frais d’affranchissement et de télécommunications qui, jusqu’alors, étaient financés sur d’autres crédits budgétaires [63]. La présentation de ces chiffres devant l’Assemblée nationale donne lieu à une polémique, six députés PS souhaitant une réduction du budget présidentiel. D’après la présidence de la République, cette augmentation n’est qu’une régularisation qui consiste à faire prendre en charge directement par le budget de la présidence des dépenses tant de personnel que de fonctionnement (par exemple, les dépenses d’affranchissement ou de téléphone) [64].
2 – Les collaborateurs du Président
a) Les personnes
69[53] M. Bertrand Landrieu, directeur du cabinet du Président de la République, est entendu le 15 novembre par deux juges d’instruction dans l’affaire Falcone relative à des ventes d’armes vers l’Angola [65].
70M Philippe Massoni, ancien préfet de police, conseiller d’État en service extraordinaire, est nommé chargé de mission auprès du Président de la République le 31 octobre 2001. Sans aucun doute, il sera chargé des questions de sécurité [66].
b) La rémunération des collaborateurs
71[54] Dans le cadre de la mise au net des rémunérations complémentaires accordées aux collaborateurs du Président de la République ou des membres du Gouvernement (c’est-à-dire la suppression des primes en liquide) un décret n° 2001-1147 du 5 décembre 2001 institue une indemnité pour sujétion à des personnels en service à la présidence de la République. Le texte très laconique de ce décret prévoit simplement que les personnels en service à la présidence, qu’ils soient titulaires ou non titulaires, peuvent percevoir une indemnité forfaitaire « destinée à rémunérer les sujétions particulières qu’ils supportent dans l’exercice de leurs fonctions ». L’autorité responsable de la fixation de cette indemnité, tant dans son montant que dans ses bénéficiaires, n’est pas explicitement déterminée. Il est simplement mentionné que « le montant des attributions individuelles est déterminé en fonction de l’importance des sujétions auxquelles est astreint le bénéficiaire ». On peut penser que le secrétaire général de la présidence, le directeur de cabinet du Président et le Président de la République lui-même constituent les ordonnateurs probables [67].
3 – La Garde républicaine
72[55] De manière semble-t-il inédite, la Garde républicaine de l’Élysée refuse de se mettre au garde-à-vous lors de la préparation d’une cérémonie. Cet acte serait la manifestation d’une certaine lassitude face à l’augmentation des missions et à l’enlisement des discussions sur l’application des 35 heures [68].
B – LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
73[56] L’arrêt rendu par la Cour de cassation en assemblée plénière, le 10 octobre 2001, précise de manière non équivoque le statut pénal du Président. Celui-ci est résumé par Le Monde dans une formule lapidaire, « Jacques Chirac, Président protégé, justiciable demain ». Dans son arrêt, l’assemblée plénière de la Cour de cassation énonce plusieurs éléments essentiels :
- « Les décisions (du Conseil constitutionnel) ne s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives et juridictionnelles qu’en ce qui concerne le texte soumis à l’examen du Conseil ». La Cour de cassation en déduit que la décision du Conseil constitutionnel du 22 janvier 1999 « n’a statué que sur la possibilité de déférer le Président de la République à la Cour pénale internationale pour y répondre des crimes de la compétence de cette Cour ». Il convient dès lors « aux juridictions de l’ordre judiciaire de déterminer si le Président de la République peut être entendu en qualité de témoin ou être poursuivi devant elles pour y répondre de toute autre infraction commise en dehors de ses fonctions »;
- se fondant sur l’article 3 et le titre II de la Constitution, en particulier (de manière implicite) son article 5, la Cour de cassation estime que l’article 68 (de la Constitution) doit être interprété en ce sens qu’ « étant élu directement par le peuple pour assurer notamment le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État, le Président de la République ne peut, pendant la durée de son mandat, être entendu comme témoin assisté ni être mis en examen, cité ou renvoyé pour une infraction quelconque devant une juridiction pénale de droit commun ». Il s’agit de manière explicite, d’une immunité temporaire limitée à la durée de son mandat ;
- en ce qui concerne la comparution en tant que témoin dans le cadre de l’article 5 du code de procédure pénale, la Cour de cassation estime qu’une telle comparution est laissée à l’appréciation du Président de la République dès lors que si l’on considérait cette comparution comme obligatoire, son non-respect serait susceptible d’être sanctionné sur le plan pénal, ce qui évidemment est contradictoire avec l’analyse rappelée dans l’alinéa ci-dessus ;
- à la différence du Conseil constitutionnel, la Cour de cassation considère que la Haute Cour de justice « n’est compétente que pour connaître les actes de haute trahison du Président de la République commis dans l’exercice de ses fonctions ». Elle interprète implicitement mais nécessairement comme étant liées les deux premières phrases de l’article 68. La Cour de cassation en déduit que « les poursuites pour tous les autres actes devant les juridictions pénales de droit commun ne peuvent être exercées pendant la durée du mandat présidentiel, la prescription de l’action publique étant alors suspendue », ce qui signifie en clair qu’à l’issue de son mandat, le Président de la République peut être entendu par le juge d’instruction et que toutes les mesures prévues par le code de procédure pénale peuvent être mises en œuvre. Dans ses conclusions, l’avocat général, M. Régis de Gouttes, explique sur ce point que la suspension de la prescription résulte « d’un obstacle de droit mettant la partie civile hors d’état d’agir et d’exercer ses droits du fait de la compétence exclusive de la Haute cour de justice ».
74[57] Dans l’ensemble, cette décision est bien accueillie dans la mesure où elle semble rigoureuse en droit et ne s’apparente pas à une irresponsabilité absolue ou à l’impossibilité indéfinie de poursuivre le Président de la République pour des faits antérieurs à son élection. Compte tenu de l’arrêt de la Cour de cassation, M. Arnaud Montebourg (député, PS ) retire immédiatement sa tentative de proposition visant à saisir la Haute Cour de justice de la situation de M.Jacques Chirac. Il estime que sa proposition est « devenue aujourd’hui sans utilité » puisque la République s’en remettra aux électeurs qui auront la lourde charge de conserver dans l’impunité ou d’envoyer au Palais de justice au mois de mai 2002 le Président de la République ». De manière quelque peu inhabituelle, le premier président de la Cour de cassation, M. Guy Canivet, est amené, le 12 octobre, à expliciter l’arrêt du 10 octobre, en déclarant sur Europe 1 : « La solution n’est pas excellente… c’est la moins mauvaise possible pour concilier les deux principes contradictoires… L’application de la loi pénale et la situation particulière du Président dans la Constitution ».
75[58] De manière assez logique, M. Louis Breisacher, dont le pourvoi vient d’être rejeté par la Cour de cassation, dépose, le 12 novembre, une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme fondée sur une atteinte à l’impartialité et à l’indépendance des juges (de la Cour de cassation) [69]. Indépendamment de l’interprétation de l’arrêt lui-même, l’une des questions fortement évoquées par la doctrine consiste à savoir quels sont les liens, positifs et négatifs, entre la décision du Conseil constitutionnel du 22 janvier 1999 et l’arrêt du 10 octobre 2001 [70].
III – LES FONCTIONS
A – LA COHABITATION
76[59] Il devient de plus en plus délicat de faire la part des choses entre ce qui relève des frictions institutionnelles normales et de la compétition en vue de la prochaine élection présidentielle. Les mois d’octobre, novembre et décembre 2001 sont ainsi marqués, au fil des articles de la presse, par la perpétuation d’un affrontement entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, malgré la gestion en commun de la crise internationale : une irritation probable du Premier ministre face à la primauté présidentielle consécutive aux attentats du 11 septembre et à la crise afghane ; l’incident feutré, le 11 octobre, à l’occasion du sommet francoespagnol de Perpignan; évidemment, des tensions implicites ou explicites à la suite de la publication du livre d’Olivier Schrameck, Matignon rive gauche [71]; l’intervention active du Président de la République dans la polémique sur les effets de la loi sur la présomption d’innocence, dite loi Guigou. À chaque occasion, on sent le Président de la République prompt à réagir et à profiter des failles du dispositif ou du discours du Premier ministre, tandis que celui-ci est obligé de concilier sa tâche de Premier ministre, le respect institutionnel qu’il doit au Président de la République et sa volonté de jouer à plein son rôle de pré-candidat [72].
B – LA POLITIQUE INTERNATIONALE
77[60] Il est évident que les trois derniers mois de l’année 2001 sont dominés par la crise afghane. Celle-ci donne l’occasion à M. Jacques Chirac d’affirmer publiquement la position de la France et de réaffirmer le rôle du président de la République en matière de politique et de défense étrangères. Lors de l’enclenchement des opérations militaires américaines, le Président Chirac intervient à la télévision le 7octobre pour réaffirmer que « la France mènerait avec les États-Unis ce combat dans lequel tous les hommes épris de liberté doivent s’engager avec détermination ». Le 4 novembre 2001, une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique permet de faire le point tandis qu’à l’occasion d’un nouveau voyage aux États-Unis, le 6 novembre, le Président de la République prend la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies et exprime au Président Bush la solidarité française.
78Le 7 novembre, à l’occasion d’une visite de travail du Président du Pakistan, M. Pervez Musharraf, le Président français fait part de l’accord entre la France et le Pakistan en vue de la réunion des pays donateurs, des pays limitrophes de l’Afghanistan et des grandes organisations dans le but d’accélérer la mise en œuvre d’un programme d’aide humanitaire. Le lendemain, un entretien avec M. Lkhdar Brahimi, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afghanistan, permet de réaffirmer la priorité absolue pour une solution pacifique et la prise en compte du drame humanitaire. Le 16 novembre, dans une nouvelle intervention télévisée, après la chute du régime des Talibans, le Président Jacques Chirac réaffirme son engagement en faveur de la démocratie, mais également la nécessité d’intensifier les efforts « pour réduire le fossé qui se creuse entre les pays qui bénéficient des fruits du développement et une part de l’humanité qui s’enfonce dans la pauvreté » [73].
79[61] Parmi les autres activités internationales du Président français, signalons, le 15 octobre, un discours à l’occasion de l’ouverture de la 31e conférence générale de l’UNESCO. M. Chirac y déclare qu’il ne faut pas craindre « d’affirmer l’existence d’une éthique universelle, celle qui inspire la déclaration universelle des droits de l’homme ». Face à ceux qui reprochent à ce discours sa connotation occidentale, le Président français ajoute : « Contrairement à ce que prétendent les ennemis de la liberté et les fanatiques de tous horizons, cette éthique n’est pas un modèle occidental qui serait une sorte de cheval de Troie de civilisations unies, elle est un humanisme, elle est de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les religions, car aucune religion ne s’est construite sur l’anéantissement des hommes, leur indifférenciation, leur refus de les voir accéder au beau et au bien. Plus que jamais nous devons la défendre, la faire vivre, assumer sa valeur universelle ». Une rencontre avec le Président brésilien Henrique Cardoso est évidemment l’occasion de saluer la grande amitié entre ces deux pays. Les 12 et 13 novembre, le président Jacques Chirac effectue une tournée éclair dans le monde arabe en se rendant en Égypte, dans les Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. A chaque étape, il évoque à la fois les perspectives (difficiles à imaginer) d’un apaisement des tensions dans le conflit israélo-palestinien et la nécessité de lutter contre le terrorisme et la nécessaire prise en compte de la nouvelle situation afghane [74].
80Le Président Jacques Chirac effectue les 1er et 2 décembre 2001 une tournée éclair et marathon dans les trois pays du Maghreb en se rendant successivement en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Il s’agit tout à la fois de poursuivre les discussions avec les responsables nationaux sur la lutte contre le terrorisme et de bien montrer qu’il ne s’agit pas d’assimiler celle-ci à une lutte contre l’Islam [75]. Les 7 et 8 décembre, le Président français se rend à Belgrade, en République fédérale de Yougoslavie, voyage qu’il devait effectuer au mois de septembre précédent, mais qui avait été reporté à la suite des attentats du 11 septembre. Il s’agit tout à la fois de soutenir les efforts du Président Kostunica, de souligner le rôle que la France souhaite jouer dans la péninsule balkanique et de rappeler la nécessité d’une collaboration avec le Tribunal pénal international de La Haye [76].
81[62] Sous quelle rubrique faut-il classer la cérémonie qui a lieu le 10décembre 2001 à l’Élysée à l’occasion de la remise par le Président de la République, des insignes de commandeur de la Légion d’honneur, d’une part, à Sa Sainteté Karékine II, patriarche suprême catholicos de tous les Arméniens, et à son Éminence l’archevêque Nacachian, délégué pour l’Europe du catholicossat de tous les Arméniens et prélat des Arméniens de Paris ? Cette cérémonie permet au Président de la République de se livrer à un bel exercice oratoire, culturel et spirituel, à propos de l’Église arménienne. Ne peut-on pas y voir également un léger clin d’œil à l’égard de la communauté française d’origine arménienne à quelques mois de l’élection présidentielle ? [77]
C – LA POLITIQUE EUROPÉENNE
82[63] Les mois de l’automne 2001 sont consacrés, comme d’habitude, à une forte activité européenne. Citons, sans être certain d’être exhaustif, la participation du Président de la République, le 4 octobre, à Montpellier, à une réunion consacrée à l’euro et à la clôture du Forum régional sur l’avenir de l’Europe, discours dans lesquels le président Chirac réaffirme son engagement européen. Le 11 octobre, il participe avec le Premier ministre au XIVe sommet francoespagnol, puis le 19 octobre, toujours avec le Premier ministre, à la réunion informelle des chefs d’États et de Gouvernements à Gand en Belgique, puis le 24 octobre, à Paris, toujours avec M. Jospin, à un dîner franco-allemand avant de se retrouver, également avec le Premier ministre, à Nantes, le 23 novembre, pour les 78e consultations franco-allemandes. A cette occasion, les gouvernements allemand et français réaffirment leur engagement dans la coalition antiterroriste et préparent leur position pour le sommet de Laeken quelques semaines plus tard. Le 27 novembre a lieu à Paris le traditionnel sommet annuel franco-italien, tandis que le 3 décembre, dans la perspective du sommet de Laeken, le Président Jacques Chirac reçoit à Paris le Premier ministre belge. À la suite du sommet de Laeken, le Président de la République et le Premier ministre tiennent une conférence de presse conjointe dans laquelle ils évoquent longuement la future convention sur l’avenir de l’Europe et sa présidence par M. Valéry Giscard d’Estaing. Le Président Chirac rappelle que « conformément à la ligne défendue par la France, cette déclaration (sur l’avenir de l’Europe) se place dans une perspective constitutionnelle » [78].
D - LA POLITIQUE INTÉRIEURE
83[64] A six mois de l’élection présidentielle, même si M. Jacques Chirac n’a pas explicitement confirmé sa candidature, ses déplacements et prises de parole en métropole, sauf circonstances très protocolaires (et encore !) doivent être lues et interprétées comme s’inscrivant dans une pré-campagne. On relève par exemple, à Toulouse le 13 octobre 2001, une visite à Airbus-industrie et une réunion de travail sur les conséquences de l’explosion de l’usine AZF; le 18 octobre en Aveyron, un discours très décentralisateur devant l’Assemblée des départements de France ; le 21 octobre à Angers, une intervention sur le thème de la politique familiale au Congrès des familles rurales ; une visite le 25 octobre, à la base aérienne 125 et à la mairie de Nîmes ; le 20 novembre 2001, un discours également très décentralisateur, devant le congrès de l’Association des maires de France ; le 26 novembre au Palais de l’Élysée, un discours à l’occasion de la remise du livre blanc de l’Association croissance plus ; le 4 décembre à Villepinte, une importante intervention sur le thème de l’écologie humaine à l’occasion du salon Pollutec ; une exaltation, le 11 décembre 2001, de la discipline militaire à l’occasion d’une visite à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et, le 18 décembre en Sorbonne, un discours à l’occasion du 40e anniversaire du Centre d’études spatiales [79]. Le 19 décembre 2001, le Président Jacques Chirac se rend devant le Conseil économique et social, à l’occasion d’une assemblée plénière consacrée à la liberté d’association. Au-delà de propos classiques sur ce thème, le Président de la République estime que « le Conseil économique et social doit prendre toute sa part dans le nouveau dialogue social en jouant pleinement son rôle d’éclaireur des pouvoirs publics sur les évolutions et les aspirations de notre société » [80].
E – LE DROIT DE GRÂCE
84[65] Début octobre, le Président de la République rejette pour la troisième fois le recours en grâce déposé par M. Maurice Papon à la suite de sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité [81].
§ 2 – LE GOUVERNEMENT
I – LES MINISTRES
A – COMPOSITION DU GOUVERNEMENT
85[66] Mme Michèle Demessine ayant préféré demeurer sénatrice, M. Jacques Brunhes (PC) est nommé à sa place secrétaire d’État au tourisme, le 23 octobre 2001 [82]. Deux décrets viennent préciser les attributions, d’une part du secrétaire d’État à la Défense chargé des anciens combattants, d’autre part, du secrétaire d’État au Tourisme [83].
B – STATUT DES MINISTRES
1 – Les ministres et la justice
86[67] Le Conseil des ministres du 14 novembre 2001 autorise le Premier ministre, M. Lionel Jospin, et le ministre des Affaires européennes, M. Pierre Moscovici, à témoigner en justice. Dans les deux cas, il s’agit de l’affaire dite Jean-Pierre Destrade, du nom de l’ancien député socialiste, lequel aurait facilité un système de financement politique par les groupes de la grande distribution commerciale [84]. Il faut rappeler que l’article 652 du code de procédure pénale prévoit que « le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement ne peuvent comparaître comme témoins qu’après autorisation du Conseil des ministres sur le rapport du garde des Sceaux, ministre de la Justice. Cette autorisation est donnée par décret. Les dispositions de cet article ne s’appliquent pas aux membres du Gouvernement entendus comme témoins assistés ».
87De manière inhabituelle, le 13 décembre 2001, M. Christian Pierret, secrétaire d’État à l’Industrie, porte plainte pour abus d’autorité contre le procureur de la République de Saint-Dié. Il estime qu’il est de la part de celui-ci l’objet d’une vindicte anormale et contraire au respect de la loi [85].
2 – Les ministres et les élections législatives de 2002
88[68] A la veille de Noël, il semble que 23 membres du gouvernement de M. Jospin aient l’intention d’être candidats aux élections législatives [86].
II – LE PREMIER MINISTRE
A – LA SITUATION PERSONNELLE
1 – L’audition par un juge d’instruction
89[69] Le 6 novembre 2001, un juge d’instruction de Pau fait savoir qu’il souhaite entendre M. Lionel Jospin, Premier ministre, en qualité de témoin dans l’affaire instruite depuis près de sept ans au sujet des opérations financières reprochées à l’ancien député PS, M. Jean-Pierre Destrade à propos d’un éventuel financement occulte du parti socialiste par les grands groupes de la distribution commerciale. Cette audition provoque évidemment une polémique qui n’est pas sans lien avec la situation pénale du Président Jacques Chirac. Après que le Conseil des ministres a donné son autorisation, en application de l’article 652 du code de procédure pénale, M. Jospin est très discrètement entendu par le juge d’instruction à son domicile, le 19 novembre. D’après des indiscrétions, il semble que « M. Jospin a affirmé au juge ne rien savoir d’un financement occulte du PS » [87].
2 – Le passé de M. Jospin
90[70] Un seul élément est à ajouter à la polémique sur le passé trotskiste de M. Lionel Jospin. M. Pierre Lambert, le dirigeant historique du Parti des travailleurs, indique, le 5 novembre, que « Lionel Jospin est entré au PS avec mon accord » [88].
B – LES ACTIVITÉS POLITIQUES
91[71] La perspective de l’élection présidentielle explique sans doute un certain nombre des prises de position tant en matière de politique intérieure que de politique internationale et une certaine tension grandissante dans les relations entre M. Jospin et M. Chirac. Au fil de ces trois mois, signalons une rencontre avec le Chancelier allemand, M. Gerhard Schröder, le 5 octobre, dans lequel les deux chefs de gouvernement, l’un et l’autre sociaux-démocrates, déclarent vouloir apporter des solutions à long terme à la lutte contre le terrorisme. Le 9 octobre, M. Jospin indique à propos de l’Afghanistan : « Je ne me laisserai pas entraîner dans un engrenage ». Les 22 et 23 octobre, le Premier ministre participe à Moscou au VIIe séminaire gouvernemental franco-russe et réaffirme sa volonté de lutter contre toutes les formes de terrorisme. Le 29octobre à Rennes, M. Jospin clôture les forums régionaux sur l’avenir de l’Europe et évoque la perspective d’une convention sur le processus constituant européen. Plus l’échéance de la fin 2001 approche, plus il paraît nécessaire de « casser l’image de la cohabitation » ce qui conduit le Premier ministre à revendiquer la responsabilité de l’État en matière de sécurité publique, sa détermination à lutter contre l’antisémitisme ou, à la fin de la période, à faire en sorte que les revendications sociales émanant du secteur public n’enflent pas trop, qu’il s’agisse des policiers, des gendarmes, des enseignants, des surveillants de prison, des postiers ou des internes. En même temps, la presse se fait l’écho de la manière dont le candidat probable prépare sa campagne ou organise sa future équipe opérationnelle [89].
92La publication du livre d’Olivier Schrameck donne lieu à une question de M. Georges Sarre (ancien ministre, RCV, MDC ) [90]. Le Premier ministre répond que « l’initiative de ce livre appartient à celui qui l’a écrit, de même que son contenu ». M. Jospin précise que « dans sa mission auprès d’un Premier ministre et d’un gouvernement, M. Schrameck agit à la fois comme un administratif et comme un politique » [91].
III – LA RÉFORME DE L’ÉTAT
A – LE RÉGIME INDEMNITAIRE DES HAUTS FONCTIONNAIRES
93[72] Dans le grand exercice de mise au net du régime indemnitaire des hauts fonctionnaires, il est intéressant de relever un décret n° 2001-1067 du 16 novembre 2001 instituant la nouvelle bonification indiciaire en faveur des personnels exerçant des responsabilités supérieures dans les services du Premier ministre. On peut désormais classer les niveaux hiérarchiques des personnes intéressées par rapport au nombre de points d’indices dont ils sont bénéficiaires au titre de cette nouvelle bonification indiciaire. À titre de référence, le secrétaire général du Gouvernement bénéficie de 200 points mensuels alors que le directeur général de la fonction publique ou le directeur au secrétariat général du Gouvernement ne disposent que de 180 points [92].
B – LES FONDS SPÉCIAUX
1 – La réforme de la loi de finances pour 2002
94[73] Le 19 octobre 2001, le premier président de la Cour des comptes, M.François Logerot, remet au Premier ministre, M. Lionel Jospin, le rapport que celui-ci lui avait demandé sur les fonds spéciaux. M. Logerot propose de faire une distinction dans les fonds spéciaux actuellement existants entre, d’une part, ceux qui servent à compléter les ressources des ministres et des membres des cabinets et, d’autre part, ceux qui véritablement sont affectés aux services assurant la sécurité intérieure et extérieure de la France. Pour les premiers, il est proposé d’instituer un régime officiel concernant les ministres et leurs collaborateurs, d’imputer ces rémunérations sur des chapitres budgétaires explicites et de soumettre ces compléments de rémunération au prélèvement fiscal de droit commun. Pour les crédits des services spéciaux, la notion de fonds spéciaux serait conservée avec, si nécessaire, un renforcement des contrôles a posteriori. Quelques jours plus tard, le gouvernement annonce qu’il suivra les conclusions du rapport Logerot et proposera dans le cadre de la loi de finances pour 2002 les mesures nécessaires [93].
95Les rapports budgétaires présentés tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat sont évidemment l’occasion de rappeler le régime antérieur des fonds spéciaux, notamment les dispositions de l’article 42 de la loi du 27 avril 1946 portant ouverture et annulation de crédits sur l’exercice de 1946 et d’évoquer les indispensables réformes [94]. Lors de la séance du 14 novembre 2001 à l’Assemblée nationale, le Gouvernement propose de réduire de 22 157 000 d’euros les crédits du chapitre 37-91 consacré aux fonds spéciaux afin de supprimer « les crédits qui ne sont pas liés à des actions de sécurité ». Ces crédits seront répartis sur d’autres chapitres budgétaires, en particulier à travers des amendements présentés lors de la deuxième délibération à la fin de la première lecture de la loi de finances pour 2002. Quelques instants plus tard, plusieurs amendements, dont l’un présenté par le Gouvernement, conduisent à créer une commission chargée de s’assurer que les crédits (ceux du chapitre 37-91) sont utilisés conformément à la destination qui leur a été assignée par la loi de finances [95].
96En fin de compte, la loi de finances pour 2002 contient, dans son article 154, la création de la commission en question. Celle-ci est chargée de s’assurer que les crédits sont utilisés conformément à la destination qui leur a été assignée par la loi de finances. Cette commission est composée de deux députés, deux sénateurs et deux membres de la Cour des comptes. Ses membres sont bien évidemment tenus au secret de la défense nationale, les travaux eux-mêmes étant secrets. Un rapport est remis sur les conditions d’emploi des crédits au Président de la République, au Premier ministre et aux présidents et rapporteurs généraux des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat chargées des finances [96].
2 – Le nouveau régime de rémunération des membres des cabinets ministériels
97[74] Pour mettre fin à la pratique des rémunérations officieuses et non imposables des membres des cabinets ministériels ou des collaborateurs des services ministériels directement impliqués dans le travail gouvernemental, un décret n° 2001-1148 du 5 décembre 2001 institue une indemnité pour sujétion particulière des personnels des cabinets ministériels. Il est indiqué que dans la limite des crédits ouverts à cet effet, trois catégories de personnels pourront recevoir une telle indemnité : en premier lieu, les membres du cabinet du Premier ministre ou des autres membres du Gouvernement; en deuxième lieu, les personnes qui assurent la protection des personnalités ou les services de sécurité, d’intendance ou de logistique liés à l’exercice de la fonction ministérielle; en troisième lieu, ceux qui participent, sous l’autorité du Premier ministre, à l’organisation du travail du gouvernement ou à la coordination de la communication gouvernementale. Cette indemnité est destinée à rémunérer les sujétions particulières supportées par les bénéficiaires. Le montant de ces indemnités, ainsi que le rythme de leur versement sont déterminés « en fonction de la nature et de l’importance des sujétions auxquelles est astreint le bénéficiaire » [97].
§ 3 – LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
98[75] Le 19 décembre, dans le cadre du centenaire de la loi de 1901 sur les associations, le Président de la République se rend au Conseil économique et social et, à l’invitation du président Jacques Dermagne, évoque à la fois la loi sur les associations et le rôle du Conseil économique et social [98].
99Le rapport parlementaire sur le Conseil économique et social permet de faire le bilan des activités du Conseil pour l’année 2000. Celui-ci a rendu 19 avis et études dont quatre sur saisine du gouvernement au titre de l’article 70 de la Constitution. Le rapport relève que depuis 1997 seules deux auditions de rapporteurs ont eu lieu en séance publique à l’Assemblée nationale [99].
SECTION III – LE PARLEMENT
§ 1 – L’INSTITUTION PARLEMENTAIRE
I – LES PARLEMENTAIRES
A – LA COMPOSITION DU PARLEMENT
1 – L’Assemblée nationale
a) La XIe législature
100[76] Le 1er octobre, l’Assemblée nationale prend acte de la démission de M.Jean-Pierre Delalande (député, RPR ). Comme cette démission intervient moins d’un an avant le renouvellement normal de l’Assemblée, il n’y a pas lieu de procéder à une élection partielle. Le 3 octobre, le président de l’Assemblée nationale prend acte de la cessation du mandat de M. Jacques Floch (député, PS ) devenu secrétaire d’État à la Défense, chargé des anciens combattants. Il est remplacé par M. Dominique Raimbourg ( PS ). Le 12 novembre 2001, le président de l’Assemblée nationale prend acte de la vacance des sièges des députés élus sénateurs. Il s’agit de MM. Jacques Blanc (ancien ministre, DL ), Didier Boulaud ( PS ), Yves Dauge ( PS ), Éric Doligé ( RPR ), Jean-Claude Étienne ( RPR ), André Labarrère (ancien ministre, PS ) et Louis Mermaz (ancien ministre, ancien président de l’Assemblée nationale, PS ). En raison du prochain renouvellement de l’Assemblée, il n’y a pas lieu de procéder à des élections partielles. M. André Angot (député, RPR ) décède le 19novembre 2001. Il est remplacé par Mme Marcelle Ramonet ( DL ). Le 26octobre, le président de l’Assemblée nationale prend acte du remplacement de M. Jacques Brunhes ( PC ) devenu secrétaire d’État au Tourisme, par M. Dominique Frelaut ( PC ) [100].
101[77] Le 26 décembre, le président de l’Assemblée nationale prend acte de la démission de M. François Léotard (ancien ministre, UDF ) [101]. La situation de M.François Léotard mérite un commentaire particulier. La lecture du Journal officiel permet en effet de constater que, par un arrêté du Premier ministre du 3décembre 2001, M. François Léotard, administrateur civil détaché, est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Par décret du 21 décembre 2001, l’intéressé est nommé inspecteur général des finances au tour extérieur, ce qui motive bien évidemment sa démission de l’Assemblée nationale. On relèvera l’original parcours de M. François Léotard qui, après l’École nationale d’administration (promotion 1973) et une carrière politique brillante, destinée selon certains à un avenir encore plus brillant, met un terme à celle-ci pour retrouver les grandeurs et les servitudes du service public à l’inspection générale des finances [102].
b) La préparation des élections de 2002
102[78] Le Conseil des ministres du 12 décembre 2001 fixe aux 9 et 16 juin les deux tours des élections législatives de juin 2002 [103].
103M. Paul Quilès (ancien ministre, député, PS ) propose de réduire à 400 le nombre des députés et d’élire 10 % d’entre eux à la représentation proportionnelle sur une liste nationale [104].
104La préparation des candidatures pour les élections législatives du printemps 2002 est difficile dans presque toutes les formations, en particulier à cause de la nouvelle obligation de la parité entre les candidats et les candidates [105].
2 – Le Sénat
a) La composition du Sénat
105[79] Le 9 octobre, le Sénat prend acte de la démission de M. Paul d’Ornano. Il est remplacé par M. Christian Cointat ( RPR ). Le 14 octobre, M. Martial Tougourdeau décède accidentellement. Il est remplacé par M. Joël Billard ( RI ). Le 2 décembre, M. Nicolas Alfonsi ( RDSE ) est élu sénateur de la Corse du Sud en remplacement de M. Louis-Ferdinand Rocca Serra ( DL ) déchu de son mandat parlementaire [106].
b) La sociologie du Sénat
106[80] À la suite du renouvellement triennal de septembre 2001, on relève les caractéristiques suivantes :
- la moyenne d’âge des sénateurs est désormais de 61 ans et non plus de 64 (contre 56,5 pour les députés) ;
- il y a désormais 35 femmes au Sénat, soit 10,9 % de l’effectif total alors qu’elles ne représentent à la même époque que 9,4 % des députés ;
- on constate que les nouveaux sénateurs sont en général déjà dotés de mandats électoraux. Parmi les nouveaux sénateurs, 68 % détenaient un mandat municipal, 40% un mandat départemental et 20% un mandat national [107].
B – LE STATUT DES PARLEMENTAIRES
1 – Les activités professionnelles
107[81] Le 18 décembre 2001, M. Bernard Roman (député, PS, président de la commission des lois) prête le serment d’avocat devant la cour d’appel de Douai et devient avocat au barreau de Lille [108].
2 – Les parlementaires en mission
108[82] Le 9 octobre 2001, M. Laurent Cathala (député, PS ) est nommé parlementaire en mission. Il en est de même, le 27 novembre 2001, pour M. Julien Dray (député, PS ) [109].
3 – Les parlementaires et la justice
a) L’article 26 de la Constitution
109[83] Le 15 octobre 2001 s’ouvre dans la cour d’assises du Bas-Rhin, le procès de M. Marc Dumoulin (député, RI ). Celui-ci est poursuivi pour viol sur mineur de moins de quinze ans par personne ayant autorité. Il est condamné à trois ans de prison ferme et à la privation de ses droits civiques. L’intéressé annonce son intention de faire appel. En raison des dispositions de l’article 26 de la Constitution, sa mise sous écrou est suspendue à la levée de son immunité parlementaire. Celle-ci est levée par le bureau de l’Assemblée nationale le 6 novembre 2001, l’intéressé se présentant de lui-même à la maison d’arrêt de Strasbourg le 12 novembre au matin pour y être incarcéré [110].
b) Les procédures
110[84] Le 1er octobre, M. Dominique Strauss-Kahn (député, ancien ministre, PS ) obtient un non-lieu dans l’affaire Elf à propos des salaires versés par le groupe pétrolier à son ancienne secrétaire en 1993. Quelques semaines plus tard, le 7 novembre, l’intéressé est relaxé par le tribunal correctionnel dans l’affaire de la MNEF. A cette occasion, le tribunal critique très sévèrement les conditions de l’enquête et l’attitude du Parquet. Il ne reste plus dès lors qu’une légère incertitude à propos de la mise en cause de M. Strauss-Kahn dans la disparition de la cassette de l’ancien financier occulte du RPR, Jean-Claude Méry [111].
111Le 8 octobre, M. Dominique Larifla (sénateur, PS ) est mis en examen pour faux, usage de faux et abus de confiance dans une affaire de vente de terrain communal.
112Le 8 octobre, M. Philippe Chaulet (député, RPR ) est mis en examen pour détournement de fonds publics, complicité de prise illégale d’intérêts et favoritisme dans les marchés publics.
113Le 8 novembre 2001, M. Gérard Longuet (ancien ministre, sénateur, RI ) est mis en examen pour recel de contrefaçon en raison de documents mis au point par sa société Avenir 55 [112].
114Le 21 décembre, le tribunal correctionnel de Bastia condamne M. José Rossi (ancien ministre, député, DL, président de l’Assemblée de Corse) à 150000 F d’amende pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics de transport scolaire. Dans cette même affaire, M. Louis-Ferdinand de Rocca Serra (ancien sénateur) est condamné à une amende de 1 000 000 F. Une autre affaire concernant, pour un objet similaire, M. Paul Natali (sénateur, RPR, ancien président du Conseil général de Haute-Corse) est jugée par le même tribunal à compter du 19 novembre 2001 [113].
4 – Les anciens parlementaires et la justice
115[85] Avec beaucoup de retard, la France saisit le Parlement européen, le 23 octobre, d’une demande de levée d’immunité parlementaire de M. Charles Pasqua (ancien ministre, ancien sénateur RPF ) dans l’affaire sur les ventes d’armes vers l’Angola et le financement du Rassemblement pour la France [114].
II – LES ASSEMBLÉES
A - LES INSTANCES
1 – À l’Assemblée nationale
116[86] Le 2 octobre 2001, Mme Marie-Hélène Aubert ( RCV, Verts) est élue vice-présidente de l’Assemblée nationale en remplacement de M. Yves Cochet devenu membre du Gouvernement [115].
2 – Au Sénat
a) Le président
117[87] De manière très facile, M. Christian Poncelet est réélu, le 1er octobre, président du Sénat par 201 voix contre 105 à son concurrent socialiste, M. Claude Estier. Dans la courte allocution qu’il prononce immédiatement après sa réélection, M. Christian Poncelet estime que « le bicamérisme constitue la forme la plus achevée de la démocratie représentative. Oui, le Sénat est un pouvoir indispensable à l’équilibre de nos institutions » [116].
b) Le bureau
118[88] À la suite du renouvellement triennal du Sénat, les vice-présidents sont désormais M. Daniel Hoeffel (ancien ministre, UC ), M. Jean-Claude Gaudin (ancien ministre, RI ), M. Serge Vinçon ( RPR ), M. Adrien Gouteyron ( RPR ), M. Bernard Angels ( PS ), M. Guy Fischer ( PC ). En ce qui concerne les questeurs, sont désignés à cette fonction M. Serge Mathieu ( RI ), M. Jean Faure (ancien vice-président du Sénat, UC ) et M. Michel Charasse (ancien ministre, PS ). Cette dernière désignation fait l’objet d’appréciations diverses au sein de la famille socialiste [117].
119Dans une proposition de résolution, M. Michel Dreyfus-Schmidt et les membres du groupe socialiste, proposent de modifier l’article 61 du règlement du Sénat pour prévoir un passage obligatoire par l’isoloir lors des nominations effectuées par le Sénat [118].
c) Les commissions
120[89] Le 4 octobre, les commissions du Sénat désignent leurs bureaux et leurs présidents :
- Commission des affaires culturelles : M. Jacques Valade (ancien ministre, RPR );
- Affaires économiques : M. Gérard Larcher ( RPR );
- Affaires étrangères : M. Xavier de Villepin ( UC );
- Affaires sociales : M. Nicolas About ( RI );
- Finances : M. Alain Lambert ( UC ) et M. Philippe Marini ( RPR ) comme rapporteur général ;
- Lois : M. René Garrec ( RI ).
121M. René Garrec ( DL ), nouveau président de la commission des lois devient également président de la commission spéciale du Sénat sur la Corse [119].
122La commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes est présidée par M. Jacques Odin ( RPR ) [120].
B – LES ACTIVITÉS INTERNATIONALES
123[90] Le 30 octobre 2001, en séance solennelle, l’Assemblée nationale reçoit M. Henrique Cardoso, Président de la République fédérative du Brésil. Dès ses premiers mots, le Président Cardoso fait l’éloge du « pouvoir neutre » de Benjamin Constant et rappelle l’attachement du Brésil à la philosophie positiviste d’Auguste Comte. Dans une allocution riche de références culturelles relatives aux relations entre la France et le Brésil, le Président Cardoso passe en revue tous les grands sujets du moment, qu’il s’agisse du terrorisme, des relations entre le Mercosud et l’Union européenne ou la démocratisation des mécanismes de prises de décision dans le système des Nations Unies [121].
C – LA COMMUNICATION DU PARLEMENT
1 – Les chaînes parlementaires
124[91] Une somme de 14 635 205 euros est inscrite au budget 2002 pour la chaîne parlementaire commune à l’Assemblée nationale et au Sénat [122]. Le coût de la chaîne parlementaire de l’Assemblée nationale (LCP-AN) et semble-t-il, sa faible audience, font l’objet de critiques de la part des députés de l’opposition. De manière plus feutrée, la chaîne du Sénat (Public-Sénat) fait également l’objet d’appréciations très nuancées [123].
2 – Les expositions
125[92] Le 20e anniversaire de l’abolition de la peine de mort (loi du 9 octobre 1981) est célébré dans les deux assemblées par des expositions. À l’Assemblée nationale une exposition sur le thème « 1981, une grande loi de la République : l’abolition de la peine de mort » retrace le long combat de tous ceux qui, depuis 1791, ont œuvré pour cette abolition. Le fait que M. Raymond Forni, rapporteur du projet de loi en 1981, soit devenu président de l’Assemblée nationale donne un relief particulier à cette opération. De manière très significative sa dernière séquence est intitulée « Le combat continue », les précédentes étant consacrées à « La peine de mort est abolie », « Des grandes voix contre la peine de mort », « Deux siècles de débat à l’Assemblée nationale », « La peine de mort en Procès » et « 17 et 18 septembre 1981 : les députés se déterminent » [124]. Au Sénat une autre exposition « 20e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France » présente, sur un mode moins épique et plus traditionnel les grands moments de l’histoire de la peine de mort en France, les travaux préparatoires et les débats de la loi du 9 octobre 1981 et un état actuel de la peine de mort dans le monde [125]. Les deux expositions rendent un vibrant hommage à M. Robert Badinter, garde des Sceaux, ministre de la Justice, en 1981, sans qui l’abolition n’aurait pas connu un parcours aussi rapide après l’alternance de 1981 [126].
D – LA GESTION FINANCIÈRE ET ADMINISTRATIVE
1 – le budget des assemblées
a) L’Assemblée nationale
126[93] Le bureau de l’Assemblée nationale abandonne, le 17 octobre, à compter du début de la XIIe législature, l’usage de versement de primes et de certaines avances sur indemnité en espèces. Désormais, tous ces mouvements financiers seront effectués par virement bancaire [127].
127Il est attribué à l’Assemblée nationale, pour l’exercice 2002, une somme de 467104557 euros [128].
128[94] Le rapport de M. Didier Mathus (député, PS ) au nom de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes, permet de mieux connaître les comptes de l’Assemblée nationale pour l’exercice 2000. Les comptes définitifs s’établissent de la manière suivante : le budget total de 2,97 milliards de francs a été réparti en 2,84 milliards pour les crédits de fonctionnement et 131,7 millions pour les crédits d’investissement. On constate donc que les crédits de fonctionnement présentent 95,6 % du budget et les crédits d’investissement seulement 4,4%. Les charges parlementaires, c’est-à-dire celles liées aux députés (indemnités, prestations annexes, collaborateurs…) représentent 55 % des charges de fonctionnement, tandis que celles liées aux dépenses des personnels de l’Assemblée nationale représentent 34 % [129].
129Grâce à l’obligeance de M. Hervé Message, directeur du service des affaires financières de l’Assemblée nationale, je précise aux fidèles lecteurs de cette Chronique que le rapport relatif au budget du Parlement prévu par l’article 7 de l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 est annexé au projet de loi de finances depuis la loi de finance pour 1984 et que le rapport de la commission chargée de vérifier et d’apurer les comptes de l’Assemblée nationale est publié depuis 1995, le premier exercice concerné étant celui de 1993.
b) Le Sénat
130[95] Au titre de 2002, le Sénat est doté, d’une part, de 261 740 300 euros pour ses activités classiques et, d’autre part, de 13 505 300 euros pour le jardin et le musée du Luxembourg [130].
2 – Le jardin du Luxembourg
131[96] Comme on le sait, le jardin du Luxembourg appartient au Sénat et non à la ville de Paris ou à l’État. Cette situation – qui permet à cette occasion de complimenter les jardiniers du Sénat pour la magnificence des parterres fleuris et la qualité de l’entretien du jardin – a donné naissance à l’article 14 de la loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne. Celui-ci énonce désormais : « Le règlement du jardin du Luxembourg établi par le président et les questeurs du Sénat a force d’arrêté de police. Il fait l’objet d’une publication. Les surveillants du jardin du Luxembourg sont autorisés à constater par procès-verbaux les infractions aux dispositions de ce règlement. Ils doivent être agréés par le procureur de la République et assermentés. A cet effet, ils sont habilités à relever l’identité des contrevenants dans les conditions prévues à l’article 78-6 du code de procédure pénale ». Cet article est issu d’un amendement présenté par les trois questeurs du Sénat. Il a pour effet de reconnaître aux surveillants du jardin du Luxembourg les mêmes prérogatives que celles qui ont été conférées par la loi du 15 avril 1999 relatives aux polices municipales aux personnes chargées de la surveillance des parcs et jardins de la ville de Paris [131].
III – LE TRAVAIL PARLEMENTAIRE
A – LE RÔLE DU SÉNAT
132[97] Le 1er octobre 2001, à la suite du renouvellement triennal du Sénat, la traditionnelle allocution du doyen est prononcée par Mme Paulette Brisepierre ( RPR ). C’est la première fois qu’une femme est la doyenne d’une des deux assemblées et préside à ce titre la séance d’ouverture de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Mme Brisepierre indique qu’elle « savoure donc totalement ce temps fort de sa vie parlementaire. C’est un vrai bonheur pour moi de le partager avec ceux que j’aime le plus au monde, mes enfants et petits-enfants, et quelques merveilleux amis qui m’ont aidée ou soutenue dans des moments particulièrement difficiles de ma vie et dont certains sont présents aujourd’hui dans les tribunes ou dans l’hémicycle ». En tant que sénatrice représentant les Français de l’étranger, Mme Brisepierre consacre une part significative de son allocution à l’ouverture du Sénat sur le monde et, pour le reste, évoque le rôle que doit jouer le Sénat : « Le Sénat incarne chaque jour davantage la modernité » [132].
133[98] Le 16 octobre 2001, le président Christian Poncelet prononce la traditionnelle allocution d’un président élu ou réélu. Faisant le bilan de l’action de son premier mandat, il évoque en premier lieu la vocation constitutionnelle du Sénat comme représentant des collectivités territoriales de la République et insiste évidemment sur la nécessité de mieux faire connaître l’action de cette assemblée. On remarquera que le président du Sénat estime que « le Sénat s’honorerait en prenant lui-même l’initiative d’une réélection à six ans de la durée du mandat de ses membres ». D’une façon générale, il s’agit d’adopter une attitude sereine et offensive pour donner un second souffle à la rénovation du Sénat afin de conforter sa crédibilité et d’asseoir sa légitimité [133].
B – L’ORGANISATION DU TRAVAIL PARLEMENTAIRE
1 – les sessions
134[99] Le 11 décembre 2001, le président de l’Assemblée nationale décide, dans la perspective de l’élection présidentielle et des élections législatives, que l’Assemblée nationale suspendra ses travaux le 22 février 2002. Le Sénat prend une décision identique le 13 décembre 2001 [134].
2 – l’ordre du jour
a) L’ordre du jour prévisionnel
135[100] Début octobre, comme de coutume, le Gouvernement communique aux deux assemblées l’ordre du jour prévisionnel qui couvre la période octobre 2001-février 2002 [135].
b) L’article 48, alinéa : l’ordre du jour réservé
136[101] Le 11 octobre, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi de l’opposition sur la protection des mineurs. Comme cela arrive fréquemment, l’Assemblée décide de ne pas passer à la discussion des articles [136].
137Le 25 octobre 2001, le Sénat procède à la discussion d’une question orale européenne avec débat sur les instruments de l’Union européenne nécessaires à une lutte efficace contre le terrorisme et à une sur le renforcement des mesures de sécurité autour des sites Seveso [137].
138Le 29 novembre 2001, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi de l’opposition sur la lutte contre l’impunité des auteurs d’infractions. Par scrutin, l’Assemblée décide de ne pas passer à la discussion des articles [138].
139Le 13 décembre 2001, l’Assemblée nationale commence le matin la discussion d’une proposition de loi de plusieurs groupes de l’opposition relative à l’indemnisation des handicaps congénitaux (question liée à l’arrêt de l’assemblée plénière de la Cour de cassation du 17 novembre 2000, arrêt Perruche). Comme la discussion, très riche, n’est pas terminée à la fin de la séance de la matinée, le Gouvernement indique en début d’après-midi, par la voix de M. Jean-Jacques Queyranne, ministre des Relations avec le Parlement, qu’il s’engage à ce que la suite du débat sur cette proposition ait lieu au mois de janvier dans le cadre de l’ordre du jour prioritaire [139].
3 – Les éloges et hommages
140[102] Les événements liés aux attentats du 11 septembre 2001 donnent évidemment lieu à des hommages et des communications dans les deux assemblées. Le 1er octobre, le président Raymond Forni donne lecture du télégramme qu’il a adressé dès le 11 septembre à son collègue M. Denis Hastert, président de la Chambre des représentants des États-Unis, tandis que le lendemain, il rend hommage aux victimes de la catastrophe de Toulouse du 21 septembre 2001. Le 9 octobre, le vice-président du Sénat qui préside la séance évoque la situation internationale, en particulier en Afghanistan, et fait part de la solidarité du Sénat dans la lutte contre le terrorisme. Toujours au Sénat, le 13 novembre 2001, un hommage aux victimes des catastrophes d’Alger et de New York est rendu, tandis que le 11 décembre, à l’Assemblée nationale, le président Raymond Forni et le Premier ministre, M. Lionel Jospin, s’associent à la mémoire de ceux qui ont péri dans les attentats du 11 septembre, trois mois pus tôt [140].
4 – Les rappels au règlement
141[103] Parmi les nombreux rappels au règlement, signalons les suivants : celui, le 25 octobre 2001, de Mme Jacqueline Fraysse (députée, PC ) sur des revendications syndicales ; celui, le 26 octobre, de M. Bernard Accoyer (député, RPR ) à propos du fait que l’ouverture de la séance est retardée en raison de l’absence du Gouvernement et que, d’autre part, aucun député de la majorité n’est dans l’hémicycle, hormis le rapporteur ; celui, le 6 décembre 2001, de M. Jean-Pierre Foucher (député, UDF ) à propos d’une fin de séance liée à l’emploi du temps du membre du Gouvernement compétent ; celui, le 19 décembre 2001, de M. Nicolas About (sénateur, RI ) sur les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel censurant partiellement la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002 [141].
5 – Les votes
142[104] Signalons une légère contestation à propos des résultats d’un vote le 19novembre 2001. Le décompte des bras levés peut donner lieu à quelques incertitudes [142].
143Signalons, le 18 décembre 2001, lors du vote en dernière lecture de la loi sur la Corse, une situation assez rare qui conduit le président de l’Assemblée nationale, après décision du bureau, à recommencer un vote, le premier n’ayant, semble-t-il, pas duré assez longtemps pour que tous les députés puissent voter [143].
§ 2 – LES FONCTIONS PARLEMENTAIRES
I – LA LOI
A – LE CONTENU DE LA LOI
1 – Le respect des principes et objectifs de valeur constitutionnelle
a) Domaine de la loi et domaine du règlement
144[105] Dans sa décision n°2001-451 DC du 27 novembre 2001, le Conseil constitutionnel définit de manière précise la frontière entre le domaine législatif et le domaine réglementaire en ce qui concerne les principes fondamentaux de la sécurité sociale : « Il appartient en particulier au législateur de déterminer les éléments de l’assiette des cotisations sociales, les catégories de personnes assujetties à l’obligation de cotiser, ainsi que les catégories de prestations que comporte le régime en cause. En revanche, ressortissent à la compétence du pouvoir réglementaire les modalités d’application de ces principes, à condition de ne pas en dénaturer la portée ». Ceci confirme que le montant des cotisations relève du domaine réglementaire.
b) L’article 21 de la Constitution
145[106] Dans sa décision n° 2001-451 DC du 27 novembre 2001, le Conseil constitutionnel reprend son considérant de principe sur la mise en œuvre de l’article 21 de la Constitution : « Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le législateur confie à une autorité de l’État autre que le Premier ministre le soin de fixer des normes permettant de mettre en œuvre une loi, à la condition que cette habilitation ne concerne que des mesures de portée limitée tant par leur champ d’application que par leur contenu » [144].
c) Le principe d’égalité
146[107] Un cas intéressant où le principe d’égalité peut couvrir l’inconstitutionnalité est fourni par l’article 30 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002 [145]. Normalement, le III de cet article, qui modifie la définition des ressources des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie hébergés en établissements prises en compte pour le calcul de cette allocation, devrait être déclaré contraire à la Constitution comme n’ayant pas sa place dans une loi de financement de la sécurité sociale. Le Conseil constitutionnel considère néanmoins que « la déclaration de non-conformité aurait pour effet de faire subsister dans la législation en vigueur une erreur matérielle conduisant à une disparité de traitement contraire dans le cas d’espèce au principe d’égalité entre les allocataires… Cette disposition étant ainsi dictée par la nécessité de respecter la Constitution, il n’y a pas lieu de la déclarer contraire à celle-ci ».
d) L’intelligibilité de la loi
147[108] L’objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité de la loi est de plus en plus fréquemment invoqué par les requérants. Dans la décision n° 2001-453 DC du 18 décembre 2001, le Conseil constitutionnel considère que la loi de financement pour la sécurité sociale pour 2002 ne contrevient pas à cet objectif, par exemple « qu’elle énonce de façon précise les nouvelles règles de financement qu’elle instaure » ou que les transferts financiers qu’elle prévoit « sont précisément définis » [146].
e) La sincérité de la loi
148[109] À propos de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002, le Conseil constitutionnel estime « qu’il ne ressort pas des éléments fournis au Conseil constitutionnel que les prévisions de recettes et les objectifs de dépenses présentés pour 2002 soient entachés d’une erreur manifeste compte tenu des aléas inhérents à leur évaluation et des incertitudes particulières relatives à l’évolution de l’économie en 2002 » [147].
f) Rétroactivité et non-rétroactivité de la loi
149[110] Dans sa décision sur la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002, le Conseil constitutionnel confirme sa jurisprudence sur la rétroactivité et la non-rétroactivité des lois : « Le principe de non-rétroactivité des lois n’a de valeur constitutionnelle, en vertu de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’en matière répressive ; si dans les autres matières, le législateur a la faculté d’adopter des dispositions rétroactives, il ne peut le faire qu’en considération d’un motif d’intérêt général suffisant et sous réserve de ne pas priver de garantie légale des exigences constitutionnelles ». En l’espèce, la disparition d’une créance sur l’État détenue par les régimes de sécurité sociale et destinée à financer la réduction du temps de travail ne constitue pas un motif d’intérêt général suffisant pour remettre en cause rétroactivement les résultats d’un exercice clos. En conséquence, cet article est déclaré contraire à la Constitution. g) Saisine et non-saisine du Conseil constitutionnel
150[111] Le 15 novembre 2001, est promulguée la loi n° 2001-1062 relative à la sécurité quotidienne. Par rapport au texte initial, cette loi contient un chapitre V intitulé « Dispositions renforçant la lutte contre le terrorisme » dont les principales caractéristiques consistent à renforcer les moyens des autorités de police et de justice en adoptant des mesures beaucoup plus restrictives en matière de libertés publiques et en fixant un délai maximum pour ces dispositions dérogatoires puisqu’elles ne sont valables que jusqu’au 31 décembre 2003. On relèvera que ces dispositions, qui contiennent par nature – et sans doute pour de bonnes raisons liées aux attentats du 11 septembre à New York – des restrictions aux droits fondamentaux, n’ont pas été soumises au Conseil constitutionnel. Cette non-saisine résulte semble-t-il d’un accord politique entre le Gouvernement, le Président de la République et l’opposition [148].
2 – Les propositions de loi
151[112] Le 27 novembre, l’Assemblée nationale commence la discussion d’une proposition de loi communiste sur la retraite à taux plein pour les salariés ayant cotisé quarante annuités avant d’atteindre l’âge de soixante ans. Le Gouvernement oppose l’article 40 de la Constitution. La procédure législative est donc suspendue. Elle ne sera pas reprise [149].
152Le fait qu’une proposition de loi ait un objet comparable à celui d’un projet de loi antérieur et qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour réservé de l’article 48, alinéa 3 de la Constitution, ne constitue pas, selon le Conseil constitutionnel, un détournement de procédure, même si d’un point de vue politique, il s’agit « d’une fausse proposition de loi » [150].
153Le 13 décembre 2001, le Sénat examine une proposition de loi des sénateurs d’Alsace et de Moselle relative à l’adaptation du livre foncier en Alsace-Moselle [151].
3 – L’article 38 de la Constitution
154[113] Le 5 novembre 2001 est promulguée la loi n° 2001-1011 portant ratification de l’ordonnance n° 2000-273 du 28 mars 2001 transposant certaines dispositions de la directive du 17 juin 1999 relative à la taxation des poids lourds et réformant le régime d’exploitation de certaines sociétés concessionnaires d’autoroutes. L’article 1er de cette loi porte ratification de l’ordonnance tandis que l’article 2 comporte une modification de l’article 2 de ladite ordonnance [152]. Le Gouvernement dépose devant le Sénat, le 16 octobre 2001, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n° 2001-670 du 25 juillet 2001 portant adaptation au droit communautaire du code de la propriété intellectuelle et du code des postes et télécommunications. Il dépose, le 24octobre2001, toujours devant le Sénat, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2001-767 du 29 août 2001 portant transposition de la directive du Parlement européen et du Conseil du 27 octobre 1998 sur la surveillance complémentaire des entreprises d’assurances faisant partie d’un groupe d’assurances et modifiant le code de la sécurité sociale et le code de la mutualité. Le 25 octobre, est déposé le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n° 2001-741 du 23 août 2001 portant transposition de directives communautaires et adaptation au droit communautaire en matière de droit de la consommation [153].
B – LA PROCÉDURE LÉGISLATIVE
1 – Les lois de finances
a) La loi organique du 1er août 2001
155[114] Le Journal officiel du 7 novembre 2001 contient un rectificatif à la loi organique du 1er au 2 août 2001 relative aux lois de finances [154]. Il en est de même pour un second, avec beaucoup de retard, au JO du 29 novembre 2001 [155].
b) La loi de finances pour 2002
156[115] La procédure d’examen à l’Assemblée nationale en commission élargie concerne les budgets des affaires étrangères et de la coopération, du logement, de la justice, de la jeunesse et des sports, de la recherche, de la culture, de l’économie et des finances ainsi que du commerce extérieur [156].
157La première partie de la loi de finances pour 2002 est adoptée à l’Assemblée nationale le 23 octobre 2001 par 265 voix contre 246 [157]. Le vote en première lecture de la loi de finances pour 2002 a lieu avec l’utilisation du vote bloqué de l’article 44, alinéa 3 de la Constitution le 20 novembre 2001. Le projet est adopté par 297 voix contre 245 [158].
158En ouvrant la discussion générale de la loi de finances pour 2002, le 22 novembre 2001, le président du Sénat, M. Christian Poncelet, fait part des aménagements qui ont été adoptés dans l’attente de l’application de la nouvelle loi organique du 1er août 2001. Il s’agit en particulier d’accélérer les échanges entre les sénateurs et le Gouvernement par un jeu de questions-réponses [159].
159Le Sénat adopte, le 11 décembre, un texte très modifié de la loi de finances pour 2002 par 204 voix contre 112 [160]. Le vote final sur la loi de finances pour 2002 a lieu à main levée à l’Assemblée nationale le 19 décembre [161].
160Trois articles d’importance mineure sont déclarés par le Conseil constitutionnel comme ayant la nature de cavaliers budgétaires dans la loi de finances pour 2002.
c) Le nouveau rapport sur les crédits des pouvoirs publics
161[116] En application de l’article 115 de la loi de finances pour 2002, un rapport expliquant les crédits demandés par chacun des pouvoirs publics sera désormais joint au projet de loi de finances de l’année. De même, sera désormais joint à la loi de règlement un rapport explicatif relatif à l’utilisation de ces crédits. Si l’on se réfère à la traditionnelle liste fournie au titre II de la loi de finances, les pouvoirs publics suivants sont concernés : le Président de la République et la présidence, l’Assemblée nationale, le Sénat, le Conseil constitutionnel, la Haute Cour de justice et la Cour de justice de la République. Cette disposition devra être interprétée compte tenu des réserves énoncées par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2001-456 DC relatives à l’autonomie financière de chacun des pouvoirs publics, laquelle garantit la séparation des pouvoirs. On rappellera qu’il existe depuis la loi de finances pour 1982 une annexe au projet de loi de finances retraçant les crédits demandés par les assemblées parlementaires et que depuis le début de la XIe législature, le rapport de la commission de contrôle des comptes de l’Assemblée nationale est également publié [162].
2 – Les lois de financement de la sécurité sociale
162[117] La loi de financement de la sécurité sociale pour 2002 est adoptée en lecture définitive par l’Assemblée nationale le 4 décembre 2001 par 271 voix contre 255 [163].
3 – Le droit d’amendement
163[118] Le 25 octobre, M. Bernard Accoyer (député, RPR ) s’étonne des procédés utilisés en matière d’applicabilité de l’article 40. Il estime que « la commission des finances s’érige en censeur des amendements déposés par l’opposition… Selon l’identité des auteurs des amendements, elle prononce ou ne prononce pas l’irrecevabilité au titre de l’article 40 de la Constitution » [164]. Le 27 novembre, le Gouvernement oppose l’article 40 de la Constitution à une proposition de loi du Groupe communiste relative aux retraites. La discussion est par conséquent suspendue [165].
164De manière désormais classique, le Conseil constitutionnel déclare contraire à la Constitution, dans la loi de finances rectificative pour 2001, un article issu d’un amendement adopté après l’échec de la commission mixte paritaire au motif qu’il n’est pas en relation directe avec aucune des dispositions du texte et qu’il n’est pas dicté par la nécessité de respecter la Constitution [166]. En outre quatre articles sont invalidés comme constituant des cavaliers budgétaires. Il déclare également contraires à la Constitution un certain nombre d’articles de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002 au motif qu’ils sont étrangers au domaine des lois de financement de la sécurité sociale [167].
II – LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
A – LES DÉCLARATIONS DU GOUVERNEMENT
165[119] Le 3 octobre, le Gouvernement prononce à l’Assemblée nationale une déclaration sur la situation consécutive aux attentats perpétrés le 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique. On remarque qu’à la suite de la déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, prennent successivement la parole M.Robert Hue ( PC ), M. Valéry Giscard d’Estaing ( UDF ), M. Jean-Marc Ayrault ( PS ), M. Édouard Balladur ( RPR ), M. Jean-Pierre Chevènement ( MDC ), M. Jean-François Mattei ( DL ) et M. Philippe de Villiers ( NI ) [168]. Quelques jours plus tard, les députés verts et communistes réclament un nouveau débat assorti d’un vote sur l’engagement de la France aux côtés des États-Unis, le président de l’Assemblée nationale, M. Raymond Forni, écartant pour sa part une telle procédure [169].
166Une nouvelle déclaration du Gouvernement sur la situation en Afghanistan a lieu le 21 novembre 2001 [170].
167On remarquera que le Gouvernement n’a procédé au Sénat à aucune déclaration sur les suites des attentats du 11 septembre 2001.
B – LES COMMISSIONS ET MISSIONS
1 – Les commissions d’enquête
168[120] Le 17 octobre 2001, l’Assemblée nationale crée une commission d’enquête sur la sûreté des installations industrielles et des centres de recherche et sur la protection des personnes et de l’environnement en cas d’accident industriel majeur. Cette commission fait évidemment suite à l’explosion de l’usine AZF de Toulouse [171].
2 – Les missions d’information
169[121] Le 29 novembre le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur les massacres de Srebrenica en juillet 1995 est rendu public. Ce très important rapport, préparé par MM. René André (député, RPR ) et François Lamy (député, PS ) constitue un document historique de première importance. Tout en s’interrogeant sur les causes et les mécanismes qui ont conduit à la disparition de 7 000 personnes musulmanes tuées par les forces serbes, il permet d’entrer dans le détail d’une opération militaire internationale, d’en comprendre les cheminements ainsi que les extrêmes difficultés. Dans l’ensemble, les députés concluent à un échec international et plus particulièrement à un échec de la France [172].
3 – Les rapports au Gouvernement
170[122] Le 19 décembre 2001, M. Julien Dray (député, PS ) remet au Premier ministre ses propositions relatives à l’ajustement de la loi du 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence. Il envisage une série d’adaptations rapides pour faciliter le travail des policiers et des gendarmes [173].
4 – L’évaluation des politiques publiques
171[123] Au titre de l’évaluation des politiques publiques, signalons le rapport de MM. Patrick Bloche et Jean-Pierre Michel (députés, PS, MDC ) sur l’application de la loi du 15 novembre 1999 relative au pacte civil de solidarité, le rapport de Mme Christine Lazerges (députée, PS ) sur l’évaluation de la loi du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d’innocence et le droit des victimes et le rapport de M. Alain Barrau (président de la délégation de l’Assemblée nationale [174] pour l’Union européenne, PS ) sur la lutte contre le terrorisme. Signalons, au Sénat, le rapport de M. Robert Del Picchia ( RPR ) sur l’accès aux origines des personnes adoptées pupilles de l’État et le rapport de M.Joël Bourdin, au nom de la délégation du Sénat pour la planification, sur l’information économique en France [175]. Signalons également le très intéressant rapport de M. Yves Tavernier (député, PS ) sur les activités du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale [176].
C – LES QUESTIONS
172[124] Le 2 octobre 2001, M. Rudy Salles (député, UDF ) interroge le ministre de l’Éducation nationale sur le fait que les établissements d’enseignement français à Jérusalem sont répertoriés sous la rubrique Jérusalem et non sous celle d’Israël. En réponse, M. Jean-Luc Mélanchon, ministre délégué à l’enseignement professionnel, indique que cette présentation est conforme à la position de la France sur la question du statut de Jérusalem [177].
173En répondant, le 24 octobre 2001, à une question de Mme Marie-Jo Zimmermann (députée, RPR ) sur l’insécurité, le Premier ministre commet un lapsus en s’adressant à « Monsieur le député », ce qui provoque évidemment de vives exclamations M. Lionel Jospin présente immédiatement ses regrets et ses hommages à l’intéressée [178].
174Le 25 octobre 2001, le Sénat discute d’une question orale européenne avec débat sur les instruments de l’Union européenne nécessaires à une lutte efficace contre le terrorisme [179].
D – LES OFFICES ET DÉLÉGATIONS PARLEMENTAIRES
175[125] Le 21 novembre 2001, la délégation à l’aménagement du développement durable du territoire de l’Assemblée nationale publie, sous la signature de M. Philippe Duron ( PS ), un rapport sur la création d’un nouvel aéroport à vocation internationale [180].
176Le 5 décembre 2001, l’Office parlementaire d’évaluation de la législation publie, sous la signature de M. Jean-Jacques Hyest (sénateur, UC ), un rapport sur la législation applicable en matière de prévention et de traitement des difficultés des entreprises. Ce rapport publié fin 2001 résulte d’une saisine effectuée par le président de la commission des lois du Sénat au début de 1998. Il s’appuie sur un rapport d’expertise confié à un collège de trois personnes : un magistrat, un professeur d’université et un juge consulaire [181]. Ce même office publie le 20 décembre 2001 deux rapports : le premier sous la signature de M.Alain Claeys (député, PS ) sur la brevetabilité du vivant ; le second sous la signature de MM.Pierre Laffitte et René Trégouët (sénateurs, RDSE, RPR ) sur les conséquences de l’évaluation scientifique et technique dans le secteur des télécommunications [182].
E – LES RELATIONS AVEC LA COUR DES COMPTES
177[126] Dans une proposition de loi constitutionnelle, M. Michel Bouvard (député, RPR ) propose de modifier l’article 47 de la Constitution pour instituer un débat dans les deux assemblées du Parlement sur le rapport annuel de la Cour des comptes [183].
III – LE PARLEMENT ET L’EUROPE
A – LES ACTIVITÉS DES DÉLÉGATIONS POUR L’UNION EUROPÉENNE
178[127] Signalons le traditionnel rapport de M. Alain Barrau (député, PS, président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne) consacré aux textes soumis à l’Assemblée en vertu de l’article 88-4 entre le 27juin et le 11 octobre 2001 [184]. Le rapport suivant, couvrant la période du 12 octobre au 7 décembre 2001 est cosigné par M. Alain Barrau, M. Bernard Derosier (député, PS ) et M. Maurice Ligot (ancien ministre, député, UDF ) [185].
179Plusieurs rapports d’information de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne méritent d’être signalés. Celui de M. Alain Barrau sur L’Union européenne face au terrorisme; du même auteur sur Une avancée démocratique, l’association du Parlement au processus de transposition des normes européennes; de M. Pierre Brana (député, PS ) sur Cour des comptes européenne et institutions nationales de contrôle et, du même auteur sur Mandats d’arrêt sans frontière. Chacun de ces documents fournit d’utiles renseignements statistiques, des informations juridiques et une réflexion politique sur des sujets qu’aucun lecteur de cette Chronique ne peut et ne doit éviter [186].
B – LA MISE EN ŒUVRE DE L’ARTICLE 88-4 DE LA CONSTITUTION
1 – À l’Assemblée nationale
180[128]
- 26 octobre 2001 : résolution relative à la poursuite de l’ouverture de la concurrence des services postaux de la Communauté, texte considéré comme adopté ;
- 5 décembre 2001 : résolution relative au service universel et les droits des utilisateurs au regard des réseaux et services de communication électronique, texte considéré comme adopté [187].
2 – Au Sénat
[129] 4 décembre 2001 : résolution relative au mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États et à la lutte contre le terrorisme, résolution considérée comme adoptée [188].
SECTION IV – LE JUGE
§ 1 – LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
I – L’INSTITUTION
A – LE BUDGET
182[130] Le Conseil constitutionnel est doté, pour 2001, d’un budget total de 6 000 017 euros [189].
B – LE PRÉSIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
183[131] Le 22 octobre, le Président de la République remet à M. Yves Guéna, président du Conseil constitutionnel, les insignes de grand officier de la Légion d’honneur [190].
C – « LE CRÉPUSCULE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL »
184[132] Dans un curieux article intitulé « Le crépuscule du Conseil constitutionnel », Dominique Rousseau, professeur à l’université de Montpellier et Éric Spitz, directeur des affaires juridiques de la mairie de Paris, considèrent que « l’œuvre jurispridentielle ne peut plus se poursuivre s’il (le Conseil constitutionnel) ne se transforme pas ». Les auteurs estiment que les citoyens doivent pouvoir saisir une cour constitutionnelle et que les procédures doivent évoluer pour une plus grande transparence [191].
II – LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ : LES LOIS ORDINAIRES
185[133]
- décision n° 2001-451 DC du 27 novembre 2001 (loi portant amélioration de la couverture des non-salariés agricoles contre les accidents du travail et les maladies professionnelles) : un article non conforme [192];
- décision n° 2001-452 DC du 6 décembre 2001 (loi portant mesures urgentes de réforme à caractère économique et financier) : un article déclaré contraire à la Constitution; quelques conformités sous réserve [193];
- décision n° 2001-453 DC du 18 décembre 2001 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2002) : plusieurs articles déclarés contraires à la Constitution [194];
- décision n° 2001-456 DC du 27 décembre 2001 (loi de finances pour 2002) : quelques déclarations de non-conformité ; quelques conformités sous réserve [195];
- décision n° 2001-457 DC du 27 décembre 2001 (loi de finances rectificative pour 2001) : cinq articles déclarés contraires à la Constitution [196].
III – LE CONTRÔLE DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE
186[134] Le 13 décembre 2001, le Conseil constitutionnel rejette le recours de M. Stéphane Hauchemaille contre la recommandation du Conseil supérieur de l’audiovisuel du 23 octobre 2001 relative à l’élection présidentielle. Dans cette décision le Conseil reprend sa motivation traditionnelle sur le contrôle des actes préalables aux opérations électorales en considérant « qu’il appartient au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes dirigées contre les actes conditionnant la régularité d’un scrutin à venir dans les cas où l’irrecevabilité qui serait opposée à ces requêtes risquerait de compromettre gravement l’efficacité de son contrôle des opérations électorales, vicierait le déroulement général du vote et porterait atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics ». Le Conseil estime que, dans cette affaire, ces conditions ne sont pas réunies [197].
IV – LE CONTRÔLE DES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES ET DE LA SITUATION DES PARLEMENTAIRES
A – LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES PARTIELLES
187[135]
- décision n° 2001-2608 du 22 novembre 2001 : Alpes-Maritimes, 8e circonscription : inéligibilité d’un candidat ;
- décision n° 2001-2609 du 22 novembre 2001 (Alpes-Maritimes, 8e circonscription) : inéligibilité d’un candidat ;
- décision n° 2001-2610 du 22 novembre 2001 (Alpes-Maritimes, 8e circonscription) : inéligibilité d’un candidat [198].
B – LES ÉLECTIONS SÉNATORIALES
188[136]
- décision n° 2001-2594/2595/2596 du 8 novembre 2001 (élections sénatoriales dans la Moselle) : rejet ;
- décision n° 2001-2597 du 8 novembre 2001 (élections sénatoriales, tous les départements de la série B) : rejet ;
- décision n° 2001-2598 du 8 novembre 2001 (élections sénatoriales de la Meuse) : rejet ;
- décision n° 2001-2599/2600/2601/2602/2603/2604/2605/2606 du 8 novembre 2001 (élections sénatoriales pour les départements de la série B) : rejet ;
- décision n° 2001-2607 du 8 novembre 2001 (élections sénatoriales, PuydeDôme) : rejet [199].
189[137] Parmi les éléments intéressants de la jurisprudence relative au contrôle des élections sénatoriales de septembre 2001, signalons les points suivants :
- en application de la loi du 10 juillet 2000 relative à l’élection des sénateurs, les dispositions des 2e et 5e alinéas de l’article L. 52-8 du code électoral sont applicables à ces élections. En conséquence, les personnes morales, à l’exception des partis ou des regroupements politiques ne peuvent concourir sous une forme quelconque au financement des campagnes des candidats aux élections sénatoriales (décision n° 2001-2594) ;
- aucune disposition législative n’édicte l’inéligibilité d’un mandat parlementaire d’un membre du Gouvernement ou d’un membre d’un cabinet ministériel (décision n° 2001-2594) ;
- le simple fait d’être électeur ne rend pas recevable à contester les résultats des élections sénatoriales, surtout lorsque le département où l’intéressé est électeur n’est pas concerné (décision n° 2001-2597) [200];
- pour critiquable qu’il soit, le fait qu’une lettre de soutien à deux candidats sénatoriaux ait été rédigée par le président du conseil général sur du papier en-tête dudit conseil « ne peut être regardé en l’espèce comme ayant constitué une pression ou une manœuvre de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin » (décision n° 2001-2598) ;
- le fait que le ministère de l’Intérieur et le Sénat aient procédé à des essais techniques avant le scrutin du 23 septembre à partir de résultats fictifs et que ceux-ci aient été indirectement accessibles sur le site Internet du Sénat ne peut être regardé comme ayant été de nature à altérer la sincérité du scrutin (décision n° 2001-2599);
- le Conseil constitutionnel ne peut être saisi d’une protestation contre la désignation des délégués et des suppléants désignés par une commune pour le collège sénatorial. Un tel grief ne peut être examiné que dans le cadre d’une contestation des résultats des élections sénatoriales du département concerné (décision n° 2001-2607).
§ 2 – LA HAUTE COUR DE JUSTICE
190[138] À la suite de son renouvellement triennal, le Sénat désigne, le 16 octobre 2001, les douze membres titulaires et les six membres suppléants de la Haute Cour de justice. Parmi les membres titulaires, signalons la présence de notre collaborateur, collègue et ami, Patrice Gélard [201].
§ 3 – LA COUR DE JUSTICE DE LA RÉPUBLIQUE
191[139] À la suite de son renouvellement triennal, le Sénat désigne, le 16octobre 2001, les six membres titulaires et six membres suppléants de la Cour de justice de la République. Parmi les titulaires figure également Patrice Gélard [202].
192La loi de finances pour 2001 prévoit au total 996 200 euros pour la Cour de justice de la République [203].