Acheter ce numéro
9,00 €
Citer ce numéro
Fille de 10 ans, Kobané, ville à majorité kurde dans le nord-est de la Syrie, juillet 2022. Elle a dessiné Abdu, 4 ans, grièvement blessé avec d’autres membres de sa famille dans un bombardement sur la région de Kobané en janvier 2022. Il y a perdu une jambe. En solidarité, une mobilisation s’est créée sur hashtag : « Ez ne terroristim – Ez lingê xwe pixwazim » (kurde) – [« Je ne suis pas un terroriste. Je veux ma jambe »]. Malgré les mois qui se sont écoulés, l’enfant a repris cette même phrase pour titrer son dessin. Refusant les couleurs qui lui étaient proposées, elle a dessiné Abdu à la simple mine de plomb.
Source : Solinfo/Photo Déflagrations
Ostap, garçon ukrainien, juillet 2022. Dessin réalisé à Lviv dans le contexte d’un « Summer Camp » avec des enfants de 6 à 12 ans dont certains ont été déplacés par la guerre. Le jaune et le bleu, couleurs ukrainiennes, sont encore visibles sur les bords de cette forme mystérieuse à l’intérieur de laquelle les couleurs se sont mélangées et brouillées. Tout en bas, des cœurs inscrits au crayon rouge entourent le prénom et le nom (caché) de l’enfant.
Source : Triangle Génération Humanitaire/Photo Déflagrations
Fille de la région de Mossoul, en Irak, camp de déplacés de Khazer, 2020. Équipe TGH : « À 5 ans, elle a connu l’occupation par l’État islamique, puis la faim, la terreur des combats pendant la libération de Mossoul et la fuite. Elle évoque ce jour où, avec sa mère et sa grande sœur, elles ont essayé de rejoindre les zones contrôlées par les forces irakiennes quand celles-ci bombardaient les territoires encore tenus par l’EI. Elles ont réussi à échapper aux tirs qui les poursuivaient en courant aussi vite qu’elles le pouvaient. »
Source : Triangle Génération Humanitaire/Photo Déflagrations
Garçon du Darfour, 10 ans, 2007. L’enfant avait 7 ans au moment de l’attaque. Les assaillants du village sont coloriés en vert, couleur de l’uniforme (le pilote de l’hélicoptère des forces armées soudanaises, les Janjawids à pied et sur un chameau). Toutes les victimes civiles sont coloriées en rouge, totalement ou partiellement. Une petite croix a été ajoutée par l’enfant à côté de chaque corps atteint par les balles, et aussi à côté des deux victimes représentées dans leur maison en feu. Les trajectoires des balles sont précises, soulignées de rouge, cette même couleur qui va marquer les corps morts ou blessés. Les personnages du dessin sont représentés de profil. À l’exception d’un seul – est-ce un enfant, peut-être l’auteur ? – qui regarde la scène face à lui. Il semble figé. Si ses bras ne sont pas dessinés, ses yeux le sont. Il est le seul à être épargné par les balles et la couleur rouge…
© Waging Peace/The Wiener Holocaust Library Collections