Compte rendu

TRACHTMAN (Joel P.), The future of international law. Global Government, ASIL Studies in International law, CUP 2013, 302 pages.

Pages 537h à 544h

Citer cet article


  • Muir Watt, H.
(2013). TRACHTMAN (Joel P.), The future of international law. Global Government, ASIL Studies in International law, CUP 2013, 302 pages. Revue critique de droit international privé, 2(2), 537h-544h. https://doi.org/10.3917/rcdip.132.0537h.

  • Muir Watt, Horatia.
« TRACHTMAN (Joel P.), The future of international law. Global Government, ASIL Studies in International law, CUP 2013, 302 pages. ». Revue critique de droit international privé, 2013/2 N° 2, 2013. p.537h-544h. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-critique-de-droit-international-prive-2013-2-page-537h?lang=fr.

  • MUIR WATT, Horatia,
2013. TRACHTMAN (Joel P.), The future of international law. Global Government, ASIL Studies in International law, CUP 2013, 302 pages. Revue critique de droit international privé, 2013/2 N° 2, p.537h-544h. DOI : 10.3917/rcdip.132.0537h. URL : https://droit.cairn.info/revue-critique-de-droit-international-prive-2013-2-page-537h?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rcdip.132.0537h


1 Bien connu dans la doctrine internationaliste pour son approche économique de la répartition des compétences étatiques, Joel Trachtman offre ici une approche néo-institutionnaliste (new institutional economics) du fonctionnalisme (au sens de la théorie des relations internationales et non du droit international privé !). Cette dernière école explore les causes et les effets de structures constitutionnelles. En 1933, Mitray avait soutenu qu’il existe une dynamique inhérente à la création d’institutions pour traiter des problèmes techniques, qui conduit à une extension, puis une légitimation, de pouvoir (spillover effect) – un peu à la façon de la théorie des compétences implicites dans le droit de l’Union. Il s’agit d’une sorte de réhabilitation de cette idée, appliquée à ce que l’auteur perçoit comme l’intégration croissante de l’ordre international à l’époque contemporaine. Sa conviction essentielle est que le droit international, défini comme le dispositif qui conduit les différents Etats à tenir compte des intérêts les uns des autres, naît de problèmes de coopération. Il propose d’envisager ces formes de coopération selon une approche néo-fonctionnaliste, afin de comprendre le déplacement ou « la migration » de l’autorité normative vers les structures régionales dans le monde. L’intérêt de cette analyse pour les internationalistes privatistes réside – outre l’enrichissement qui vient de tout élargissement interdisciplinaire de perspective –, dans la place qui y est faite à des questions qui sont clairement communes aux conflits de lois et à la problématique plus politique de la répartition des compétences dans le cyberspace ; le traitement des violations transfrontières de droits de l’homme ; le régime des biens globaux publics. Qu’on soit ou non convaincu par la conclusion selon laquelle la « densification » du droit international est devenue la nouvelle forme de gouvernance globale, il est instructif au moins de s’interroger sur les lieux de croisement entre cette pensée politiste et publiciste, et le droit international privé, qui se cherche à l’heure actuelle sur plusieurs de ces mêmes terrains.

2 H. M. W.


Date de mise en ligne : 07/06/2020

https://doi.org/10.3917/rcdip.132.0537h