Article de revue
« Les violences et les incivilités dans le football amateur – Saison 2018/2019 »
Pages 75 à 79
Citer cet article
- SOULLEZ, Christophe,
- Soullez, Christophe.
- Soullez, C.
https://doi.org/10.3917/admi.268.0075
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- Soullez, C.
- Soullez, Christophe.
- SOULLEZ, Christophe,
https://doi.org/10.3917/admi.268.0075
La revue reproduit ici, avec l’aimable autorisation de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), une étude publiée le 19 novembre 2020.
1 Cette étude montre notamment que pendant la saison 2018/2019, l’Observatoire des comportements de la Fédération française de football (FFF) a enregistré 12 369 matchs à incidents, soit 1,8 % des matchs joués et suivis par l’Observatoire. Près de la moitié des incidents sont des agressions verbales (49 %).
« La guerre du football » entre le Salvador et le Honduras en 1969
Le 15 juin, le match de retour se déroule au Salvador. La veille, après l’incendie de son hôtel, l’équipe hondurienne a dû déménager et a subi le même régime de privation de sommeil. Elle perd le match par 0 à 3. Des spectateurs honduriens sont molestés, les échauffourées causent deux décès. Les exactions au Honduras contre les Salvadoriens provoquent morts et blessés.
Le 4 juillet, les relations diplomatiques sont rompues et le 14 juillet, le Salvador déclenche les hostilités. Le conflit s’arrête quatre jours plus tard sous la pression de l’Organisation des États américains. Malgré des forces armées limitées, de quelques milliers de soldats dans chaque camp, cette guerre meurtrière cause entre 3000 et 6000 morts, quelques 15 000 blessés, la perte par près de 50 000 personnes de leur maison et de leurs biens. La paix ne sera signée qu’en 1980.
L’absurdité semble marquer cet affrontement entre deux pays d’Amérique centrale. Les causes profondes n’en sont toutefois pas anecdotiques. Le Salvador est petit et surpeuplé (quatre millions d’habitants sur 21 000 km2), le Honduras est plus de cinq fois plus étendu et moins peuplé (trois millions d’habitants sur 112 000 km2). De nombreux Salvadoriens ont émigré au Honduras, où, au nombre de 300 000, ils ont fini par représenter 10 % de la population. Une campagne nationaliste, menée par le pouvoir, les propriétaires terriens et la presse, les a accusés de « coloniser » le pays. Des deux côtés, les médias ont exacerbé le sentiment national.
Ryszard Kapuściński (1932-2007), l’un des reporters les plus connus de son siècle, a appelé ce conflit « la guerre du football » et en a fait le titre de l’un de ses livres, « La guerre du foot et autres guerres et aventures ». Les historiens parlent plutôt de « la guerre de cent heures ».