Article de revue

« Les violences et les incivilités dans le football amateur – Saison 2018/2019 »

Pages 75 à 79

Citer cet article


  • Soullez, C.
(2020). « Les violences et les incivilités dans le football amateur – Saison 2018/2019 » Administration, 268(3), 75-79. https://doi.org/10.3917/admi.268.0075.

  • Soullez, Christophe.
« “Les violences et les incivilités dans le football amateur – Saison 2018/2019” ». Administration, 2020/3 N° 268, 2020. p.75-79. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-administration-2020-3-page-75?lang=fr.

  • SOULLEZ, Christophe,
2020. « Les violences et les incivilités dans le football amateur – Saison 2018/2019 » Administration, 2020/3 N° 268, p.75-79. DOI : 10.3917/admi.268.0075. URL : https://droit.cairn.info/revue-administration-2020-3-page-75?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/admi.268.0075


La revue reproduit ici, avec l’aimable autorisation de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), une étude publiée le 19 novembre 2020.

1 Cette étude montre notamment que pendant la saison 2018/2019, l’Observatoire des comportements de la Fédération française de football (FFF) a enregistré 12 369 matchs à incidents, soit 1,8 % des matchs joués et suivis par l’Observatoire. Près de la moitié des incidents sont des agressions verbales (49 %).

Description de l'image par IA : Rapport sur les violences dans le football amateur saison 2018/2019, avec graphiques et statistiques.
Document sur la violence lors des matchs de football, incluant types de violence, statistiques et facteurs aggravants.
Description de l'image par IA : Graphiques sur la violence dans le football, montrant les agressions selon l'âge et le genre des joueurs.
Description de l'image par IA : Document de recherche sur la violence dans le football en Europe, incluant des statistiques et des méthodes de collecte de données.

« La guerre du football » entre le Salvador et le Honduras en 1969

Description de l'image par IA : Un ballon de football blanc et noir sur un terrain herbeux avec de la fumée autour.
© Andrii IURLOV
Pour la qualification à la Coupe du monde, l’équipe de football du Salvador affronte le 8 juin 1969 celle du Honduras, dans la capitale de ce pays, Tegucigalpa. L’ambiance est chaude ; la nuit précédente, les supporters honduriens ont empêché les joueurs salvadoriens de dormir en cernant bruyamment leur hôtel. L’équipe du Salvador s’incline par 0 à 1. Une jeune supportrice salvadorienne se tire une balle dans le cœur et reçoit des obsèques nationales dans son pays.
Le 15 juin, le match de retour se déroule au Salvador. La veille, après l’incendie de son hôtel, l’équipe hondurienne a dû déménager et a subi le même régime de privation de sommeil. Elle perd le match par 0 à 3. Des spectateurs honduriens sont molestés, les échauffourées causent deux décès. Les exactions au Honduras contre les Salvadoriens provoquent morts et blessés.
Description de l'image par IA : Carte de l'Amérique centrale avec les pays et les océans environnants.
© Peter Hermes Furian
Le 26 juin, la rencontre pour départager les deux équipes a lieu à Mexico. La fièvre nationale, énervée par les médias, est à son comble. Le Salvador l’emporte par 3 à 2, dans une atmosphère d’émeute. Les troubles se poursuivent dans les deux pays, sur fond d’accusations réciproques. 20 000 Salvadoriens sont expulsés du Honduras.
Le 4 juillet, les relations diplomatiques sont rompues et le 14 juillet, le Salvador déclenche les hostilités. Le conflit s’arrête quatre jours plus tard sous la pression de l’Organisation des États américains. Malgré des forces armées limitées, de quelques milliers de soldats dans chaque camp, cette guerre meurtrière cause entre 3000 et 6000 morts, quelques 15 000 blessés, la perte par près de 50 000 personnes de leur maison et de leurs biens. La paix ne sera signée qu’en 1980.
L’absurdité semble marquer cet affrontement entre deux pays d’Amérique centrale. Les causes profondes n’en sont toutefois pas anecdotiques. Le Salvador est petit et surpeuplé (quatre millions d’habitants sur 21 000 km2), le Honduras est plus de cinq fois plus étendu et moins peuplé (trois millions d’habitants sur 112 000 km2). De nombreux Salvadoriens ont émigré au Honduras, où, au nombre de 300 000, ils ont fini par représenter 10 % de la population. Une campagne nationaliste, menée par le pouvoir, les propriétaires terriens et la presse, les a accusés de « coloniser » le pays. Des deux côtés, les médias ont exacerbé le sentiment national.
Ryszard Kapuściński (1932-2007), l’un des reporters les plus connus de son siècle, a appelé ce conflit « la guerre du football » et en a fait le titre de l’un de ses livres, « La guerre du foot et autres guerres et aventures ». Les historiens parlent plutôt de « la guerre de cent heures ».
Cyrille SCHOTT, préfet (h.) de région

Date de mise en ligne : 12/07/2022

https://doi.org/10.3917/admi.268.0075