Article de revue

Le sport, véritable vecteur d’intégration des personnes en situation de handicap

Pages 80 à 82

Citer cet article


  • Cluzel, S.
(2020). Le sport, véritable vecteur d’intégration des personnes en situation de handicap. Administration, 268(3), 80-82. https://doi.org/10.3917/admi.268.0080.

  • Cluzel, Sophie.
« Le sport, véritable vecteur d’intégration des personnes en situation de handicap ». Administration, 2020/3 N° 268, 2020. p.80-82. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-administration-2020-3-page-80?lang=fr.

  • CLUZEL, Sophie,
2020. Le sport, véritable vecteur d’intégration des personnes en situation de handicap. Administration, 2020/3 N° 268, p.80-82. DOI : 10.3917/admi.268.0080. URL : https://droit.cairn.info/revue-administration-2020-3-page-80?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/admi.268.0080


Le président de la République a fait du handicap une des priorités de son quinquennat. L’ensemble du gouvernement et de l’administration est mobilisé autour de cette priorité : la construction d’une société pleinement inclusive. Le sport est un des piliers majeurs pour atteindre cet objectif.

Visite de la résidence Bernard Palissy, à Joinville-Le-Pont, par Sophie Cluzel, lors de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre

Description de l'image par IA : Groupe avec masques, une personne en fauteuil roulant joue au basket.

Visite de la résidence Bernard Palissy, à Joinville-Le-Pont, par Sophie Cluzel, lors de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre

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1 En France, 12 millions de personnes sont en situation de handicap, invisible dans 80 % des situations. Le président de la République a fait du handicap une des priorités de son quinquennat. L’ensemble du gouvernement est mobilisé autour de cette priorité. Il en est de même pour l’administration, à tous ses échelons, concernée également par la construction d’une société pleinement inclusive, plus juste et plus équitable. Le sport est un des piliers majeurs pour atteindre cet objectif. Car le sport est un outil d’intégration sociale et professionnelle qui favorise l’autonomie, l’amélioration de la santé et l’épanouissement au sein de la société des personnes en situation de handicap.

2 La volonté de formaliser une stratégie nationale en faveur du développement de la pratique sportive des personnes handicapées a été affichée dès 2018 par Roxana Maracineanu, ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée des Sports. Le recrutement au sein de son cabinet ministériel du champion paralympique, Charles Rozoy, fait figure de formidable exemple en la matière.

3 La loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » affirme cette ambition d’accès à une vie sociale et citoyenne pour les personnes en situation de handicap. L’article 30 de la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, signée par la France, représente une véritable avancée en la matière. Les États sont ainsi tenus de prendre des mesures favorisant « la participation à la vie culturelle et récréative, aux loisirs et aux sports ».

4 Les bienfaits sur la santé de la pratique d’une activité physique et sportive chez les personnes en situation de handicap sont particulièrement importants : lutte contre les effets de la sédentarité et contre les risques accrus d’obésité qui en découlent, amélioration de la mobilité, diminution de la prise de médicaments, sentiment de vivre son corps de manière positive et d’en avoir une meilleure perception, etc. D’un point de vue psychologique, le sport est un vecteur de confiance en soi, d’épanouissement, mais aussi d’autonomie : la possibilité d’accéder et de pratiquer l’activité physique et sportive de son choix permet ainsi à chacun d’affirmer ses choix, ses passions, du sport amateur au sport de haut niveau. Durant la crise sanitaire, lors des différentes vagues de Covid-19, nous avons maintenu, pour les personnes en situation de handicap, le droit de pratiquer sans restriction une activité sportive pour ces différentes raisons. C’était essentiel !

5 Le premier enjeu du développement du sport pour les personnes handicapées réside dans notre capacité à proposer une offre déployée sur l’ensemble du territoire national. Garantir l’accessibilité du sport, c’est garantir l’accompagnement des acteurs et le soutien aux projets de développement de la pratique sportive. Les actions passent par le développement de l’offre sportive fédérale, le soutien aux projets territoriaux, ceux liés à l’emploi et aux projets d’équipements sportifs dédiés, notamment ceux éligibles au titre du budget dédié aux équipements sportifs au niveau local.

Description de l'image par IA : Homme en fauteuil roulant discute avec un groupe de personnes portant des masques dans une pièce.
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Description de l'image par IA : Trois personnes, dont deux en fauteuil roulant, discutent dans une pièce remplie de trophées et d'équipements sportifs.
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6 Nos politiques publiques accompagnent et appuient le travail des fédérations spécifiquement créées pour couvrir le champ du handicap. Deux fédérations dédiées œuvrent au quotidien : la Fédération française handisport (FFH) et la Fédération française de sport adapté (FFSA). Pour autant, je me réjouis de constater qu’aujourd’hui un nombre croissant de fédérations sportives s’emparent directement de la question du handicap, ce qui constitue une importante évolution structurelle, sans parler de celle des mentalités. Nous devons les encourager et les accompagner dans cette démarche afin qu’elles prennent la pleine mesure des enjeux techniques que cela induit. Dans cette optique, la consolidation du rôle du référent sport-handicaps au niveau départemental est essentielle. Nous avons d’ores et déjà commencé à identifier des relais au sein de chaque conseil départemental ainsi qu’au sein des 104 maisons départementales pour personnes handicapées. Chacun doit pouvoir trouver un relais fiable d’information et de conseil près de chez lui.

7 Le développement de la pratique sportive des personnes en situation de handicap s’adosse également à un travail d’information et de sensibilisation de toutes les parties prenantes dont le grand public. Autre levier, la formation est la clé de voûte du développement optimal de la pratique sportive et passe par une bonne connaissance de la diversité des offres sportives sur les territoires. Le Handiguide des Sports a vocation à continuer de s’enrichir afin de rendre effective la pratique sportive, selon le choix et les besoins de chacun. Cette solution numérique innovante permet de trouver rapidement l’activité sportive la plus adaptée à la situation de chaque personne, dans leur environnement de proximité, de manière simple, fiable, ergonomique et pleinement accessible. Pour autant, je souhaite que nous allions encore plus loin, avec la création d’un réseau d’administrateurs locaux du Handiguide des sports. S’agissant des équipements, nous devons favoriser la mutualisation, le réemploi du matériel technique et sportif dédié aux pratiques « sport-handicaps » par le biais du Handiguide et grâce aussi à un référencement global numérique et géolocalisé du matériel. Ce dernier, parfois coûteux et pourtant nécessaire à la pratique de certains sports, ne doit pas constituer un frein à l’engagement sportif.

8 Au-delà des outils d’information, c’est dès le plus jeune âge, à l’école, qu’il est important d’associer chaque enfant, qu’il soit ou pas en situation de handicap, à cette volonté de construction d’une société pleinement inclusive. De nouveau, le sport et sa pratique est un levier important pour y arriver. L’inscription des paradisciplines aux programmes d’éducation physique et sportive en milieu scolaire ordinaire, la mise en œuvre des moyens techniques afin d’adapter la pratique sportive pour les élèves en ayant le besoin, sont autant d’actions qui permettent de faire évoluer la perception sur le handicap, et tout simplement le regard des jeunes générations sur cet enjeu.

9 Par ailleurs, les prochains jeux Olympiques sont une formidable opportunité de donner une encore plus grande visibilité aux sportifs mais aussi de sensibiliser le grand public à nos enjeux sur le handicap. Durant les JO 2024 qui se tiendront en France, au moins 350 000 visiteurs en situation de handicap seront accueillis sur nos territoires. Ainsi, la promotion du sport tant pour les pratiquants en général que pour les sportifs de haut niveau aura une magnifique fenêtre médiatique, atout majeur pour faire avancer le sujet. D’ici 2024, nous nous attendons à avoir 3 millions supplémentaires de licences sportives nationales, les pratiquants handisports appartiennent pleinement à cette communauté.

10 Et les sportifs de haut niveau en situation de handicap contribueront, eux aussi, à la formation d’une équipe de France olympique et paralympique performante.

11 Plusieurs projets sont déjà prévus en ce sens. Tout d’abord, « Paraperf », un projet porté par l’hôpital de Garches qui vise à optimiser le parcours des athlètes paralympiques français. À travers ce dispositif, l’objectif principal est de pouvoir mettre la recherche au service des athlètes et de leurs coachs en évaluant leur potentiel, leurs besoins en équipement, leurs trajectoires de performance, celles de leurs adversaires, mais également les facteurs socio-environnementaux qui influent sur leurs performances. Par exemple, afin d’optimiser la relation entre le sportif et son équipement, en recherchant de la stabilité pour les sports de précision, la maniabilité pour le rugby, le basket-ball etc.

Description de l'image par IA : Deux femmes en rouge aident une personne en fauteuil roulant à utiliser un appareil bleu. Tout le monde porte des masques.
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12 Autre exemple, nous travaillons également sur l’accompagnement à la performance des équipes de France olympiques et paralympiques de natation, par le biais du projet « NepTUNE », avec le soutien des Fédérations françaises de natation (FFN) et handisport (FFH). Le projet se focalise sur le développement des méthodes et outils innovants à destination des entraineurs pour le suivi des nageurs.

13 Les jeux Paralympiques, ce sont de nombreuses prouesses sportives, qui doivent être célébrées au même titre que les autres : la victoire d’Abdellatif Baka sur le 1500 m des malvoyants aux jeux Paralympiques de Rio, avec un meilleur temps que son homologue aux jeux Olympiques, les matchs du pongiste égyptien Ibrahim Hamadtou, la médaille d’or sur le 200 m nage libre de Daniel Dias, surnommé le « Michael Felps Brésilien ».

14 À travers leurs exploits, ils nous rappellent que chaque personne en situation de handicap doit pouvoir réaliser l’activité physique et/ou le sport correspondant à ses désirs et aspirations, choisir de réaliser une activité physique ou une pratique sportive de tous niveaux, de la pratique loisir et récréative à la pratique de haut niveau.

15 Nous devons saisir cette précieuse opportunité que nous offre le sport afin de veiller à ce que les différents secteurs de la vie sociale, dont le secteur sportif, soient accessibles aux personnes en situation de handicap, et ce quel que soit le type de handicap : mental, physique ou sensoriel. Cette responsabilité nous incombe à tous, Gouvernement, administration, pouvoirs publics, citoyens, sportifs. L’ensemble des acteurs de la société doit prendre sa part dans ce projet de société plus inclusive.


Date de mise en ligne : 12/07/2022

https://doi.org/10.3917/admi.268.0080