Au XVIIIe siècle, la controverse sur les vrais principes de la monarchie française puisés dans l’histoire : l’affrontement entre Jacob-Nicolas Moreau et Marie-Pauline de Lézardière
Pages 547 à 564
Citer ce chapitre
- HERVOUET, Blandine,
- CORNU-THÉNARD, Nicolas,
- MERGEY, Anthony
- et SOLEIL, Sylvain,
- Hervouet, Blandine.
- Hervouet, B.
- N. Cornu-Thénard,
- A. Mergey
- et S. Soleil
https://doi.org/10.3917/slc.cornu.2020.01.0547
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- Hervouet, B.
- N. Cornu-Thénard,
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- CORNU-THÉNARD, Nicolas,
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Notes
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[1]
Pour des éléments biographiques, v. en particulier S. BURIAN SCHWEINZER, Mademoiselle de Lézardière : Leben, Werk und Zeit einer Schülerin Montesquieus, Thèse, Philosophie, Université de Vienne, 1976 et É. FOURNIER, Une famille vendéenne pendant la Révolution, Paris, A. Michel, 1993.
-
[2]
Sa vocation d’écrivain politique naît lors du tumulte provoqué par la réforme Maupeou en 1771. Elle entreprend une réponse méthodique à la question qui s’ouvre alors dans un Tableau des droits réels et respectifs du monarque et des sujets depuis le fondement de la monarchie française jusqu’à nos jours.
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[3]
Quatre ans plus tard, le baron de Lézardière revient à Versailles présenter au souverain un Essay sur le rétablissement possible de quelques points essentiels de la Constitution politique de la France.
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[4]
En 1788, l’envoi de l’opus magnus de Mlle de Lézardière, la Théorie des lois politiques de la monarchie française s’expliquerait par l’invitation faite par le gouvernement à toutes les personnes instruites à l’éclairer sur ce que devraient être les prochains États généraux.
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[5]
La partie de la Théorie concernant l’histoire religieuse franque fera l’objet d’un premier tirage (sous le titre d’Esprit des lois canoniques) en 1791, au moment même où l’Assemblée constituante débat de la Constitution civile du clergé.
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[6]
É. CARCASSONNE, Écrits inédits de Mlle de Lézardière, Paris, Presses universitaires de France, 1927.
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[7]
« Cet ouvrage, lit-on dans le premier chapitre, a pour objet de montrer 1° l’opposition du système d’administration suivi aujourd’hui avec les lois fondamentales du royaume 2° Comment ces mêmes lois offrent les moyens de remplacer cette administration par une administration municipale dont l’effet serait le rétablissement de la Constitution française sur ses fondements originels pour l’avantage indivisible du prince et de la nation. La confiance due à un monarque qui, depuis qu’il est sur le trône, semble à chaque pas qu’il fait songer moins à ses intérêts qu’à ceux de son peuple, a seulement inspiré la hardiesse de lui présenter ce tableau ».
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[8]
Elle explique que « ce sacrifice ne se propose point aux mauvais princes ; c’est donc parce qu’on ne croit pas qu’il puisse y avoir un meilleur prince que Louis XVI qu’on a conçu l’idée de lui proposer et qu’on s’en est même fait un devoir ».
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[9]
Il estime que « dans ce siècle où le peuple juge tout et a tant de demi-connaissance dont il abuse, il faut opposer aux opinions fausses des vérités utiles et prouvées. Il me semble que l’art de dispenser à propos ces vérités et la manière de l’accréditer méritent une partie des soins du gouvernement », « Réponse de Moreau aux observations de Bertin, 14 août 1762 », in X. CHARMES (dir.), Les Comité des travaux historiques et scientifiques, 3 vol., Paris, Impr. nationale, 1886, t. I, p. 47, n° 8.
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[10]
J.-N. MOREAU, Nouveau mémoire pour servir à l’histoire des Cacouacs, Amsterdam, 1757.
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[11]
Plus exactement, Moreau a été connu du maréchal de Noailles par sa Lettre du chevalier de *** parue en 1755 dans laquelle il tente de concilier évêques et magistrats lors des querelles autour de la bulle Unigenitus. Puis les Cacouacs n’ont fait que confirmer la confiance du gouvernement monarchique en Moreau.
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[12]
L’Observateur hollandais ou lettres de M. Van***, à M. H***, de la Haye, sur l’état présent des affaires de l’Europe, 5 vol., comprenant 48 lettres, septembre 1755-février 1759.
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[13]
J.-N. MOREAU, Lettres historiques sur le comtat Venaissin et sur la seigneurie d’Avignon, Amsterdam, 1768.
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[14]
V. notre thèse, Jacob-Nicolas Moreau, le dernier des légistes. Une défense de la constitution monarchique au siècle des Lumières, Paris, LGDJ, 2009.
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[15]
L.-A. LE PAIGE, Lettres historiques sur les fonctions essentielles du Parlement, Amsterdam, La Compagnie, 1753-1754, 2 vol. D’après lui, le successeur des anciens « parlements généraux » est « le dépositaire et le conservateur des loix et des maximes de l’État ; qui examine et qui promulgue légitimement et librement toutes les loix nouvelles et qui donne au monarque les avis importans au bien de son service, et à celui de la patrie ; qui lui résiste même, s’il faut, plutôt que de trahir des intérêts si chers », vol. 1, pp. 151-152. Dans un mémoire confidentiel que Jacob-Nicolas Moreau fait passer dans les locaux ministériels, il soutient que c’est lors de l’exil du parlement en 1753 que les magistrats ont mis à profit leurs loisirs forcés pour se plonger dans les documents historiques à la recherche de tout ce qui pouvait favoriser leurs nouvelles idées, v. Principes de conduites avec les parlements, 1760, collection Le Paige, manuscrit 569, pièce n° 7 (présentés sous le titre Mémoires faits vers 1760 par M. Bourgeois de Boisnes, alors premier président de Besançon, aujourd’hui secrétaire d’État, au sujet des parlements).
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[16]
En lien avec notre article, on peut se reporter à l’étude pionnière de É. CARCASSONNE, Montesquieu et le problème de la constitution française au xviiie siècle, Genève, Slatkine, 1978 [Paris, Presses universitaires de France, 1927], qui se penche également sur les conceptions de Mlle de Lézardière, pp. 478-512.
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[17]
G. BONNOT DE MABLY, Observations sur l’histoire de France, Genève, Compagnie des Libraires, 1765, cité par R. MORRISSEY, L’empereur à la barbe fleurie : Charlemagne dans la mythologie et l’histoire de France, Paris, Gallimard, 1997. Mably a repris l’argumentation germaniste au profit du tiers état.
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[18]
VOLTAIRE, Annales de l’Empire depuis Charlemagne, in Œuvres complètes, 52 vol., Paris, Garnier, 1877-1883, t. XIII, p. 615 (1re éd., en 1754).
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[19]
R. MORRISSEY, L’empereur à la barbe fleurie…, op. cit., p. 286.
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[20]
Introduction du Précis d’un ouvrage ayant pour titre Théorie des lois politiques de la Monarchie Française, publié par É. CARCASSONNE, Écrits inédits de Mlle de Lézardière, op. cit., et aussi conservé aux Archives nationales.
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[21]
Archives nationales (I) C 223, 435 445. Également publié par É. CARCASSONNE, Écrits inédits de Mlle de Lézardière, op. cit.
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[22]
Archives nationales (I) C 223, 447. Également publié par É. CARCASSONNE, Écrits inédits de Mlle de Lézardière, op. cit.
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[23]
« Nos collections Messieurs, nous procurent dès à présent un très grand avantage. Notre droit public avait été comme la physique livré à des systèmes ; on est revenu aux expériences, on a constaté les faits, et M. de Buffon a fait son histoire naturelle d’après les trésors amassés dans son cabinet. J’ai osé l’imiter », in X. CHARMES, Les Comité des travaux historiques…, op. cit., p. 159.
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[24]
J.-N. MOREAU, Principes de morale, de politique et de droit public, puisés dans l’histoire de notre monarchie, ou Discours sur l’Histoire de France, Paris, Impr. Royale, 1777-1789.
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[25]
J.-N. MOREAU, Leçons de Morale, de Politique et de Droit public, Paris, Impr. du Départ, des Affaires étrangères, 1773, p. 26.
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[26]
« Les récits de l’histoire française ne cesseront de s’interrompre pour admirer ce moment utopique où le temps semble s’arrêter et le bonheur sociopolitique se réaliser », R. MORRISSEY, L’empereur à la barbe fleurie…, op. cit., p. 279.
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[27]
En particulier celle de Richelieu qui permet au souverain de monopoliser la violence légitime, v. J.-N. MOREAU, Exposition et Défense de la Constitution monarchique, Paris, Moutard, 1789, t. II, p. 126.
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[28]
V. en particulier le tome VIII de son Discours sur l’Histoire de France, op. cit.
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[29]
Elle est proche de Boulainvilliers qui développe l’idée d’une nation de conquérants, victime des forces de l’histoire. Dans un processus inexorable auquel elle participe elle-même la nation voit ses pouvoirs primitifs peu à peu usurpés par une monarchie avide de pouvoir. Les principaux ouvrages de Boulainvilliers ont été publiés à l’étranger après sa mort en 1722 : Histoire de l’ancien gouvernement de la France avec XIV lettres historiques sur les parlements ou états généraux, 1727, État de la France avec des mémoires historiques sur l’ancien gouvernement de cette monarchie, 1728, Essai sur la noblesse de France, contenant une dissertation sur son origine et son abaissement, 1732. Mlle de Lézardière n’est pas la seule à reprendre Boulainvilliers. La force de la formulation de celui-ci trouve confirmation dans les références explicites à son œuvre tout au long du siècle. Ce qui va varier c’est essentiellement la composition de la nation, d’une part, et, d’autre part, le corps auquel sont identifiés les plaids généraux.
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[30]
« L’état du peuple à cette époque fut le plus heureux qu’il ait connu », M.-P. DE LÉZARDIÈRE, Théorie des lois politiques de la monarchie française, 4 vol., Paris, Comptoir des imprimeurs unis, 1844, ici 1re partie, livre II, chap. 14.
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[31]
« Paradoxalement le romanisme finit par se présenter en symétrie avec le germanisme : on y trouve à la fois une certaine reconnaissance du déploiement historique et son annulation dans la quête d’une origine radicale. Il n’existe jamais de moment constitutif du droit et le développement du droit ne peut être que renouvellement », B. BARRET-KRIEGEL, Les historiens et la monarchie, t. IV : La République incertaine, Paris, Presses universitaires de France, 1988, p. 180.
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[32]
V. not. l’énumération donnée par Moreau de l’état de son « département » le 29 septembre 1788, in X. CHARMES, Les Comité des travaux historiques…, op. cit., p. 429.
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[33]
J.-N. MOREAU, Bibliothèque de Madame la Dauphine, n° 1, Histoire, Paris, Saillant & Nyon, 1770.
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[34]
La bibliothèque de la Proustière « qui de fondation renfermait les classiques et les principaux ouvrages du siècle précédent, s’enrichissait à chaque voyage du baron des livres qui avaient été goutés dans [ce]cercle (son cercle parisien) », C. DE SOURDEVAL, « Mademoiselle de Lézardière », Annuaire départemental de la Société d’émulation de la Vendée, 1856 (i.e. 1855), pp. 177-194, ici p. 179.
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[35]
Louis Feudrix de Bréquigny publie à partir de 1769 la Table chronologique des diplômes et des chartes et participe à la Collection des lois et des ordonnances des rois de la troisième race. Il est membre de l’Académie française.
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[36]
Associé libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dom Poirier deviendra bibliothécaire de l’Arsenal puis membre de l’Institut en 1802. Nommé censeur de la Théorie des lois politiques, il émet un jugement très élogieux reproduit dans le t. VII de l’édition de 1792 : « Cet ouvrage, l’un des plus savants et le plus méthodique que l’on ait composé sur le sujet… ».
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[37]
Gaillard, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres lui aurait aussi adressé des ouvrages de la Bibliothèque du roi.
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[38]
En fait, Mlle de Lézardière ne le cite pas, non plus que La Roche-Flavin.
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[39]
Pour l’aider dans son travail, Marie-Pauline de Lézardière a parfois donné à traduire des textes d’auteurs latins à des jeunes gens de passage, c’est ce qu’atteste Constant Merland, auteur d’un article sur « Mademoiselle de Lézardière », Annuaire départemental de la Société d’émulation de la Vendée, 1re série, vol. 11, 1865, pp. 112-176, qui a connu l’un d’eux.
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[40]
J. MABILLON, De Re Diplomatica publié en 1681. Blandine Barret-Kriegel explique ainsi ce souci d’authenticité : « Dans l’effort des clercs antiquaires pour retrouver les diplômes et vérifier l’authenticité des chartes, pour établir la série des acta, bien davantage qu’un souci tatillon de l’ordre se marquait la religion du fait, supportée et sous-tendue par une doctrine de la temporalité qui n’avait pour s’exprimer qu’une philosophie religieuses et, pour se manifester, qu’une théologie, celle de l’école française de spiritualité du premier xviie siècle. Je la résumerai brièvement comme une doctrine de l’incarnation ascendante. C’est elle qui met un terme définitif à la vieille logique émanatiste, dépréciative de la durée : le temps, dit-elle, est déploiement et révélation, avenir, il est en Dieu », B. KRIEGEL, Les historiens et la monarchie, t. IV : La République incertaine, op. cit., p. 208.
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[41]
C. MERLAND, « Mademoiselle de Lézardière », art. cit., p. 173.
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[42]
J.-N. MOREAU, Discours sur l’Histoire, op. cit., t. XIII, pp. 210-211.
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[43]
Guizot, Augustin Thierry et Savigny, tout en louant l’immensité de son travail, regrettent l’esprit de système qui le caractérise.
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[44]
M.-P. DE LÉZARDIÈRE, Théorie des lois politiques de la monarchie française, op. cit., t. I, p. 125.
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[45]
On peut d’ailleurs en rapprocher une citation de Moreau : « Voici ce qui dans tous les temps et dans tous les lieux a fait l’essence de la Monarchie. Premièrement un corps de lois qui, toujours subsistant, garantit à la nation la conservation des avantages que le gouvernement est destiné à protéger. Deuxièmement, un corps de magistrature obligé de veiller sous les yeux du prince au maintien et à l’exécution constante et uniforme de ces lois… », J.-N. MOREAU, Discours sur l’Histoire, op. cit., t. I, p. 55.
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[46]
V. J.-N. MOREAU, Exposition et défense…, op. cit., t. II, pp. 331-333.
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[47]
« Malheur à qui voudroit établir, pour les souverains et pour les États, une morale différente de celle qui doit régler les actions des particuliers ! », résume Moreau dans son Discours sur l’Histoire, op. cit., t. XVII, p. 385.
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[48]
Louis Adrien Le Paige est considéré comme l’un des principaux théoriciens de l’opposition parlementaire sous Louis XV, en particulier du fait de ses Lettres historiques sur les fonctions essentielles du parlement, 1753.
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[49]
G. BONNOT DE MABLY, Observations sur l’histoire de France, op. cit.
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[50]
J.-N. MOREAU, Discours sur l’Histoire, op. cit., t. III, pp. 149-150.
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[51]
Ibid., t. I, p. 39.
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[52]
Il est certain que Moreau a prêté la main à la réforme en acceptant de se rendre en Provence pour délivrer aux magistrats rebelles leurs lettres d’exil, v. Mes Souvenirs, par Jacob-Nicolas Moreau, 2 vol., Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1898-1901, t. I, p. 258.
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[53]
C’est notamment ce que remarque Jean-François Jacouty qui analyse les conceptions de la jeune aristocrate dans « Une contribution à la pensée aristocratique des Lumières. La Théorie des lois politique de la Monarchie française de Pauline de Lézardière », Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, n° 17, 2003/1, pp. 3-47, ici p. 11.
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[54]
Pour une présentation du débat, v. plus particulièrement l’ouvrage de C. NICOLLET, La fabrique d’une nation. La France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2003.
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[55]
J.-B. DUBOS, Histoire critique de l’établissement de la monarchie française dans les Gaules, 3 vol., Paris, Omont, 1734.
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[56]
J.-N. MOREAU, Discours sur l’Histoire, op. cit., t. I, p. 19.
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[57]
« Écartons donc sans retour cet absurde système du comte de Boulainvilliers qui croit flatter la noblesse française en la persuadant qu’elle était sortie toute armée des marais de Germanie ou des forêts du Nord », ibid., t. XIV, pp. 115-116.
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[58]
« La puissance de gouvernement change alors en puissance de propriété et ce désordre est le plus grand fléau qui puisse menacer l’humanité. La même époque qui vit nos rois dépouillés de leur autorité vit l’anéantissement, ou si vous l’aimez mieux, la suspension de toutes les législations politiques », J.-N. MOREAU, Leçons de morale…, op. cit., p. 80.
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[59]
J.-N. MOREAU, Discours sur l’Histoire, op. cit., t. VII, p. 365.
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[60]
T. III, quatrième partie de la deuxième époque.
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[61]
L’historiographe mène plus particulièrement cette réflexion dans le troisième tome de son Discours sur l’Histoire de France, op. cit., p. 107 et suiv. Opinion qu’il réitère dans son Exposition et défense de notre constitution monarchique françoise, précédée de l’historique de toutes nos assemblée nationales, 2 vol., Paris, Moutard, 1789.
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[62]
M.-P. DE LÉZARDIÈRE, Théorie des lois politiques de la monarchie française, op. cit., t. I, p. 588 et s.
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[63]
Expression insérée dans le recueil de Baluze.
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[64]
M.-P. DE LÉZARDIÈRE, Théorie des lois politiques de la monarchie française, op. cit., t. I.
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[65]
À partir du moment où un parlement se distingue de l’ancienne curia regis, Mlle de Lézardière lui reconnaît le partage du pouvoir législatif avec le roi, voir ibid., IIe partie, livre VI, chap. 4.
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[66]
C’est l’expression qu’emploie l’avocat Camus devant l’Assemblée nationale lors de la séance du 2 décembre 1790.
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[67]
Quelques-uns seront pourtant sauvés, puis vendus vers 1800.
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[68]
On voit la monarchie elle-même prise entre la raison et l’histoire. Les réformes se justifient par l’utilité publique ; les rapports avec les corps se définissent par rapport au passé, v. K. BAKER, « Representation redefined », in Inventing the French Revolution, Cambridge, Cambridge university press, 1990, pp. 224-251.
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[69]
É. FOURNIER, Une famille vendéenne…, op. cit., p. 49.
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[70]
Il cite à plusieurs reprises Mlle de Lézardière dans son Histoire du droit romain au Moyen Âge, Paris, A. Mesnier, 1830.
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[71]
Villemain, alors ministre des Affaires étrangères, aurait également encouragé cette publication.
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[72]
Charles de Lézardière complète cette publication par la troisième époque restée inédite. Lui-même élu membre de la chambre des députés en 1824 présente ainsi sa sœur dans l’Avertissement : « Nourrie, pour ainsi parler, des traditions de l’antique, elle se rattacha en 1814, aux conditions de cette monarchie nouvelle… Elle espéra que soient assurés par la charte, les deux objets de son culte, la monarchie et la liberté ».
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[73]
C. MERLAND, « Mademoiselle de Lézardière », art. cit., p. 171.
En 1774, une jeune fille de dix-sept ans entend ajouter sa voix au débat sur la constitution du royaume, Marie-Pauline de Lézardière. Son père, de noblesse poitevine, bien introduit à la cour, présente dès cette année au nouveau roi Louis XVI les écrits de sa fille. Dans chacun, celle-ci se prononce sur les questions d’actualité : la place des parlements, les assemblées provinciales, la forme des états généraux ou encore la Constitution civile du clergé. Le plus connu sera plusieurs fois publié à partir de 1792, et son titre fait clairement connaître son objet : Théorie des lois politiques de la monarchie française. D’autres ouvrages de Mlle de Lézardière sont à la fois conservés aux Archives nationales et diffusés par l’édition qu’en a donnée Élie Carcassonne en 1927. Enfin, la famille de Lézardière accepte aujourd’hui que soit révélé le reste de ses manuscrits. Nous espérons travailler à leur publication prochaine avec le concours des Archives départementales de Vendée. À travers son œuvre, Mlle de Lézardière prétend, comme d’autres de ses contemporains, dégager du passé les vrais principes de la monarchie française et par là trouver les moyens de sa régénération. Le modèle qu’elle prône est celui d’une alliance entre la monarchie et une aristocratie qu’elle fait remonter à la conquête franque. Ces manuscrits ont beau contester la souveraineté absolue du monarque, ils ne forment en rien des diatribes ou des libelles. Il ne s’agit pas de mettre le débat sur la place publique ; ses écrits sont destinés exclusivement à Louis XVI et ses ministres afin de les éclairer…
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