Article de revue

René Parodi, le martyr de la résistance judiciaire

Pages 189 à 194

Citer cet article


  • Jean, J.-P.
(2019). René Parodi, le martyr de la résistance judiciaire. Histoire de la justice, 29(1), 189-194. https://doi.org/10.3917/rhj.029.0189.

  • Jean, Jean-Paul.
« René Parodi, le martyr de la résistance judiciaire ». Histoire de la justice, 2019/1 N° 29, 2019. p.189-194. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-histoire-de-la-justice-2019-1-page-189?lang=fr.

  • JEAN, Jean-Paul,
2019. René Parodi, le martyr de la résistance judiciaire. Histoire de la justice, 2019/1 N° 29, p.189-194. DOI : 10.3917/rhj.029.0189. URL : https://droit.cairn.info/revue-histoire-de-la-justice-2019-1-page-189?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhj.029.0189


Notes

  • [1]
    Dossier personnel (BB 3453) et archives familiales.
  • [2]
    Maurice Gabolde (1891-1972), rédacteur de l’article 10 prévoyant la rétroactivité de la loi du 14 août 1941 instaurant la section spéciale de la cour d’appel de Paris, sera le garde des Sceaux du maréchal Pétain du 26 mars 1943 au 17 août 1944, puis le suivra à Sigmaringen, avant d’être condamné à mort par contumace à la Libération. Il finit sa vie dans l’Espagne du maréchal Franco.
  • [3]
    Eléments reconstitués notamment d’après le texte de l’hommage à René Parodi rendu par Christian Pineau le 24 juin 1964. C’est dans son appartement de la rue de Verneuil qu’était édité le bulletin hebdomadaire Libération.
  • [4]
    Témoignages de Christian Pineau et Maurice Rolland, archives familiales.
  • [5]
    Christian Pineau, Ibid.
  • [6]
    Rapport du 24 mars 1945. Je remercie Claude Parodi de m’avoir donné accès aux documents personnels que qui étaient en possession de sa famille, ainsi qu’aux pièces judiciaires qui lui avaient été remises par Charles Zambeaux, magistrat résistant, directeur du cabinet du garde des Sceaux à la Libération.
  • [7]
    Le docteur Lucien Diamant-Berger a été déporté en Allemagne peu de temps après. Il a publié après-guerre Prisons tragiques, prisons comiques, prisons grivoises (Paris, Raoul Solar, 1947). Sa fille Odile, elle aussi médecin, créera au début des années quatre-vingt le premier service des urgences médico-judiciaires à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, avec l’appui du substitut Laurent Davenas, fils du magistrat résistant Fernand Davenas.
  • [8]
    Il précise que Moelter, âgé d’environ 35 ans, connu parmi les prisonniers pour être un des bourreaux de la prison de Fresnes, s’était enfui le 18 août 1944, juste avant l’arrivée des Alliés.
  • [9]
    Alors interne dans le service de Robert Debré.
  • [10]
    Maître des requêtes au Conseil d’État, directeur général du Travail et de la Main-d’œuvre, Alexandre Parodi est révoqué par Vichy dès octobre 1940 et retourne au Conseil d’État, alors installé dans le Puy-de-Dôme. Il entre dans la Résistance et, à partir de 1942, avec François de Menthon, Paul Bastid et Robert Lacoste, fonde le Comité général d’Étude (CGE), qui conçoit les réformes judiciaires à prévoir à la Libération. Dès l’été 1943, il passe dans la clandestinité et devient, en mars 1944, le chef de l’’administration clandestine chargé de mettre en place les futurs cadres de la Libération. En août 1944, Alexandre Parodi est élevé au rang de ministre au moment où débute l’insurrection dans la capitale. Le 17 août, il place la résistance parisienne sous les ordres du colonel Rol-Tanguy, puis met en place les responsables de la nouvelle Administration, avant d’accueillir, le 25, le général de Gaulle qui le nomme compagnon de la Libération. Ministre du Travail et de la Sécurité sociale jusqu’en novembre 1945, il entame ensuite une carrière diplomatique, avant de succéder à René Cassin comme vice-président du Conseil d’État.
  • [11]
    Propos de son ami d’enfance et résistant du réseau Libération-Nord, le journaliste Jean Texier, dans Paris-Normandie, 20 avril 1952.
  • [12]
    Selon Maurice Rolland, le grand magistrat résistant, qui fit une partie de ses études en sa compagnie et dont il resta toujours très proche. Voir J.-P. Jean, « Le rôle de Maurice Rolland (1904-1988) et de l’Inspection des services judiciaires à la Libération » (« Histoire de la justice », no 18, 2008, p. 133-14).
  • [13]
    Témoignage écrit, documents privés de la famille Parodi.
  • [14]
    Fonds Maurice Rolland (AP 490).
  • [15]
    André Mornet (1870-1955), magistrat qui a joué un rôle de premier plan lors de l’Épuration, mais dont le parcours sous Vichy est controversé. Voir J.-P. Jean, « Juger sous Vichy et à la libération ».
  • [16]
    C. Pineau, ibid : « Maintenant il est un martyr, c’est-à-dire un héros, l’un des premiers de l’histoire sombre et exaltante de la Résistance française. »
  • [17]
    A. Kaplan, Intelligence avec l’ennemi. Le procès Brasillach, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2003 [2001], p. 283.
  • [18]
    La promotion 2014 de l’École nationale de la magistrature lui a, depuis, aussi donné son nom.
Français

René Parodi, frère d’Alexandre Parodi, était substitut au tribunal de la Seine, lorsqu’il s’engagea très tôt dans la Résistance active contre l’occupant, aux côtés de son collègue Maurice Rolland. Arrêté par la Gestapo en avril 1942, il fut découvert mort par pendaison dans sa cellule de la prison de Fresnes après avoir été torturé par les Allemands. À la Libération, tel un symbole, il devint le martyr de la résistance judiciaire, dont le rappel de l’engagement et du sacrifice devait légitimer, lors des procès de la collaboration, un corps professionnel mis en cause pour son attitude sous le régime de Vichy.


English

René Parodi, the martyr of judicial resistance

René Parodi, the brother of Alexandre Parodi, was a deputy prosecutor for the Seine court when he joined at an early stage the active Resistance against the occupying army, alongside his colleague Maurice Rolland. Arrested by the Gestapo in April 1942, he was found hanged dead in his cell, at the Fresnes prison, after having been tortured by the Germans. At the Liberation, as a symbol, he became the “martyr” of judicial Resistance, whose commitment and sacrifice were celebrated during the French collaboration trials as a way to legitimate a professional body which was blamed for its behavior under the Vichy regime.


Date de mise en ligne : 20/12/2018

https://doi.org/10.3917/rhj.029.0189

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