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Article de revue

Droit national et histoire nationale : les recherches érudites des fondateurs du droit français

Pages 37 à 52

Citer cet article


  • Thireau, J.-L.
(2003). Droit national et histoire nationale : les recherches érudites des fondateurs du droit français. Droits, 38(2), 37-52. https://doi.org/10.3917/droit.038.0037.

  • Thireau, Jean-Louis.
« Droit national et histoire nationale : les recherches érudites des fondateurs du droit français ». Droits, 2003/2 n° 38, 2003. p.37-52. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-droits-2003-2-page-37?lang=fr.

  • THIREAU, Jean-Louis,
2003. Droit national et histoire nationale : les recherches érudites des fondateurs du droit français. Droits, 2003/2 n° 38, p.37-52. DOI : 10.3917/droit.038.0037. URL : https://droit.cairn.info/revue-droits-2003-2-page-37?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/droit.038.0037


Notes

  • [1]
    J. Gaudemet, “ Les tendances à l’unification du droit en France dans les derniers siècles de l’Ancien Régime (xvi e-xviii e s.) ”, La Formazione storica del diritto moderno in Europa, Florence, 1977, t. I, p. 157-194 ; J.-L. Thireau, “ Le comparatisme et la naissance du droit français ”, Revue d’histoire des facultés de droit et de la science juridique, 1990, no 10-11, p. 153-191 ; D. Gaurier, “ La revendication d’un droit national contre le droit romain : le droit commun coutumier en France de la fin du xvi e au début du xvii e siècle ”, Revue internationale des droits de l’Antiquité, t. XLI, suppl., 1994, Droit romain et identité européenne, p. 29-47.
  • [2]
    Olivier Jouanjan, “ Science juridique et codification en Allemagne (1850-1900) ”, Droits, XXVII, 1998, p. 65-86.
  • [3]
    A. Jouanna et al., Histoire et dictionnaire des guerres de religion, Paris, 1998, v° Histoire et historiens, p. 974-976 ; D. Kelley, Foundations of Modern Historical Scholarship. Language, Law and History in the French Renaissance, New York, 1970 ; G. Huppert, L’idée de l’histoire parfaite, trad. franç., Paris, 1973 ; C.-G. Dubois, La conception de l’histoire en France au xvi e siècle, Paris, 1977.
  • [4]
    G. Sergi, L’idée de Moyen Âge. Entre sens commun et pratique historique, trad. franç., Paris, 2000.
  • [5]
    D. Maffei, Gli inizi del Umanesimo giuridico, Milan, 1956 ; S. Rials, “ Veritas juris. La vérité du droit écrit. Critique philologique humaniste et culture juridique moderne de la forme ”, Droits, XXVI, 1997, p. 101-182.
  • [6]
    R. Orestano, Introduzione allo studio storico del diritto romano, 2e éd., Turin, 1961.
  • [7]
    D. R. Kelley, “ Jurisconsultus perfectus : the lawyer as Renaissance man ”, Journal of the Warburg and Courtauld Institute, vol. 51, 1988, p. 84-102.
  • [8]
    L’idée de l’histoire parfaite, en particulier appendice I, Culture et société en France (1540-1584), p. 193-200, et, sur l’aspect social, du même auteur, Bourgeois et gentilshommes. La réussite sociale en France au xvi e siècle, trad. franç., Paris, 1983.
  • [9]
    D. R. Kelley, Foundations..., chap. X, The Rise of Medievalism : Étienne Pasquier Searches for a National Past, p. 271-300 ; M. Fumaroli, “ Aux origines de la connaissance historique du Moyen Âge : humanisme, réforme et gallicanisme au xvi e siècle ”, xvii e siècle, no 114-115 (1977), p. 5-29 ; C. Beaune, Naissance de la nation France, Paris, 1985.
  • [10]
    Lettres d’Étienne Pasquier, Liv. II, lettre 1, Œuvres d’Étienne Pasquier, Amsterdam, 1723, t. II, col. 28.
  • [11]
    Rééd. par R. Dareste et Éd. Laboulaye, Le Grand Coutumier de France, Paris, 1868, p. xlvii-xlviii.
  • [12]
    Mémoires de Beauvais et du Beauvoisis, Paris, 1617, p. 203.
  • [13]
    Recherches de la France, Liv. I, éd. M. M. Fragonard et F. Roudaud, Paris, 1996, t. I, p. 251-252.
  • [14]
    M. Yardeni, La conscience nationale en France pendant les guerres de religion (1559-1598), Louvain-Paris, 1971 ; A. Tallon, Conscience nationale et sentiment religieux en France au xvi e siècle, Paris, 2002, et, sur le plan culturel et linguistique, J.-Fr. Dubost, La France italienne (xvi e-xvii e siècles), Paris, 1997 ; M. T. Jones-Davies (dir.), Langues et nations au temps de la Renaissance, Paris, 1991.
  • [15]
    Cf. d’un point de vue plus général, A. Jouanna, “ La quête des origines dans l’historiographie française de la fin du xv e siècle et du début du xvi e ”, La France de la fin du xv e siècle : renouveau et apogée, B. Chevalier et Ph. Contamine (dir.), Paris, 1985, p. 301-311.
  • [16]
    C.-G. Dubois, Celtes et Gaulois au xvi e siècle. Le développement littéraire d’un mythe nationaliste, Paris, 1972, et “ Nos ancêtres les Gaulois. Le développement d’un mythe des origines nationales au xvi e siècle ”, Nos ancêtres les Gaulois. Actes du Colloque international de Clermont-Ferrand, 1982, p. 19-27. Parmi les auteurs médiévaux, il n’y avait guère eu que Richer pour s’intéresser aux Gaulois : M. Sot, “ Richer de Reims a-t-il écrit une Histoire de France ? ”, Histoires de France, historiens de la France. Actes du Colloque international de Reims, 14-15 mai 1993, Y.-M. Bercé et Ph. Contamine (dir.), Paris, 1994, p. 47-58. Ils avaient aussi retenu l’attention des humanistes italiens du xv e siècle : P. Gilli, “ L’histoire de France vue par les Italiens à la fin du quattrocento ”, ibid., p. 73-90.
  • [17]
    V. ma thèse, Charles Du Moulin (1500-1566). Étude sur les sources, la méthode, les idées politiques et économiques d’un juriste de la Renaissance, Genève, 1980, p. 95 et s., et sur la place de l’histoire nationale dans sa pensée juridique, p. 197 et s.
  • [18]
    D. R. Kelley, Foundations of modern historical Scholarship, chap. VII, Feudal Law and history : The legists Investigate the history of institutions, p. 183-214.
  • [19]
    In Cons. Parisiensis, Epitome, Caroli Molinaei Opera, Paris, 1658, t. I, col. 5-48.
  • [20]
    Histoire de Nivernois, Œuvres de Guy Coquille, Paris, 1666, t. I, p. 517-519, et Coustumes de Nivernois, introd., ibid., t. II, p. 1-3. V. mes “ Préfaces de Guy Coquille ”, Revue d’histoire des facultés de droit et de la science juridique, 1998, no 19, p. 217-233.
  • [21]
    Questions, responses et méditations sur les articles des coustumes, qu. 314, éd. citée, t. II, p. 426-427.
  • [22]
    Coustumes de Nivernois, éd. citée, t. II, p. 46. Cf. A. Jouanna, Ordre social. Mythes et hiérarchies dans la France du xvi e siècle, Paris, 1977, p. 170-172.
  • [23]
    Ibid., p. 230 et s.
  • [24]
    Pandectes ou Digeste du Droit françois, Liv. I, chap. II, Œuvres de Louis Le Caron, Paris, 1637, t. I, p. 3-6.
  • [25]
    Étienne Pasquier et ses Recherches de la France, Cahiers V. L. Saulnier no 8, Presses de l’ens, Paris, 1991. P. Bouteiller, “ Étienne Pasquier et l’histoire de France au xvi e siècle ”, Histoires de France, historiens de la France, op. cit., p. 137-148.
  • [26]
    Lettres, Liv. IX, I, Œuvres d’Étienne Pasquier, Amsterdam, 1723, t. II, col. 221-228. Cf. mon article : “ Le comparatisme et la naissance du droit français ”, loc. cit., p. 171 et s.
  • [27]
    Lettres, Liv. IX, lettre 1, éd. citée, t. II, col. 225 ; cf. Lettres, Liv. XIX, lettre 15, éd. citée, t. II, col. 577.

Le bicentenaire du Code civil offre l’occasion d’évoquer de lointains ancêtres, pour la plupart oubliés, mais dont le rôle a été décisif dans la genèse du droit moderne et que l’on peut considérer à ce titre, sinon comme les pères, du moins comme les grands-pères de notre Code. En particulier ceux qui lui ont ouvert la voie en dégageant la notion de droit français. Car, avant de songer à codifier le droit, il fallait concevoir l’idée qu’il s’inscrivait dans un cadre national. Il fallait aussi lui donner une unité relative en surmontant la diversité des éléments (coutumes, lois, emprunts au droit romain, décisions jurisprudentielles) qui le composaient.
La date de naissance du droit français est connue : elle se situe dans la seconde moitié du xvi e siècle, époque où l’on commence à employer l’expression, ou celles, équivalentes, de “ droit de la France ”, de “ droit des Français ”, et à le prendre pour sujet d’ouvrages spécialisés. Ses géniteurs le sont également : ce sont les jurisconsultes gallicans qui, en un temps de forte exaltation du sentiment national, ont soutenu l’indépendance et même la supériorité de la France, de sa langue, de sa culture, de ses institutions. Prise de position qui peut aujourd’hui sembler banale, tant les siècles écoulés depuis lors nous ont habitués à cette vision nationale du droit, mais qui impliquait à l’époque une rupture radicale avec la tradition bartoliste du jus commune, encore bien vivante et longtemps dominante au xvi e siècle. La doctrine médiévale ne laissait pas place à un droit proprement national : le droit, c’était d’abord l…


Date de mise en ligne : 19/10/2015

https://doi.org/10.3917/droit.038.0037

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