Que reste-t-il de l’État gaullien ?
- Par Arnaud Teyssier
Pages 16 à 22
Citer cet article
- TEYSSIER, Arnaud,
- Teyssier, Arnaud.
- Teyssier, A.
https://doi.org/10.3917/csj.061.0017
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- Teyssier, Arnaud.
- TEYSSIER, Arnaud,
https://doi.org/10.3917/csj.061.0017
Notes
- (1)Discours sur l’état actuel de la politique et de la science militaire en Europe.
Au soir de sa vie, en 2008, Pierre
Lefranc, figure historique du
gaullisme, aurait déclaré dans
une réunion publique : « Que reste-t-il
aujourd’hui de la construction et de l’œuvre
de Charles de Gaulle ? Peu de choses, rien
presque. » Près de vingt ans plus tard, le
régime de la Ve République a pourtant fait
la preuve d’une incroyable « résilience », ne
serait-ce que par la capacité qu’il a montrée
à surmonter l’incroyable défi, le puissant
traumatisme économique, social, mental,
du COVID. Et malgré les événements
récents – dissolution, absence persistante
de majorité, motions de censure, succession
de gouvernements sans lendemain, retour
apparent aux mœurs et usages de la IVème
République -, malgré l’acharnement que
l’on observe souvent à en détruire l’esprit
et la rationalité, il ne semble toujours pas
avoir rendu les armes.
Alors ? Pour mesurer l’étendue du désastre,
car certains fondamentaux de l’œuvre
gaullienne semblent bel et bien atteints, et
de manière assez profonde – chacun parle
aujourd’hui d’une « crise de régime », plus
que d’une crise politique classique -, il faut
d’abord revenir à la logique historique dont
elle est le fruit, et aux principes qui l’ont
inspirée.
1958 n’a jamais été – ni dans les intentions,
ni dans les faits - une rupture, mais un
aboutissement. Et notre constitution n’a
nullement été « taillée sur mesure » pour un
homme exceptionnel : elle a été conçue au
contraire, et pour autant qu’on en respecte
l’esprit et les règles, de façon à être portée
et incarnée par des hommes ordinaires…
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