Article de revue

SMA : au service de la jeunesse d’Outre-mer

Pages 99 à 100

Citer cet article


  • Peloux, C.
(2022). SMA : au service de la jeunesse d’Outre-mer. Administration, 276(4), 99-100. https://doi.org/10.3917/admi.276.0099.

  • Peloux, Claude.
« SMA : au service de la jeunesse d’Outre-mer ». Administration, 2022/4 N° 276, 2022. p.99-100. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-administration-2022-4-page-99?lang=fr.

  • PELOUX, Claude,
2022. SMA : au service de la jeunesse d’Outre-mer. Administration, 2022/4 N° 276, p.99-100. DOI : 10.3917/admi.276.0099. URL : https://droit.cairn.info/revue-administration-2022-4-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/admi.276.0099


Le Service militaire adapté est un dispositif militaire d’insertion socioprofessionnelle au profit majoritairement de jeunes femmes et hommes de 16 à 25 ans éloignés de l’emploi et résidant en Outre-mer.

1 Depuis sa création en 1961, le SMA n’a cessé de se développer en se déployant à La Réunion (1965), en Nouvelle-Calédonie (1986) à Mayotte (1988), et en Polynésie française (1989), ainsi qu’à Périgueux (1995), avec un centre dédié à la mobilité et à la formation. Ce dernier constitue le seul centre de formation du SMA en métropole et permet aux jeunes ultramarins d’y suivre une formation qualifiante, à l’issue de leur parcours dans un RSMA. Mis pour emploi par les armées au ministère des Outre-mer, le SMA propose ainsi une réponse ciblée au chômage, à la désocialisation, à l’illettrisme et aux besoins de qualification des jeunes ultramarins de 18 à 25 ans. Avec près de 1 300 cadres, militaires et civils, des forces armées, les régiments du SMA proposent un parcours complet pour développer et renforcer les compétences sociales, citoyennes et professionnelles de ses bénéficiaires, qui s’engagent au SMA sur volontariat. Dispositif d’insertion socioprofessionnelle, il concourt ainsi à la montée en compétences des plus éloignés de l’emploi, réduisant l’inégalité des chances

Description de l'image par IA : Hommes travaillent sur équipement de climatisation.
Instruction “métiers du froid et de la climatisation”
© RSMA de la Réunion

2 Chaque année, le SMA accueille environ 6 000 jeunes ultramarins, dont 30 % de jeunes femmes et permet à plus de 80 % d’entre eux de trouver un emploi ou une formation qualifiante à l’issue de leur formation. Parmi ces jeunes insérés, 70 % le sont sur leur territoire d’origine. Afin de favoriser l’emploi des volontaires, chaque RSMA adapte en permanence ses formations aux besoins du marché de l’emploi local, faisant ainsi valider ses demandes de modification lors du conseil de perfectionnement annuel du RSMA, présidé par le préfet. Dispositif reconnu grâce à sa pédagogie et ses résultats, dans les départements et territoires ultramarins, mais aussi en métropole, le modèle SMA a servi de référence à d’autres dispositifs tels que les établissements pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE, lancés en 2005) ou le service militaire volontaire (SMV) lancé en 2015.

Une ligne directrice : s’adapter à chaque situation et valoriser le volontaire

3 Savoir-être, savoir-faire, savoir-devenir : ces trois piliers de la formation prennent tout leur sens dans un parcours individualisé, qui permet à chaque jeune de choisir sa formation (entre 6 et 12 mois) en fonction de son bilan d’orientation initial, selon deux critères principaux : la formation souhaitée par domaine professionnel et le niveau d’illettrisme Le SMA propose ainsi deux types de cursus, plus ou moins long selon le besoin de remise à niveau du volontaire. Schématiquement, les cursus courts (6 à 8 mois) sont plus destinés à des jeunes, souvent diplômés et n’arrivant pas à obtenir un emploi, malgré leurs compétences déjà acquises et leur niveau scolaire. Leur formation au SMA va ainsi consolider leurs atouts et les remobiliser vers l’emploi.

4 Les cursus longs (10 à 12 mois) s’adressent aux jeunes les plus touchés par l’illettrisme, généralement sans diplôme, afin de permettre d’avoir le temps d’apprendre à apprendre et de répéter les gestes techniques. En outre, certaines formations sont diplômantes et qualifiantes, permettant aux volontaires d’avoir tous les atouts pour s’insérer durablement sur le marché du travail.

5 Outils indispensables pour devenir autonome et ainsi compléter la formation professionnelle, les volontaires ont la possibilité d’être présentés au permis de conduire, de passer le SST (Sécurité, Santé, Travail), d’autres qualifications (travail en hauteur, habilitation électrique, AIPR, …) et CACES selon les filières de formation.

6 Enfin, spécificité du SMA, chaque formation débute par une période de formation militaire, afin d’apprendre à chacun à se dépasser, la force du groupe, mais aussi à adhérer aux valeurs militaires de l’engagement et du service.

7 Chaque volontaire bénéficie d’un suivi personnalisé. Des bilans intermédiaires sont ainsi réalisés afin de l’aider à définir son parcours professionnel et l’encadrement reste en permanence disponible. En outre, un accompagnement médico-psycho-social a été mis en place, afin de lever les derniers freins à l’insertion et accompagner les volontaires vers l’autonomie.

Une diversité préservée : par le prisme des territoires

8 Dans chaque RSMA, le parcours de formation respecte les mêmes basiques qui font sa réussite et qui ont prouvé leur efficacité. La finalité est « la capacité à faire » grâce à un apprentissage contextualisé, une pédagogie fondée sur la mise en situation. La qualité du parcours proposé et la capacité d’adaptation du cursus à chacun font la force des SMA. Portant toutes les dynamiques socio-économiques spécifiques des territoires d’outre-mer, le SMA se veut être une réponse efficace, adaptée et durable à la fois pour les jeunes, les entreprises et les politiques publiques des territoires ultramarins.

9 Les clés de réussite résident aussi dans la prise en compte des spécificités culturelles, économiques et sociales, ainsi que dans la bonne collaboration avec les prescripteurs et partenaires du SMA : entreprises locales, grands groupes internationaux, missions locales, Pôle Emploi et tous les organismes de formation et d’insertion professionnelle. Les familles jouent également un rôle de prescripteur pour le recrutement de stagiaires. Bien souvent, le grand frère, l’oncle ou la cousine qui a réussi grâce au SMA en est le meilleur ambassadeur et a valeur d’exemple pour le jeune décrocheur scolaire ou en mal de projet.

Description de l'image par IA : Des militaires en uniforme, casquettes bleues, alignés en rangées.
Incorporation de jeunes volontaires stagiaires
© RSMA Mayotte

Le SMA, une aventure humaine

10 Le SMA offre une aventure humaine tant individuelle que collective, aussi bien pour les volontaires que pour les cadres des armées venus encadrer ces jeunes ultramarins. Outre leur rôle principal de formation, les unités peuvent être sollicitées ou réquisitionnées dans le cadre d’un plan d’urgence et de secours, comme ce fut le cas lors du plan Cyclone, de la crise du chikungunya et plus récemment pendant la pandémie de Covid-19, dans le cadre de l’opération Résilience. Enfin, les volontaires participent à des chantiers pédagogiques citoyens dans une démarche civique d’aide aux populations et de sensibilisation.

Horizon 2030 : résolument tourné vers l’avenir

11 Le SMA continue d’évoluer en fonction des besoins de cette jeunesse pour lui apporter davantage de compétences sociales et professionnelles. À l’horizon 2030, cette transformation intégrera pleinement un ensemble d’outils et d’enjeux numériques pour lutter encore plus efficacement contre l’illettrisme et l’illectronisme, tout en travaillant à l’obtention du permis pour tous.

12 En parallèle, toujours à l’écoute du marché de l’emploi local, les RSMA conserveront leur capacité d’innovation et d’ouverture de filière de formation afin de répondre au mieux aux besoins des employeurs. La qualité de la formation sera encore améliorée, permettant à certaines d’être qualifiante et diplômante. Prônant une réponse globale à l’exclusion, à la désocialisation et au décrochage scolaire dans un cadre militaire structurant, le dispositif SMA permet à chaque jeune ultramarin volontaire de trouver pleinement sa place au sein de son territoire et de la République.

13 Ainsi, chaque volontaire pourra faire sienne le code du volontaire et conclure : « Armé pour la vie, je m’attacherai à rester fidèle à sa devise, “La réussite par l’effort et le travail”. »


Date de mise en ligne : 19/01/2023

https://doi.org/10.3917/admi.276.0099