Chapitre 2. Retrouver la confiance de la population
- Par Anthony Caillé
Pages 37 à 53
Citer ce chapitre
- CAILLÉ, Anthony,
- Caillé, Anthony.
- Caillé, A.
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Notes
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[1]
Fabien Jobard et René Lévy, « Les contrôles d’identités à Paris », Questions pénales, Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institution pénales (CESDIP), janvier 2010.
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[2]
Il faudra aussi probablement se pencher sur l’approche psychologique de l’activité de police dans la mesure où les formations actuelles placent le policier dans un rapport d’autorité avec les justiciables. Le contrôle d’identité se révèle ainsi être une manière facile d’affirmer cette autorité sur les citoyens et les citoyennes.
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[3]
Pas de chiffres sur le découragement des usagers et des usagères, mais des indicateurs préoccupants : 1 commissariat pour 96 000 habitants (Cour des comptes, 2023), des transferts vers la gendarmerie (Livre blanc, 2020), un temps d’accès supérieur à 30 minutes dans certains territoires (DGPN, PLF 2023), des horaires limités. Plusieurs rapports (Défenseur des droits, CNCDH, IGPN/Franceinfo 2025) signalent un accueil souvent inadapté, voire dissuasif, notamment pour les victimes.
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[4]
Logiciel de rédaction des procédures de la police nationale créé par décret 2011-110 du 27 janvier 2011.
Je le constate chaque jour : la défiance envers la police n’est plus un malaise passager. Elle s’est installée. Dans les quartiers dits « populaires » comme dans les cortèges de manifestants, dans les centres-villes comme dans les campagnes, le lien entre police et population est fragilisé par des décennies de politiques sécuritaires, de doctrines répressives et de pratiques parfois arbitraires.
Cette crise de confiance révèle un dérèglement profond : celui d’une institution qui s’est progressivement éloignée de sa vocation première de service public. Trop souvent, la police n’est plus perçue comme un recours, mais comme un instrument de contrôle, de punition, de stigmatisation. Dans le même temps, l’essor rapide des polices municipales – près de 30 000 agents, souvent sans doctrine d’emploi claire – remplace localement une police nationale de plus en plus absente du quotidien. Ce glissement fragmente la réponse publique, affaiblit le principe d’unicité républicaine, et nourrit le sentiment d’injustice.
Je veux ici rouvrir une voie. Non pas en dressant un procès à charge de la police, mais en posant une question simple : au service de qui, et de quoi, la police travaille-t-elle ? Car ses missions essentielles devraient être évidentes : protéger, répondre aux urgences, écouter les victimes, prévenir les conflits. Ce chapitre plaide pour une police de proximité, visible, humaine, respectée et respectueuse. Et il puise dans certaines expériences internationales des exemples concrets qui prouvent qu’une autre approche est possible : une sécurité construite sur la confiance, pas sur la peur…
Date de mise en ligne : 04/06/2026
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