L’abolitionnisme pénal face aux situations-limites
Les auteurs récalcitrants/les grands criminels/ les victimes d’homicides
Pages 213 à 214
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- DE LAGASNERIE, Geoffroy,
- De Lagasnerie, Geoffroy.
- De Lagasnerie, G.
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- De Lagasnerie, G.
- De Lagasnerie, Geoffroy.
- DE LAGASNERIE, Geoffroy,
La confrontation de l’abolitionnisme pénal aux questions qui fonctionnent par rapport à lui comme des problèmes limites n’est pas un enjeu parmi d’autres. Les aborder, ce n’est pas simplement tenter d’étendre cette rationalité à des zones troubles ou inquiétantes, à des cas particuliers ou à des situations rares et exceptionnelles. C’est entrer au cœur de cette réflexion et des enjeux concrets qu’elle soulève.
Car dès que l’on évoque l’abolitionnisme pénal ou que l’on formule un discours critique de l’action répressive, un certain nombre de réticences fondamentales s’expriment. L’abolitionnisme pénal apparaît comme une utopie potentiellement attrayante mais au fond irréaliste. Car la présence dans toute société de grands criminels ou d’individus animés par des pulsions mauvaises, de scènes extrêmement violentes, de réseaux criminels ou terroristes, de désirs déviants semble démentir la possibilité d’inventer un ordre politique qui renoncerait à jamais et pour toujours à l’usage de la contrainte pénale et à un appareil répressif. Qu’est-ce qui nous garantit que, sans justice pénale et sans prison, nous ne vivrons pas dans une société où explosent les comportements violents ? Et comment serait-il même possible, dans une société de cette nature, de faire respecter certaines règles simples et élémentaires ? L’abolitionnisme pénal ne déboucherait-il pas par principe sur le chaos social en sorte que, s’il pourrait s’agir d’une philosophie intéressante d’un point de vue théorique, elle serait dénuée de sens d’un point de vue pratique …
Date de mise en ligne : 01/09/2025
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