Chapitre premier
Les domaines médiateurs
Pages 206 à 253
Citer ce chapitre
- RENOUX-ZAGAMÉ, Marie-France,
- Renoux-Zagamé, Marie-France.
- Renoux-Zagamé, M.-F.
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- Renoux-Zagamé, M.-F.
- Renoux-Zagamé, Marie-France.
- RENOUX-ZAGAMÉ, Marie-France,
Notes
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[1]
C'est à elle, on le sait, qu'est consacré l'essentiel du premier Traité sur le gouvernement civil. On peut trouver une présentation de cet affrontement chez J. Tully, A discourse on property, ]. Locke and his adversaries, Cambridge, 1980, p. 55 et s.
-
[2]
Cf. en particulier Pufendorf, D.J.N.G., L. IV, c. 4, § 11 et 12.
-
[3]
Summa, op. cit., II, qu. XCIII.
-
[4]
Quia vir reprobus, op. cit., pp. 422 sq.
-
[5]
Cf. en particulier Bañez, Commentaria in secundam secundae, op. cit., ad qu. LXII, qu. 4, et Sayrus, Clavis regia..., op. cit., L. IX, c. VI, § 18.
-
[6]
A l'appui de cette remarque, on peut noter que Conrad (De contractibus, I, qu. X) se fonde sur le don particulier fait à Israël pour affirmer que certains domaines sont distincts par la volonté de Dieu.
-
[7]
Cf. Jean XXII, qui s'appuie essentiellement sur ce passage de la Genèse (op. cit.. p. 422).
-
[8]
Il portait, on le sait, sur le refus des Franciscains d'être considérés comme titulaires d'un dominium.
-
[9]
Ibid., eodem loco.
-
[10]
De pauperie Salvatoris, op. cit., II, c. 19.
-
[11]
Lib. de vita spirituati, op. cit., p. 189.
-
[12]
Op. cit., I, qu. 2.
-
[13]
De Justitia et Jure, op. cit., 1 IV, qu. 3, 1.
-
[14]
Op. cit., ad qu. LXII, qu. 4, p. 69.
-
[15]
Op. cit., IX, c. 6, § 18.
-
[16]
Op. cit., I, qu. 10.
-
[17]
Op. cit., L. IX, c. VI, § 18.
-
[18]
Op. cit., eod loco.
-
[19]
Gent. II, 9. Ces formules sont très souvent rappelées par les théologiens. Cf. Arellano, Opéra tripartita, op. cit., III, II, 9.
-
[20]
Ainsi Duns Scot semble s'être attaché essentiellement à la concession faite à Noé, et ce choix apparaît souvent comme la conséquence d'une vision dualiste du domaine : même s'ils n'osent pas le dire explicitement, le domaine pour ces auteurs ne prend véritablement naissance que dans le monde de la nature imparfaite, et ce domaine du péché, nécessairement particulier, n'a pas grand chose de commun avec celui qui existait dans l'état d'innocence (In quatuor libros Sententiarum, op. cit., IV, dist. XV, qu. 2).
-
[21]
Cf. par exemple Vitoria, De Indis, op. cit., S. II, §1, et Bañez, op. cit., eod. loco.
-
[22]
Vide supra Ie partie, S. I, ch. 2, B, 1, a.
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[23]
Ep. aux Romains, 5, 12.
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[24]
Cette assimilation était courante dans la pensée médiévale. Cf. par exemple Pelagius, De planctu Ecclesiae, op. cit., L. I, c. 36), et le rapprochement entre les deux concessions paraît encore fréquent au xvie. Cf. en ce sens la présentation de Vitoria au De Indis, op. cit., eod. loco.
-
[25]
Nous avons déjà évoqué ces textes (Vide supra eod. loco.). Il faut en particulier mentionnerle rôle joué par une affirmation faussement attribuée à saint Thomas. On sait en effet que les théologiens du xvie siècle tiennent le De regno dans son ensemble pour l'expression fidèle de sa pensée. Or, on trouve dans la partie écrite par B. de Lucques l'affirmation que le recensement de l'univers ordonné par Auguste lors de la naissance du Christ, a été fait en vertu de I'« imperium mundi » à lui donné « ex commissione et vice Cltristi » (De regno, 1. III c. 12). Ce texte, qui semble apporter aux thèses théocratiques l'appui de saint Thomas lui-même, a eu une importance certaine dans les discussions de ce point. Il est ainsi utilisé par Mendoza (Relectio theologica de Regno et Dominio Cltristi, op. cit., p. 691), et critiqué par Vitoria au De Indis, op. cit., loc. cit.
-
[26]
Summa, op. cit., L. II, qu. XCIII, mb. 2.
-
[27]
Op. cit., L, I, qu. 2.
-
[28]
Cf. par exemple Sayrus, qui s'en inspire très directement (op. cit., L. IX, c. 6, §18) et Suarez (De legibus, op. cit., III, c. 3, 3).
-
[29]
In epist. I,.ad Cor., P. L., t. XXXIV. Ces questions préoccuperont encore souvent les iusnaturalistes modernes V. infra IIe partie, S. II, A, 1, a.
-
[30]
Adnolationes in Genesim, op. cit., c. 7.
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[31]
Adnotationes in librum Geneseos allegoria, op. cit., L. I, c. X.
-
[32]
Op. cit., eod. loco.
-
[33]
Op. cit., 11, c. IX où il s'appuie sur l'autorité de Saint Paul.
-
[34]
Op. cit., I c. 36.
-
[35]
Ce texte de saint Augustin (In quaestionibus Veteris et Novi Testamenti utroque mixtum, qu. 45) est cité au Décret, II, c. XXXIII, qu. V, c. XIII. Il alimente encore deux siècles plus tard la réflexion d'Aragon (In IlamIIae commentaria, op. cit., qu. LXII, p. 98).
-
[36]
De monarchia, op. cit., L. I, p. 10.
-
[37]
Monarchia, sive Tractatus de Potestate Imperatoris, c. 4, in Goldast, op. cit., t. I, 4.
-
[38]
Op. cit., IV, qu. 3, 1.
-
[39]
Op. cit., p. 111.
-
[40]
Op. cit., I. III, c. II, § 3.
-
[41]
Op. cit., L. IX, c. 6, 18.
-
[42]
Op. cit., III, c, IX, § 2.
-
[43]
Institutiones juris publici universalis, naturae et gentium, Ratisbonne, 1741, 1, 16.
-
[44]
Op. cit., p. 33.
-
[45]
Op. cit., L. IX, c. 6, 18.
-
[46]
Cf. par exemple De Soto, op. cit., IV, III, 1.
-
[47]
Cf. par exemple saint Thomas, Ilallae, qu. LVI, a. 2, 3.
-
[48]
Elle semble avoir été diffusée par le Décret (lia pars, Causa XII, qu. 1).
-
[49]
Op. cit., I, c. 7.
-
[50]
De Indis, op. cit., loc. cit.
-
[51]
Cf. en particulier le raisonnement suivi au moyen âge par Pelagius (op. cit., I, ch. 36). Au xvie siècle encore, Aragon s'interroge sur le bien-fondé de cette interprétation (op. cit., qu. LXII, p. 98).
-
[52]
Op. cit., I. IV, c. VII, p. 340.
-
[53]
Pour reprendre l'expression du canoniste Arellano (op. cit., III, IV, 10).
-
[54]
Op. cit., IX, c. 6, 18.
-
[55]
Op. cit., IV, qu. 3, a. 1.
-
[56]
Op. cit., II, qu. XCIII, mb 2.
-
[57]
Op. cit., I, qu. 2.
-
[58]
Cf. par exemple P. de Aragon (op. cit., qu. LVII, p. 111.
-
[59]
Comme l'affirme Sayrus, op. cit., L. IX, c. VI, § 18.
-
[60]
Vide supra, 1e partie, ch. 3, B, 1, b.
-
[61]
C'est l'affirmation de De Soto, op. cit., L. IV, qu. 3, a. 1.
-
[62]
Aragon, op. cit., toc. cit.
-
[63]
Cette affirmation n'est la conséquence d'une opinion largement reçue dans la pensée médiévale et encore couramment admise au xvie, qui pose que l'indépendance à l'égard de tout autre pouvoir politique est le critère permettant de reconnaître le caractère souverain d'une autorité. Cf. sur ce point F. A. F. von der Heydte, Die Geburtstunde des souveràrxen Staates, Regensburg, 1952, p. 59 et s.
-
[64]
Molina, op. cit., toc. cit.
-
[65]
C'est la formule de Sylvestre, op. cit., art. dominium, 2. Vide supra Ie partie, S. I, ch. 3, B, 1, a.
-
[66]
C'est l'explication très précise que donne Salon, op. cit., qu. 4, 2, cl. 1, et elle est sans doute familière aux théologiens puisqu'on la retrouve un peu plus tard sous une forme moins technique chez Bossuet, lorsqu'il écrit, parlant d'Adam et d'Eve : « l'un et l'autre tenaient de Dieu cet enfant, et l'empire qu'ils avaient sur lui » (op. cit., 1. II, a. Ie, 3e proposition).
-
[67]
De Soto, op. cit., IV, qu. 3, a. I.
-
[68]
Op. cit., eod. loco.
-
[69]
Op. cit., III, IV, 10.
-
[70]
In tertium decretalium commentaria, op. cit., III, 34, 8, cap. 8, n° 2.
-
[71]
Ils s'interrogent au reste dans les lignes suivantes sur le fondement de l'autorité politique : je ne sais, écrit le Pape, comment a commencé la juridiction, à moins que Dieu ne l'ait donné à quelqu'un, ou bien de droit naturel, le père l'a sur sa famille, et Hostiensis reprend cette affirmation.
-
[72]
De rerum dominio, op. cit., qu. I, p. 7.
-
[73]
Op. cit., p. 111.
-
[74]
Op. cit.. II, 20, 9.
-
[75]
De legibus, op. cit., L. III, c. II, §3, et c. IV, § 3.
-
[76]
Op. cit., L.IX, c. 6, 18.
-
[77]
Principes de la philosophie de l'histoire, op. cit., L. IV, c. VII, p. 341.
-
[78]
C'est à une interprétation de ce type que semblent se rallier tous ceux qui, tel Molina (op. cit., II, 20, 9), paraissent accepter la thèse qui fait du domaine d'Adam la source originaire de tous les domaines humains.
-
[79]
De Indis, op. cit., loc. cit.
-
[80]
Op. cit., IV, 3, 1.
-
[81]
Op. cit., ad. qu. LXII, qu. IV : si Adam a bien été pour lui le maître du monde, c'est uniquement durant Ta période où il était seul (p. 71).
-
[82]
Op. cit., p. 111.
-
[83]
Op. cit.. II, 20, II, 20. 9.
-
[84]
Op. cit., IX, 6, 18.
-
[85]
Op. cit., 1. III, c. II, § 3.
-
[86]
Opus nonaginta dierum, in Goldast, op. cit., t. III, ch. 27, pp. 1073 sq.
-
[87]
Sayrus (op. cit., IX, 6, 19) semble s'en inspirer. En outre, on retrouvera chez certains penseurs protestants des expressions très proches de celles utilisées ici par Occam. Cf. en particulier Strauch, De dominio maris, Brunswick, 1662, c. I, VIII.
-
[88]
Op. cit., toc. cit.
-
[89]
Op. cit., loc. cit.
-
[90]
Cf. Comm. op. cit., ad. qu. LXII, a. I, § 16, et De lndis, op. cit., loc. cit.
-
[91]
la pars, dist. VIII, c. 1.
-
[92]
Op. cit., I, c. 36 : Dieu a fait sortir Eve d'Adam et non de la terre, pour que tous les hommes aient « unam naturam ».
-
[93]
Summa de ecclesiastica potestate, op. cit., qu. XXXVII, a. 2 : tous les êtres humains sont nés d'un homme et d'une femme, et aucun ne domine les autres.
-
[94]
De lndis, op. cit., II, § 1.
-
[95]
Op. cit., qu. 1, p. 8.
-
[96]
Op. cit., III, XI, 2.
-
[97]
Illustrium controversarium libri sex, op. cit.. I, L. Il, c. LI, §16.
-
[98]
Ibid., eod. loco.
-
[99]
Op. cit., eod. loco :
-
[100]
Op. cit., p. 13, 3-7.
-
[101]
On peut noter la manière particulière dont les théologiens catholiques des xviie et xviiie siècles présentent cette thèse. Une bonne partie d'entre eux semblent en effet avoir été gagnés par l'idée, chère aux jusnaturalistes modernes, d'une équivalence entre état de nature et état d'indépendance absolue. Mais ils cherchent néanmoins à maintenir les principes essentiels de la tradition catholique sur ce point : puisque tous les hommes naissent dans un état de soumission, affirment Schmier au xviie puis Schwarz au xviiie, c'est le signe que le status naturalis, qu'ils définissent l'un et l'autre à la manière des modernes comme un état de totale liberté, n'est pas donné aux individus, mais ne peut exister que postérieurement à l'apparition des sociétés organisées, c'est-à-dire, et nous reviendrons sur ce point, entre États. La thèse d'une dissociation entre l'état de nature et l'état social a donc gagné les penseurs de l'Eglise, mais, malgré l'incohérence qu'on peut trouver à ce rapprochement, elle coexiste avec la thèse traditionnelle, qui pose que l'homme est naturellement sociable, et qu'il existe des liens de dépendance naturels entre les hommes. Vide Schmier, Op. cit., eadem. loco, et Schwarz, Jurisprudentia publiât universalis, op. cit., I, 130-131.
-
[102]
Op. cit., IV, 3, 1.
-
[103]
op. cit., III, 3.
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[104]
De Indis, op. cit., loc. cit.
-
[105]
Op. cit., ad. qu. LXII, qu. IV.
-
[106]
De Indis, op. cit., eod. loco.
-
[107]
Ibid., eod. loco.
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[108]
Theologia moralis, op. cit., III, I, c. 5, qu. 2.
-
[109]
Op. cit., loc. cit.
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[110]
Vide infra IIe partie, S. I, ch. 2, C, 2, b.
-
[111]
D. 1, 15. Sur l'importance de cette affirmation chez les romanistes, on peut se reporter à l'ouvrage d'U. Nicolini, La proprietà, il principe e l'espropriazione per pubblica utilità, Milan, 1952, p. 20. Les théologiens sont sur ce point volontiers fidèles à leurs leçons, et ont coutume de rattacher conjointement au droit des gens, la division des domaines et celle des juridictions ; cf. par exemple Bafféz, op. cit., ad qu. LXII, 3.
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[112]
Sermones in Evangelium Beati Johannis, cité au Décret, la pars, dist. VIII, c. 1.
-
[113]
Voir en ce sens Medina, op. cit., p. 6.
-
[114]
C'est visiblement le cas pour Aragon, op. cit., qu. LXII, p. 99.
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[115]
Cf. Alexandre de Halès, op. cit., loc. cit., II, qu. XCIII, mb. 2, et Conrad Summenhart, op. cit., I, qu. 2.
-
[116]
Molina (op. cit., II, 20, 7) affirme ainsi que les choses ont été communes à tous sous l'autorité d'Adam.
-
[117]
Cf. par exemple le canoniste italien du xvie s. S. Medici, De legibus, statutis et consuetudine tractatus, Coloniae, 1574, p. 34, sq.
-
[118]
C'est le « dominium evangelicum », dont parleront Gerson (De potestate ecclesiastica, op. cit., cons. XIII) et Conrad (op. cit., I, 2).
-
[119]
Cf. par exemple Pelagius, op. cit., I, 36.
-
[120]
In tertium Decretalium commentaria, op. cit., III, 34, 8, cap. 8, n° 2. Cette thèse est l'une des bases de l'attitude politique prise par certains Papes. C'est elle également qui explique les actes fameux par lesquels, dans la deuxième moitié du xve siècle, certains Souverains Pontifes se sont crus autorisés à partager le nouveau monde tout juste découvert.
-
[121]
Lequel peut éventuellement lui permettre une certaine surveillance du temporel, lorsque les intérêts du spirituel sont en jeu, mais ne l'autorise en aucune manière à faire acte de maître, en distribuant ou en reprenant les domaines temporels.
-
[122]
Ainsi Vitoria s'interroge sur ce point au De Indis, op. cit., loc. cit.
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[123]
Ego quidem dominus mundi... », D. 14, 2, 9 et « Nam omnia principis esse intelligantur », C„ VII, 37, 3. On peut se reporter, pour la présentation des discussions sur ces textes à U. Nicolini, op. cit., p. 94 et s.
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[124]
In primam Digesti Veteris partem, Venetiis, 1556, t. I, fol. 4.
-
[125]
De romano imperio ac ejus jurisdictione, Ingolstadt, 1563, pp. 176 et 149.
-
[126]
La manière dont les penseurs politiques médiévaux ont construit l'Etat moderne à la fois contre l'Empire et en s'inspirant de ses structures, est présentée par F. Von der Heydte op. cit., p. 25 et s.
-
[127]
Op. cit., ad qu. LXII, qu 4, p. 69.
-
[128]
De Indis, op. cit., toc. cit.
-
[129]
Op. cit., III, c. 7, § 2.
-
[130]
Op. cit., IV, IV, 1.
-
[131]
Ibid., eod. loco.
-
[132]
Op. cit., 1. I, ch. 41.
-
[133]
Ibid., in praefat., §106 et 109.
-
[134]
Op. cit., III, c. IV, §2-5, et c. VII, § 1 sq.
-
[135]
Hugues de Saint Victor, Adnot. in Dyonisii hierarchiam, op. cit., I, c. II.
-
[136]
Tous ces termes sont courants dans la littérature savante du moyen âge, et ils le demeurent au xvie siècle.
-
[137]
Cf. en particulier A. de Halès op. cit., II, qu. CXIII, mb. 2 et J. Viterbe De regimine christiano, op. cit., II, C. II, p. 164 et s.
-
[138]
Pour reprendre l'expression de J. de Viterbe, op. cit., toc. cit.
-
[139]
Le Pape, écrit ainsi Pelagius, est Vicaire et successeur du premier homme, et du second, le Fils de Dieu ; il tient par conséquent le rôle des deux êtres qui ont vocation à rassembler l'humanité en leur personne (op. cit., I, 36).
-
[140]
Comme l'écrit A. de Rosate, In primam ff. Veter. Part. Commentarii, Venise, 1585, prima constitutio, p. 49.
-
[141]
César, affirme ainsi A. de Rosellis, qui utilise des comparaisons empruntées au droit public romain, est « proconsul sive legatus Dei » (op. cit., in Goldast, op. cit., t. I, I, c. XXVIII.).
-
[142]
Cité par D. J. Leclercq, op. cit., p. 159.
-
[143]
Cataloge gloriae mundi, op. cit., P. V, prima consideratio.
-
[144]
Cf. par exemple Medici, op. cit., 34, et Mendoza, op. cit., 684.
-
[145]
Op. cit., II, c. XIV, 9 et III, c. III, 4.
-
[146]
Op. cit., 1. V, a. 5e proposition.
-
[147]
A la question LVII de la Ilallae, il la rattache au droit des gens (cf. a. 3), mais celui-ci est en un certain sens pour lui un droit positif (cf. Ibid., qu. LVII, a. 3), et c'est ce qui justifie qu'il rattache ailleurs la propriété au droit positif (Cf. Ibid., qu. X, a. 10).
-
[148]
Op. cit., IV, dist. XV, qu. 2.
-
[149]
O.N.D., op. cit., p. 1149.
-
[150]
Op. cit., III, c. 2, § 3.
-
[151]
Op. cit., I, qu. 10.
-
[152]
Comm., op. cit., qu. LXII, a. 1, § 18.
-
[153]
Op. cit., pp. 6-8.
-
[154]
Op. cit., II, 20, 7.
-
[155]
C'est l'expression utilisée par Saint Antonin (op. cit., III, c. 2, 4, et par Sylvestre (op. cit., a. dominium, § 2). On la retrouve chez Sayrus (op. cit., L. IX, c. 2, §7), chez Suarez (op. cit., I, c. XVII, 7) chez Hochkirchen (Ethica christiana, op. cit., II, c. IV, 7) et chez Holzmann (op. cit., 58).
-
[156]
C'est le terme utilisé par certains et en particulier par les jurisconsultes. Cf. par exemple Covarrubias, Opera, Fr. sur le Main, 1573-1578, Retect. c. Peccatum, de reg. jur. in 6. II, §9. Sur l'histoire de cette notion chez les romanistes, on peut se reporter à U. Nicolini, op. cit., p. 101 et s.
-
[157]
Ou du moins de certaines d'entre elles, telle celle qui pose qu'il ne peut y avoir deux domini in sotidum d'une même chose.
-
[158]
A l'appui de cette idée, on peut citer le raisonnement par lequel Rosate justifie l'existenced'un domaine de l'Empereur au dessus des autres domaines en le comparant à celui de Dieu. Vide supra n. 141. J. Barbey a récemment montré que l'idée d'un dominium conjoint du Roi et du Dauphin sur le royaume s'inspirait de la vision du Christ exerçant un dominium sur les choses de son père (La Fonction Royale, essence et légitimité, Paris, 1983, p. 340 et s.).
-
[159]
Cf. par exemple la présentation de Sayrus, (op. cit., L. IX, c. 2, 7-8).
-
[160]
On trouve sous le nom de « domaine éminent » une notion identique chez Grotius (De Jure Belli ac Pacis, I. c. I, § 6).
-
[161]
Cf. la présentation du canoniste Covarrubias (op. cit., ibid.) qui semble classique, et celle de Sayrus (op. cit., L. IX, c. II, §8).
-
[162]
Comme l'atteste par exemple Vazquez (op. cit., I, c. 20).
-
[163]
Op. cit., Ibid., p. 49.
-
[164]
Sur cette notion d université, et sur l'utilisation qu'en font les penseurs politiques pour définir le regnum, on peut se reporter à J. Barbey, op. cit., p. 181 et s.
-
[165]
Comm. op. cit., qu. XXXII, § 5.
-
[166]
Op. cit., IV, qu. 2, a. 1.
-
[167]
Op. cit., eod. loco.
-
[168]
Elle est présente en particulier chez les juristes de droit positif. Cf. en France l'analyse par laquelle Loyseau attribue au roi une « Seigneurie universelle... sur tous les biens de ses sujets » (Traité des Seigneuries, op. cit., ch. 13).
-
[169]
Op. cit., IX, c. 2, 7-8.
-
[170]
Op. cit., L. I, c. XVII, 11.
-
[171]
Op. cit., t. I, Disp. I, S. I, 7-10.
-
[172]
Tractatus theologiçus in Secundam Secundae, op. cit., p. 58.
-
[173]
Op. cit., t. II, II, pp. 57-58.
-
[174]
Cf. par exemple la présentation qu'en donne P. A. de Petra, De jure quaesito non tol-lendo per principem tractatus, Francfort, 1610. On peut trouver une présentation générale de cette question chez les romanistes dans le livre de V. Colorni, L'eguaglianza corne limite délia legge net diritto intermedio et moderno, Milan, 1976 (I e éd. 1946) p. 31 et s.
-
[175]
Cf. P.A. de Petra, op. cit., c. XXV.
-
[176]
Cf. Rosate, op. cit., prima constitutio, 11-12.
-
[177]
C'est l'interprétation que proposait Duns Scot (op. cit., IV, dist. XV, 2)
-
[178]
Cf. Chasseneuz, Consilia, Lyon, 1558, LXVI, 60.
-
[179]
Op. cit., loc. cit.
-
[180]
Cf. Duns Scot, op. cit., loc. cit.
-
[181]
Comme le montre par exemple la présentation de Medina (op. cit., 1, 8), pour qui cette affirmation ne souffre pas de discussions.
-
[182]
Cf. Vazquez (op. cit., I, ch. V, 1), qui dit que c'est l'opinion commune. Cf. aussi Valencia (op. cit., T. III, Disp. V, X, 3).
-
[183]
Comm., op. cit., qu. LXII, a. 1, § 28-33.
-
[184]
Ibid., qu. LXVI, a. 1 : puisque les hommes sont par nature maîtres de toutes choses, le Prince ne peut les priver de ce qui leur appartient à ce titre.
-
[185]
On peut, pour s'en convaincre, se reporter à la présentation de Covarrubias (op. cit., § 8) : puisque Dieu a donné les choses à l'homme, il semblerait qu'il puisse librement s'en emparer. Mais en fait, c'est l'Etat qui, selon le canoniste espagnol, dispose des res nullius.
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[186]
Op. cit., I, c. XVII, 11.
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[187]
Op. cit., t. I, Disp. I, S. I, 7-10.
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[188]
Theologia moralis, 1734, Coloniae, L. IV, p. 237.
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[189]
Cette prudence est d'autant plus remarquable que, nous le verrons, il se trouvera chez les penseurs protestants, des auteurs qui adopteront les thèses patriarcales dans leur intégralité et les défendront avec acharnement.
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[190]
Cf. par exemple Alexandre de Halès, op. cit., II, qu. XCIII, mb. 1.
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[191]
C'est l'interprétation vers laquelle oriente une vision nominaliste et volontariste du rôle du chef par rapport aux membres de la communauté. Or il est certain qu'à partir du xive et xve s., le nominalisme ne cesse de gagner du terrain. Cf. sur cette question des rapports entre la tête et les membres, J. Barbey, op. cit., p. 204 et s.
Nous avons à de nombreuses reprises essayé de montrer tout ce que la théorie du domaine originaire développée par les penseurs de la Seconde Scolastique devait à la vision hiérarchique du monde présentée par Denys l'Aréopagite et reprise au moyen âge par Hugues de Saint-Victor et Alexandre de Halès. Il n'est donc pas étonnant que certains esprits aient cru trouver la solution des difficultés soulevées par la division du domaine premier, en posant l'existence d'une hiérarchie de domaines entre le domaine divin et les domaines appropriés.
Rappelons en effet les termes du problème. Il faut tout d'abord, puisque Dieu, à s'en tenir au texte de la Bible, a laissé le domaine concédé à l'homme dans l'indistinction ou l'indivision, trouver une autorité humaine susceptible de se substituer à l'autorité divine. Il faut en outre passer de l'unité à la multiplicité, de l'illimité au particulier, d'un domaine visant avant tout le bien de son objet à un domaine visant la seule utilité du maître. Il faut enfin, alors que ces deux réalités semblent profondément dissemblables, qu'il y ait entre elles un lien tel que l'on puisse continuer à affirmer qu'elles forment un seul et unique domaine.
Mais, si Dieu n'a pas partagé lui-même le domaine entre tous les hommes, il ne s'est pas non plus contenté, pensent certains, de l'attacher abstraitement à la nature humaine. La Bible rappelle en effet que Dieu a expressément manifesté sa volonté de confier le monde à l'homme : or, les Paroles qu'il prononce alors peuvent sans doute être interprétées comme visant l'humanité à venir, mais elles semblent avant tout être adressées à un individu précis, Adam…
Date de mise en ligne : 30/06/2015
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